An-Nasr Vendredi #202.pdf

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Part of An-Nasr Vendredi #202 (Avantages et mérites du jeûne des 6 jours de Shawwal / Prière et spiritualité)

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Lorsque r ie n t l e secours d'A llah a in s i gue la v ic t o ir e , célèbre le s louanges de ton Seigneur e t ijç lo r a son pardon

e Jeûne de six Jours du
balites et shafiites ont déclaré que
mois de Shawwal après le
le Jeûne des six Jours à l’Issue de
Jeûne obligatoire de Rama­
Ramadan vaut une année de jeûne
dan est une sunna recom­
obligatoire.
mandée mais pas une obligation.
Parmi les importants avantages du
Ce Jeûne possède un mérite jeûne
im­ des six jours de Shawwal fi­
mense et génère une grande récom­
gure la compensation des lacunes
pense dans la m esure où celui qui
du jeûne obligatoire du mois de ra­
m adan. En effet, le Jeûneur
l’observe verra inscrite à son profit
échappe difficilement à la négli­
la récompense du jeûne d’une an­
gence et au péché qui pourraient
née entière. D’après un hadith a u ­
avoir une incidence négative sur
thentique du Prophète (saw) qui
son jeûne. Au
dit : « Qui­
jour de la Ré­
conque Jeûne le
Avantages et mérites du
surrection, on
Ramadan et le
jeûne des 6 jours de Shawwal utilisera les ac­
fait suivre par
tions surérogale jeûne de six
toires pour combler les lacunes
Jours de Shaww al est comme quel­
constatées dans les pratiques obli­
qu'un qui a Jeûné une année
gatoires. À ce propos que le Pro­
>( rapporté
par
phète (psi) dit : • la première chose
Mouslim).
au
sujet de laquelle on fera subir un
Dans un autre hadith le prophète
règlement de compte aux gens sera
(SAW) dit : « Allah multiplie les bien­
la prière... Notre Maître Puissant et
faits par dix : 1 mois = 10 mots et 6
Majestueux
dira à Ses anges ■alors
Jours = 60 Jours (2 mots) = 12 mois.
qu’Il en sait plus qu’eux - :
Voilà u n e a n n é e c o m p lè te
'Examinez les prières de mes servi­
» (rapporté par an-Nassaï et Ibn
pour savoir s'ils les ont faites
teurs
Madia). Plus simplement, on retien­
de
façon
complète ou incomplète”. St
dra selon le hadith que « Le Jeûne
elles s ’avèrent complètes, elles se­
du mois de Ramadan vaut 10 mois
ront enregistrées telles quelles. Si
et le Jeûne des six Jours 2 mois, ce
s ’avèrent incomplètes, le Maî­
elles
qui constitue une année complète ».
tre dira : " Regardez si mon serviDes jurisconsultes des écoles han-

L

A n -n a s r ve n d re d i

n '2O 2 du 19 O ctobre 2 0 0 7 .

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teur a accompli des œuvres surérogaterres. Si tel est le cas, utilisez-les
pour compléter ses œuvres obligatoi­
res ".Voilà comment les œuvres se­
ront traitées ». (Rapporté par Abou
D
a
w
o
u
d
)
Il n’est pas obligatoire d'engager le
jeûne immédiatement après la fête.
On peut le commencer un ou plu­
sieurs jours après la fête.
La coutume qui consiste à ne pas
jeûner les 3 premiers jours suivant
la fête n’est fondée sur aucun texte.
Mais il est vrai que si on consacre
cette période pour rendre visite à la
famille et recevoir des membres de
la famille venant parfois de loin
comme c’est la tradition dans nos
pays d’origine, il serait en effet plus
pertinent de reporter ce jeûne pour
é v it e r
to u t
em b a rra s.
La succession des jours n’est égale­
ment pas une condition de validité
du jeûne. Peu Importe qu’on les ob­
serve réunis ou dispersés. Il est tou­
tefois préférable de s’empresser à le
faire conformément aux propos du
Très Haut : « Empressez-vous à la
bienfaisance .Empressez-vous à
chercher le pardon de votre Maître. Et
Moussa a dit : Maître, Je me suis dé­
péché auprès de Toi pour que Tu sois
satisfait » Coran
Les Shafiites et certains Hanbalites
soutiennent la nécessité de s’em­
presser à accomplir ce jeûne. Mais il
n’y a aucun mal à ne pas s’y em­
presser. Car on peut le retarder au
milieu ou à la fin du mois.
An-Nawawi a dit : « Nos condisciples
disent qu'il est désirable de Jeûner
six Jours de Shawwal à cause de ce
hadith. il est préférable de les Jeûner
successivement dès le début du

mois. Mais il est permis de les répar­
tir sur les Jours du mois, votre de les
retarder au-delà du mois. L’intéressé
ne s'en serait pas moins conformé à
la Sunna, compte tenu de la générali­
té des termes du hadith. Ceci ne fait
l’objet d’aucune divergence de vues
chez nous. C'est aussi l'avis d'Ahmad et Dawoud ». Al-Madjmou
S h arh
a 1- M o u h a d h d h a b .
Il n’est pas obligatoire de rembour­
ser les jours manqués de ramadan
avant d’entamer les 6 jours de
Shawwal. Cependant, il est plus In­
diqué pour celui qui a des dettes de
ramadan de les rembourser avant
d’observer les 6 jours afin de bénéfi­
cier de la récompense citée dans le
hadith : « Quiconque Jeûne le mots de
Ramadan et le fa it suivre par le
Jeûne de six Jours de Shawwal est
comme quelqu'un qui a Jeûné tout le
temps •.
es Kaliza

Prière et spiritualité
/ / Ont effectivement récolté le
' succès les croyants qui sont
parfaitement recueillis dans leur
prière » C23 V I -2. Cet enseignement
du Coran résume toute l’importance
de la prière pour le musulman dans
sa quête de la vie présente et future.
En effet, tous les musulmans sont
unanimes pour affirmer que le deve­
nir de l’homme dans sa vie ici-bas et
dans celle après la mort dépend de
la qualité de sa prière.
Le musulman doit donc engager une
expérience de foi qui lui fait décou-

An-nasr vendredi n'2O2 du 19 Octobre 2 0 0 7 .....

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vrir une autre saveur de la prière
qui est une source qui nous nourrit
et nous élève de notre état de cons­
cience égotiste à un état qui nous
transcende. La prière est le lieu pri­
vilégié où nous apprenons à nous
connaître sous le regard compatis­
sant de Dieu. Nous nous présentons
à Lui dans la prière avec tout ce que
nous sommes. Elle est le langage
que Dieu nous donne pour commu­
niquer avec Lui. En ce sens, la
prière devient universelle et éter­
nelle. traversant tous les temps,
tous les continents, toutes les cultu­
res et toutes les forces de la nature.
La prière n’a pas de frontières : elle
est de tous les temps et de tous les
lieux.
L'âme hum aine est mise à l'épreuve
dans ce monde de passage et est ap­
pelée à dépasser ses pesanteurs
pour qu'elle soit libre. La prière est
la sève spirituelle du ressourcement.
Elle donne sens à notre vie. La lu­
mière des prières peut alors illumi­
ner nos ténèbres, guider nos pas,
guérir nos blessures et nous faire
grandir dans l'am our et la connais­
sance de Dieu.
Dans sa forme la plus dépouillée et
son sens le plus raffiné, la prière est
une quête de Dieu et un abandon
total à Lui. Elle est l'espace où gran­
dit et s'épanouit notre connaissance
de Dieu et notre connaissance de
nous-même. Peu à peu, elle nous
dépouille de nos mauvais caractères
et nous embellit de meilleures ver­
tus. Elle nous aide à identifier ce qui
retient notre avancée spirituelle, ce
qui nous éloigne de notre Créateur.
La prière est le Heu d'intimité avec
Dieu, où nous sommes accueillis

^-nasr ven4re4i

n‘2O2 4u 19 Octobre 2 0 0 7

sans conditions et sans intermédiai­
res. Un mystique disait : • S itu veux
que Dieu te parle, lis le Coran, et si tu
veux converser avec Lui, fa is la
prière. ». La prière est le lieu de tous
les pardons, de toutes les guérisons
et de tous les espoirs, comme disait
le Prophète (BSSL) : • Seigneur, me
voilà debout, entre Tes mains. Je me
remets à Toi etJ'espère Ton pardon. »
Malheureusement, nombreux sont
ceux qui ne comprennent pas cette
vérité et pensent que plus ils prient
et plus ils deviennent importants. Ils
s’enorgueillissent de leurs prières.
Mais, en réalité, nos prières doivent
nous rendre plus humbles car la
vraie connaissance ne s'obtient
qu’avec humilité. Prier, ce n’est pas
se montrer impatient. Pour com­
prendre cette dimension, on doit
être assidu dans l’adoration. Ce
n'est qu'après des années d'expé­
rience de foi que le bonheur est par­
fait et la joie est totale à l'occasion
d'une prière. La voie vers Dieu com­
porte toujours une inversion : « De
la superficialité, il faut passer à la
profondeur, de l’apparence au sens,
de la dispersion à la concentration,
de l'égoïsme à l’altruisme, de la tur­
bulence à la sérénité et de la multipli­
cité à l'unité. »
La prière est le lieu privilégié où
nous reconnaissons notre pauvreté,
nos faiblesses, notre besoin d'être
avec Dieu. Prier c'est se connaître,
connaître ses limites et ses maladies
et les chasser. Montrer à Dieu son
mal, c'est déjà une façon d'exprimer
sa confiance et son espoir en Lui.
À travers toutes les situations de dé­
tresse que nous rencontrons et que
nous exposons à Dieu dans la

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prière, Dieu se fait encore plus pro­
che de nous. 11 nous guide et nous
soutient à travers ses épreuves et
c’est là notre réconfort et notre assu ­
rance. La détresse, l’angoisse, la per­
sécution, la faim, le dénuement, le
danger, tel est le fondement de cette
prière du besoin. Mais la prière nous
renvoie à un niveau beaucoup plus
profond qu'une simple recherche de
confort ou de solutions magiques à
nos besoins. Dieu est Le Tout Proche
qui « répond à l'invocation de celui qui
l'invoque quand il l'invoque. » C2
V I86. Prier, c’est s'extirper de l'espace-temps éphémère et transiter
vers le monde de la Pureté et l'éterni­
té. « c'est refuser d'être absent solide­
ment carré dans son individualité su ­
perficielle. » . Aïcha, épouse du Pro­
phète, rapporte : « Une nuit. Je n'ai
pas trouvé le Prophète (BSSL). Je me
suis mise à sa recherche et voilà qu'il
é t a i t e n p o s itio n d e R oukou' (inclinaison) ou de Soujoud
(prosternation) et il disait : <Gloire et
pureté à Toi, ainsi que louange. R n'y
a de divinité que Tôt ». Dans une au ­
tre version : « Tout à coup mes mains
touchèrent la plante de ses pieds qui
étaient dressés. R était à la mosquée
et disait : • Seigneur Dieu ! Je me
mets sous la protection de Ta satis­
faction contre Ta colère, sous la pro­
tection de Ton pardon contre Ton châ­
timent, et sous Ta protection contre
Toi-même. Je ne saurais Te louer, ni
Te remercier autant que Tu T es loué
Toi-même. » Rapporté par Mouslim
Aussi faudrait-il le rappeler, il faut
êtré humble pour apprendre et réap­
prendre à prier. À cet égard, la re­
cherche d'un environnement propice
est plus qu'indispensable. Dieu dit : «

A n -n ^ s r vendredi n’2O2

Et suis le sentier de celui qui se
tourne vers Moi. » C31 V15, et dit en­
core « Interroge donc qui est bien in­
formé de Lut. » C25 V59
Il n’est aucun moment de l’histoire
de l'humanité où la compagnie spiri­
tuelle (Sohba), qui se manifeste par
la rencontre de ces maîtres des
cœurs, réalisés et autorisés, ne peut
manquer. Afin de naître spirituelle­
ment, il faut avoir cette « Sohba »
pour mourir à sol. La bonne volonté
ne suffit pas, 11 faut en plus un envi­
ronnement catalyseur pour assurer
cette alchimie spirituelle. C'est grâce
à la vertu de cette compagnie que
l’influx spirituel et les pratiques spi­
rituelles portent leurs fruits et éveil­
lent les cœ urs des aspirants. Le Pro­
phète (BSSL) dit : « Chacun a la
même intensité de fo i que son ami le
plus intime. Choisissez alors vos amis
avec soin ! » rapporté par AlBoukhari et Mouslim. C’est ce qu’en­
seigne Ibn ‘Atâ-illah dans une de ses
sagesses : « Ne prends pas pour com­
pagnon celui dont l'état ne te stimule
pas et dont les paroles ne te montrent
pas Dieu. » . Le prophète (saw) ne ta­
rissait pas d’invocations pour de­
mander à Dieu de l’aider à mieux
L’adorer. Voici l’une de ces innom­
brables invocations qui peut nous
aider à prospérer dans notre prière :
« Mon Dieu préserve-nous d'un coeur
sans crainte, d ’une âme insatiable et
d'une science inutile. Ô Dieu, ne fait
pas de ce monde notre plus grand
souci ! Certes, rien n'est facile sauf ce
que tu auras rendu facile et Toi si Tu
le veux. Tu rends l’inaccessible faelle!».

19 Octobre 2 0 0 7 .

&

Ben Ibrahim

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