Situation nationale : le sens de l'implication des autorités coutumières et religieuses

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Title
Situation nationale : le sens de l'implication des autorités coutumières et religieuses
Creator
Ludovic Kaboré
Publisher
Sidwaya
Date
27 January 1999
Abstract
Chefs religieux et coutumiers qui n'ont pas voulu être en reste face à la situation nationale ont récemment intercédé auprès des responsables étatiques afin que la paix se consolide au Burkina. Un citoyen de la ville de Koudougou qui apprécie bien cette implication de ceux dont les avis comptent beaucoup dans les conflits de tous genres propose cette refléxion.
Spatial Coverage
Koudougou
Rights
In Copyright - Educational Use Permitted
Language
Français
Contributor
Frédérick Madore
content
Chefs religieux et coutumiers qui n'ont pas voulu être en reste face à la situation nationale ont récemment intercédé auprès des responsables étatiques afin que la paix se consolide au Burkina. Un citoyen de la ville de Koudougou qui apprécie bien cette implication de ceux dont les avis comptent beaucoup dans les conflits de tous genres propose cette refléxion.

Les autorités coutumières et religieuses viennent de fondre leurs voix à toutes les bonnes volontés de ce pays qui, d'une manière ou d'une autre, se sont déjà élevées pour interpeller l'opinion publique nationale sur l'impérieuse nécessité de promouvoir une attitude «transcendantale» en ce qui concerne la situation qui prévaut à ta suite de la mort du journaliste Norbert Zongo, il y a déjà plus d'un mois. Les responsables coutumiers et religieux constituent une force de mobilisation sociale privilégiée qui occupe une place de choix dans la société burkinabè. C'est donc avec intérêt que les Burkinabè dans leur ensemble constatent aujourd'hui leur implication pour inviter les uns et les autres au calme et à la sérénité. Ce qui est surtout réconfortant, c'est que l'initiative a été engagée suite à l'appel des organisations regroupées au sein du collectif d'organisations de masse et de partis politiques. Même s'il faut regretter que cela se produisait à un moment où ledit collectif avait appelé les travailleurs à observer deux jours de grève et une journée «ville morte», il faut se convaincre que cela n'enlève rien en l'orginalité de la démarche. Au contraire, on se rend compte de la disponibilité de plus en plus affichée de part et d'autre à œuvrer en faveur du dialogue social. Il reste à catalyser toutes ces bonnes volontés et cette disponibilité vers une réelle instauration d'un climat de paix sociale. C'est un défi et un vœu et rien ne saura justifier tout manquement à ce devoir moral pour les honnêtes citoyens que nous sommes, soucieux d'épargner à notre cité les vicissitudes connues sous d'autres cieux en Afrique. Les exemples sont légion et peu enviables.

Pour ce faire, ce qui doit nous rester de fondamentalement préoccupant, c'est de maîtriser et conjurer en nous tous les démons de la vengeance et de l'intolérance car c'est en cela que se gagne la grandeur d'un peuple capable de participer activement à son destin. Il n'y a point de meilleur catharsis qui soit, en dehors de la volonté populaire portée vers l'absolution des erreurs et des divers manquements aux obligations relatives au respect des termes de la construction démocratique qui passe pour notre époque contemporains le modèle idéla de gestion de la «République». Dans leur appel, les représentants de nos forces coutumières et religieuses n'ont point omis de rappeler à l'intention du pouvoir en place la responsabilité qui est la sienne de poursuivre les efforts déjà entrepris afin d'élucider dans les délais raisonnables les circonstances exactes de la mort de Norbert Zongo et de ses trois compagnons. Bien entendu, l'épreuve est de taille pour notre jeune démocratie et il est certain que la situatin commande plus que de la hauteur d'esprit pour analyser et comprendre, accepter et défendre ce qui nous reste après la perte dde ce journaliste estimé. C'est pourquoi, nous disons que la responsabilité est partagée et à quelque niveau que nous soyons, quel que soit notre bord politique, nous n'avons pas le droit d'échouer en ce qui concerne l'aboutissement de l'enquête au plus vite conformément à l'expression de la volonté de la majorité des citoyens. Nous avons plutôt le devoir devant les exigences de la démocratie et des droits de l'homme, de trouver une issue heureuse à la crise. Le préalable à cet état de fait reste la réunion des éléments susceptibles de favoriser l'entreprise d'une série d'initiatives qui permettront de faire jaillir la vérité. C'est ainsi que l'on donnera sens à la route de l'Etat de droit sur laquelle nous sommes dans sa plénitude. Ce n'est point un leurre pour peu que l'on veuille s'engager résolument sans réserve aucune.

Ludovic KABORE

Stagiaire (KOUDOUGOU)
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