Médersas : Harouna Sana répond à Triandé Toumani

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Text
Title
Médersas : Harouna Sana répond à Triandé Toumani
Creator
Harouna Sana
Date
3 November 1992
Abstract
Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux
Je voudrais tout d'abord adresser mes remerciements aux autorités politiques et administratives pour la patience qu'elles ont eu à traiter mes problèmes dans plusieurs circonstances et condamnations orchestées par mes détracteurs ennemis de l'Islam de 1987 à 1989 dont la dernière tentative date du 16 octobre 1992 alors que je me trouvais à Namounou (province de la Tapoa).
Rights
In Copyright - Educational Use Permitted
Language
Français
Contributor
Frédérick Madore
Wikidata QID
Q114035533
content
Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux

Je voudrais tout d'abord adresser mes remerciements aux autorités politiques et administratives pour la patience qu'elles ont eu à traiter mes problèmes dans plusieurs circonstances et condamnations orchestées par mes détracteurs ennemis de l'Islam de 1987 à 1989 dont la dernière tentative date du 16 octobre 1992 alors que je me trouvais à Namounou (province de la Tapoa).

Mes remerciements vont également à mon "frère" El-Hadj Toumani Triandé, président de la Communauté musulmane qui vient par son interview dans l'Observateur numéro 3271 du 19 octobre 1992, me donner l'occasion de me libérer de toutes les accusations portées contre ma modeste personne et faire connaître à l'opinion nationale et plus particulièrement aux frères musulmans, la conduite de certains de leurs dirigeants.

Je profite de l'occasion qui m'est aussi offerte pour renouveler au grand Imam El-Hadj Abdoul Salam Tiemtoré, toute ma disponibilité à ses côtés pour la cause de l'Islam.

Ainsi dit, revenons à la diffamation portée contre moi dans le journal qui disait ceci : "Des musulmans des milieux TlDJANIA et SUNNITE connaissent qui est Harouna Sana". Je laisse le soin aux différents responsables de ces Associations de répondre à Toumani, faute de quoi ils seront complices des propos tenus à mon endroit.

Il faut dire qu'il n'y a que l'intérêt qui compte pour certaines personnes.

Depuis 1977 que j'ai été coopté dans le bureau de la Communauté musulmane, j'ai occupé de multiples fonctions et participé à plusieurs séminaires et colloques pour le compte de cette même Communauté. Il s'agit des séminaires sur "l'Islam et la planification familiale en Afrique de l'Ouest". Banjul en Gambie, de la jeunesse musulmane au Mali et Tétouan au Maroc, et un colloque en 1986 sur le dialogue islamo-chrétien à Porto-Novo au Bénin, sans compter mes missions lors des pélérinages en 1980 et 1985.

A ces différents séminaires et colloques, à part les billets pris en charge par les organisateurs, la Communauté n'a jamais participé à de quelconques frais de séjour. C'est un sacrifice que j'ai consenti. Est-ce un manque de moyens? Je pense que non, car la dernière crise qui secoue la Communauté musulmane provient de la gestion financière et l'application des textes fondamentaux régissant la Communauté musulmane.

PROBLEME FINANCIER

En 1986, quand la crise était à son paroxysme et que le besoin pressant d'aller en congrès se faisait sentir, j'ai été sollicité par l'Imam pour connaître notre "avoir en banque BIB". Le résultat a été catastrophique. En poussant loin nos investigations pour connaître les bénéficiaires de ces chèques, des photocopies nous ont été données. Là également, des personnes étrangères à la Communauté ont tiré des chèques de montants élevés (avoisinant le million). C'est pour aider à faire la lumière sur cet état de fait que je suis devenu un homme "dangereux" et qu'il fallait abattre coûte que coûte. Deux condamnations au Tribunal de Première Instance, la dernière pour détournement de 162 kgs de dattes (voir copie de l'attestation).

En 1987, la police a pris à mon domicile tous les dossiers concernant "l'affaire Communauté musulmane". Qui a commandité cette saisie de documents? Peut-être ceux concernés par le détournement des fonds de la Communauté musulmane.

CRISE ORGANISATIONNELLE

S'agissant de l'application des textes et de l'organisation de deux congrès à Bobo-Dioulasso et Koudougou en 1986, je laisse à l'opinion publique le soin d'apprécier entre le président qui se trouvait être le grand Imam et le secrétaire général, qui des deux peut convoquer un congrès.

Je me suis rendu à Koudougou pour répondre à la convocation de l'Imam, président de la Communauté musulmane.

Ce qui me surprend dans le comportement de certains responsables religieux de la Communauté musulmane, c'est le fait que des vieux utilisent l'art de la calomnie et du mensonge pour atteindre leurs objectifs.

On a crié sur tous les toits que j'ai amassé une fortune (ce qui est quand même étonnant!) Or, des fortunés, il y en a à la Communauté musulmane, qui comptent des maisons en France et des dizaines de villas à Ouagadougou, alors que nous trainons le plus de nécessiteux et de mendiants-garibous au Burkina!

Pour revenir à mon égoïsme, au-delà des fonctions que j'ai occupées à la Communauté musulamane, je laisse le soin à ceux qui m'ont côtoyé à la Fédération de boxe où j'étais le président avant de laisser le tablier à Toumani, où semble-t-il, des problèmes financiers ont contraint certaines personnes à la démission, d'apprécier ma gestion.

J'ai aussi été trésorier du Comité national olympique et aujourd'hui j'anime le Conseil islamique burkinabè - CIB - (voir l'Observateur paalga n°2992 du 4 septembre 1991). Je prie Allah de n'avoir pas à dépouiller l'orphelin de sa pitance, ou être à l'origine de l'arrestation d'un frère pour des faits qu'il n'a pas commis.

J'ai tellement reçu de coups et l'occasion m'a été donnée de livrer ces quelques informations en attendant une réplique pour apporter la preuve à travers la presse.

Avant de terminer, je demande à nos frères musulmans de pardonner la divulgation de certains problèmes internes à la Communauté à laquelle je n'appartiens plus, car dans le préambule du Conseil islamique burkinabè, il est dit ceci : "Tous les musulmans sont des frères, et que nul d'entre-vous ne sera vraiment croyant tant qu'il n'aimera pour son frère que ce qu'il aime pour lui-même. Hadith."

Le présent écrit n'est qu'un droit de réponse.

El-Hadj Harouna Sana

Ex vice-président de la Communauté musulmane

Président du C.I.B

Commissaire de district Namounou de passage à Ouagadougou