L'Autre Regard #26

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Title
L'Autre Regard #26
Creator
L'Autre Regard
Date
5 May 2015
Abstract
Mensuel d'information islamique
issue
26
Rights
In Copyright - Educational Use Permitted
Language
Français
Contributor
Frédérick Madore
Wikidata QID
Q114034808
extracted text
f

CONGRES DE LA FAIB
EN FIN MAI
M

Trouver des leaders
qu'il faut aux places
qu'il faut

CHOMAGE DES JEUNES
MUSULMANS

Sr IMAM ISMAEL

TIENDREBEOGO

INSTITUT ISLAMIQUE
ELNOUR

Des cadeaux
pour susciter
là concurrence ?

CONSEIL
CONSTITUTIONNEL

Le CDP et ses alliés
déboutés ™

u Quanti les riches
mettent la main
à la pâte, c 'est
pour construire
unemospuéei>,f
Imam Abdallah Cuédraogo
COMMUNAUTE
MUSULMANE DU
BURKINA FASO

CALIFAT EN ISLAM

Distinguer
lefauxduvraips

Des imams
formés
sur leur EW
responsabilité

PROLIFERATION DES FILMS PORNOGRAPHIQUES : Ull

ateHamas,BokoItaram, les Shebabs
etDaeshnepeuvent
pas être mis tians
lemêmesacii

P.14-15-K

CENTRE DE TAHFIZ AL FARRUK
DE BOBO DIOULASSO

Vingt nouveaux h corans ambulants »
au service des musulmans P8

lOi daiUferSOCial

'

Editorial

CONGRES DE LA FAIB EN FIN MAI

Trouver des leaders uu’il faut aux places qu’il faut
e Congrès tant attendu de la Fédération des

L

associations islamiqv.es du Burkina (FAIB)
aura lieu, InchAllah les 29, 30 et 31 de ce
mois. Toujours programmé et toujours reporté,
rons que cette fois, ce sera la bonne. La Fédération
des*àssociations islamiques (FAIB), il faut le rappe­

réconciliation. Il y a les audiences accordées à des
responsables d’institutions, aussi bien nationales
qu’internationales, la construction du siège de la,
espé
­ l’octroi de bourses algériennes et égyptiennes*
FAIB,
la signature d’une convention avec l’Etat d’un mon­
la qualité de l’enseignement franco-arabe ... De

Communauté musulmane du Burkina Faso, Ihtihad
Islamiya, la Communauté tidjania du Burkina, le
Mouvement sunnite et l’Association des élèves et étu­
diants musulmans au Burkina et son aînée, le Cercle
de recherches et de formation islamique (CERFI).

toutes les commissions que compte la fédération,

entre associations, devenues pratiquement des ten­
dances, pour ne s’intéresser qu’à l’intérêt supérieur
de la Oumma. Créée en 2005 avec pour premier pré­
sident, notre frère bien-aimé, El Hadj Oumarou Kanazoé, qu’Allah lui accorde son agrément, la FAIB
; avait suscité beaucoup d’espoir dans le monde mu' sulman burkinabè. Plus d’un avait cru, que pour une
fois, les musulmans allaient aplanir leurs divergences,

qu’ils allaient ouvrir enfin les yeux pour se rendre à
l’évidence, que dans ce monde-ci, pas de place pour
ceux qui n’ont pas encore entériné la valeur de
l’union. Beaucoup avaient rêvé de lendemains meil­
leurs pour la Communauté. On croyait qu’à travers

cette fédération, les musulmans allaient se mettre de-

/ bout pour essayer de rattraper leur retard sur bien de
; points. En un mot comme en mille, la fédération était
"trop attendue. Malheureusement, les fruits n’ont pas
, porté la promesse des fleurs. Les attentes étaient trop
nombreuses pour être portées par les frêles épaules
des dirigeants. Le bilan de ces 10 ans, à voir de très

près, est loin d’être satisfaisant. Toutefois, le simple
fait qu’elle ait pu exister, est déjà à saluer. Une tren­
taine d’activités a été réalisée au cours des dix ans.
Les activités phares sont entre autres, l’organisation
d’un colloque international des musulmans de l’es­
pace francophone, la participation aux travaux du

CCRP, aux travaux sur la laïcité, aux travaux sur
l’ONAFAR, aux états généraux de la justice, aiix tra­
vaux de la Commission nationale de réforme et de

Arrêté : n°2613/P/12/CAO/TGIZPF
Siège social : Ouagadougou
Secteur 10-01 BP 2481 Ouaga 01
Portable : 76 93 60 93 / 79 91 05 66

tant de 400 millions de FCFA pour l’amélioration de

ler, regroupe les grandes associations suivantes : La

Cette structure faitière est née de la volonté des mu­
sulmans de surmonter les différences qui existent

RFCF.PISSE

c’est assurément la commission lune qui s’est le plus

Directeur de Publication :

faite remarquer. A tel enseigne, que pour beaucoup,
les missions de la fédération se résument à commu­
niquer les dates de début et de fin de Ramadan, les
dates des fêtes musulmanes. Et pourtant. En tout cas,

Guigma Arounan

tous les regards sont tournés vers ce deuxième
congrès. Aujourd’hui, avec le vent de changement qui
souffle sur le Burkina Faso, la jeunesse musulmane,

Rédacteur en chef :
Tiendrebéogo Ousmane
Tel. : 76 00 73 34

avec l'expérience vécue sur cette période de la tran­
sition, espère que ses dirigeants ont retenu la leçon.
Qui est qu’il faut un véritable leadership dans la
Oumma. Ce congrès serait une réussite si les uns et
les autres ont pour seul intérêt celui de la Commu­
nauté. Ce congrès serait une réussite, si, les uns et les

autres sauraient emprisonner leurs éges pour faire des
critiques objectives et constructives. Mettre les
hommes qu’il faut aux places qu’il faut est une né­
cessité si l’on veut relever la kyrielle de défis de la
Communauté. Il faut qu’on se le tienne pour dit, la
FAIB sera ce que ses dirigeants veulent qu’elle soit.
Si on élit des dirigeants en panne d’inspiration et qui
ne sont pas à jour des enjeux et des défis actuels de la
communauté, ce congrès ne serait qu’une foire d’em­
poigne. Il faut pour autant ne pas être dupe pour croire
que les milles et un problèmes de la communauté
peuvent être résolus d’un coup de bâton magique.
Mais, il est grand temps qu’il y ait un début de solutionnement. Il est temps que la Fédération se donne
les moyens de relever ses défis. Espérons que les pe­
tits plats seront mis dans les grands pour que ce
congrès n’accouche pas d’une squelettique souris.
C’est un péché que la communauté toute entière par­
donnera difficilement à ceux qui sont au devant de la

Equine de rédaction :
Tiendrebéogo Ousman^

Ouédraogo Ahmad dit Karamssamba
Zoungrana Ablassé
Nébié Zakaria
Guigma Arounan
Nana Moumouni

Montage :
Déogracias Conceptions : 78 23 01 73

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Pour tous renseignements,
veuillez vous adresser à Rachid-production à
l’adresse suivant :
rachidproduction@yahoo.com où
guigma.haroun@yahoo.fr

Imprimerie :

scène □

IMPF : 79 87 6l”60

Par Ousmane TIENDREBEOGO

Pour vos critiques et suggestions
veuillez contacter

RACHID-PRODUCTION
sous l’adresse : guigma.haroun@yahoo.fr
01 BP 2481 Ouaga 01
Cél. : (00226) 76 93 60 93 - 79 91 05 66

Dessinons l’avenir ense

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

,

Culture

PROLIFERATION DES FILMS PORNOGRAPHIQUES

Un vrai danger social
C’est un secteur en plein essor que celui de la pornographie. Comme un monstre qui avale tout sur
son passage, les films pornographiques en ce début du 21e siècle étendent leurs tentacules sur la sur­
face du globe. Ces films de sexualité et leurs pratiques sont à désapprouver car cela y va de la santé
mentale du musulman, de l’équilibre dans la vie du couple et de l’encadrement de l’éducation de
nos enfants. La pornographie ainsi que toute pratique similaire enseigne de la fiction que du réel.
Pour une société qui se veut responsable et intègre, elle se doit de lutter contre ce fléau sous toutes
ses formes. Tout le monde est unanime sur ses méfaits, mais personne ne pipe mot.
l’instar de la drogue et de la ciga­
lution sur le plan psychique. A l'intérieur
lam. « .. .Regarder desfilms pornos soumet
rette, l’industrie pornographique
de lui, il y a du sentiment, de l’affection, et
les garçons comme les filles à des diktats
est parvenue à se promouvoir dans
ce sont ces qualités qu 'il faut privilégier,
quifreinent le développement d'une sexua­
le monde des affaires, mieux, c’est l’une
car c ’est avec cela qu ’il va pouvoir gran­
lité personnelle selon leurs vraies envies.
des entreprises les plus florissantes. Soute­
Les garçons s’inquiètent face aux perfor­
dir aussi bien dans sa tête que dans son
nue par des multinationales et certaines or­
corps. Le risque de la pornographie, c ’est
mances surdimensionnées des hommes. Ils
ganisations politiques dans le but d’asservir
la perte de ses valeurs et de son propre ima­
vont penser que faire l'amour est une do­
l’esprit de l’homme aux futilités de la vie,
ginaire », explique le Dr Sylvain Mimoun,
mination, qu ’ils doivent soumettre lafille...
elle ne fait que gagner du terrain. Au­
gynécologue andrologue et psychosomati­
Au risque d'un completfiasco parce que la
jourd’hui, la pornographie est un danger
cien. Chez les promoteurs du pomo, le désir
partenaire refusera cette violence, cette do­
pour la religion, qui se veut saine et dé­
guide les actes, pourtant, chez un homme
mination, et ne réagira pas comme dans les
pourvue de toute immoralité.
normal, digne et intègre, le désir doit être
films. Ce qui peut amener le garçon à per­
dre confiance en lui. Lis s'imaginent que la
A entendre les spécialistes de ce domaine,
contrôlé.
Les couples qui s'adonnent à ces films sont
femme est immédiatement disponible,
c’est peine perdue que de vouloir lutter
conditionnés dans leur vie sexuelic. A force
qu ’elle va jouir dans la seconde, capable
contre la pornographie. Le monde du porno
de supporter un certain nombre de choses'
de voir certaines scènes, ça commence par
est à l’image de l’industrie des armes, de la
déformer la réalité chez eux. Les défauts
sans égards pour elle, pour son corps, sa
cigarette, que rien n’arrête. Notre article se
des uns et des autres vont se ressentir. Ou­
concentre plutôt sur les méfaits des films,
sensibilité... C’est dramatique ! », com­
leurs effets néfastes sur le musulman et hu­
bliant qu’il s’agit d’une mise en scène,
mente le Dr Anne de Kervasdoué, gynéco­
l'homme ou la femme peut se tromper et
main de façon générale.
logue.
chacun peut demander à l’autre ce dont il
L’Islam a été envoyé à l’humanité pour cor­
Le danger au niveau des adolescents ;
roborer les bonnes mœurs et la dignité de
est incapable. L’époux aussi voudrait sou­
l’être humain. Au même moment, des com­
mettre sa femme à une certaine domination
Dans la société actuelle, ce sont les adoles­
et à lui demander hors des nonnes de l'Is­
bats funestes se préparent dans les pénom­
cents qui sont les plus exposés face aux
bres contre la religion de Dieu et les bonnes
3 questions àu Dr Christian Spitz, « Le Doc
valeurs. Dans notre quête, nous sommes ar­
Quels sont les dangers de la pornogra­
a pas appris la frustration. L’éducation
rivés à comprendre que l’idée de mettre en
phie pour les jeunes ?
sexuelle dans les collèges et lycées varie
pratique et sur scène des pratiques sexuelles
La pornographie présente la sexualité
beaucoup d'une région à l’autre et d’un
émanent d’une instigation de quelques
comme une performance et en donne une
établissement à l’autre. Elle n’a pas assez
groupes politiques assez influents afin d’en­
image qui ne correspond pas à la réalité,
évolué et reste trop centrée sur les aspects
laidir la beauté et la pureté de la religion.
avec des pratiques marginales (sodomie,
« mécaniques » de la sexualité : reproduc­
Au tout début, c’était contre la chrétienté
violence, relations à plusieurs...) qui ne
tion, prévention des grossesses non dési­
notamment contre l’Eglise.
sont pas nécessaires à un épanouissement
rées et des MST... Et pourtant, les deux
sexuel. Pour les garçons et les filles pré­
tiers des filles inscrites en classe de troi­
Le prêche de l’irréel et de l’impossible.
pubères, avant 13 ans, certaines images
sième pensent qu ’il n ‘est pas possible de
Ce que tente de nous enseigner les images
accessibles sur Internet ou sur les télé­
tomber enceinte lors du premier rapport
du pomo, c’est de la fiction pour réduire le
phones portables sont particulièrement
sexuel ! Dans cette logique, l’aspect rela­
monde au mensonge et à la désillusion. Ils
choquantes. Elles peuvent perturber les
tionnel, affectifet sensuel est complètement
nous disent qu’ils enseignent l’idéal en
plus fragiles qui n 'ont pas assez de points
oublié, ce qui est vraiment dommage.
sexualité et interpellent indirectement tout
de repère dans leur famille. Le danger est
le monde à expérimenter ce que les acteurs
que cela soit considéré comme une norme,
Quels conseils donneriez-vous aux pa­
font comme pratiques.
rents ?
au lieu de découvrir la sexualité par la di­
« ...Lapornographie donne une représen­
Sachant que la majorité des ados ont été
mension affective.
tation fausse de la sexualité et des attentes
ou seront exposés à des images pornogra­
réelles des hommes et des femmes, que
Quel est le rôle de la société et de l’école - phiques, cela ne sert à rien d’interdire...
l'adolescent risque de prendre comme la
Mieux vaut être ouvert au dialogue sur la
par rapport à ces films ?
norme à laquelle il doit se conformer, sur­
sexualité, exprimer clairement ses valeurs
La société actuelle véhicule beaucoup de
tout s'il n 'a aucune expérience de la sexua­
(respect de soi, de*) 'autre, de la femme,
violence, dans les films, les jeux vidéo, et i
lité. « L’adolescent est un enfant avec un
non-violence...) et expliquer que la rela­
les ados ont souvent une attitude de toute-,
corps d'adulte, il n 'a pas terminé son évo­
tion sexuelle peut être belle et agréable si
puissance, surtout si leur éducation ne leui\

A

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

dangers de l’impérialisme Occidental dont
la drogue, la cigarette, l'homosexualité et
bien d’autres. Flirtant sur les images obs­
cènes sans le contrôle parental ou lorsqu’ils

se retrouvent au lycée, les jeunes ont la cu­
riosité de tenter le diable. Sans l’avènement
des images et des films pomo’r< . ques,
nos filles et garçons n’avaient au ne no­
tion sur ces pratiques. Mais aujourd’hui, ce
sont eux qui s’exercent à la pratique, les cas
sont monnaie courante en Afrique, au Bur­
kina, si on veut faire le tour des lycées.
Etant jeunes, ils ne savent pas qu’ils s’ex­
posent à des problèmes par le simple fait de
se filmer dans des situations désobligeantes.
« Certains jeunes se mettent en scène sur
Facebook, partagent avec leurs copains des
photos ou des vidéos osées via leur blog ou
leur téléphone portable... Le « dedipix » et
le « sexting » font de plus en plus parler
d'eux. Avec le « dédipix » (contraction de
« dédicace » et « pixel », des adolescentes
écrivent une dédicace sur une partie de leur
corps et diffusent la photo sur leur blog. Le
« sexting » va encore plus loin : il consiste
à envoyer via le téléphone portable des vi­
déos osées, voire pornographiques, où les
adolescents se mettent en scène ou se ven­
gent de leurs anciens petits amis en les
montrant dans des poses compromet­
tantes... En France, 14% des 12-17 ans au­
raient déjà reçu des messages à caractère
sexuel de la part de leurs camarades. On
voit même des jeunesfilles de 13 ans filmer
leurs premières relations sexuelles et les
diffuser via leur téléphone portable », ra­
conte Dominique Delorme, responsable de
la ligne Net Ecoute.

» pédiatre
on ne fait pas n ’importe quoi, avec n 'im­
porte qui et n 'importe comment. L’amour,
ce n ’est pas la pornographie, dont les scé­
narios sont pauvres et ringards ! Nejamais
poser non plus à votre ado de questions di­
rectes sur sa sexualité ou lui parler de
votre propre sexualité : à chacun son inti­
mité !

Pour nous musulmans, le sujet ne souffre
pas de débat. Regarder ces films, est un
péché. Il nous faut dès lors inculquer les
valeurs de notre religion à nos enfants.^
Cela passe par l’éducation islamique. A
cette période de l’histoire de l'humanité, j
les musulmans se doivent d’être encore
plus proches de leurs progénitures, en leur
accordant plus de temps, d’attention. La
seule arme contre le mal de la pornogra­
phie, c’est bien le fait d'inculquer les va­
leurs de la religion à nous-mêmes et à nos
familles. Il n’y a que l'Islam comme rem­
part à cette bassesse de l'âme humaine. A
nous de jouer. Qu’Allah nous en préserve.

A.RACHID JUNIOR

Page 3

B- -

' -

PRECHE AUJOURD'HUI

Comprendre les priorités et ia progressivité
Le travail sur soi-même, de même
que le rappel fait à sa famille et à
ses frères et sœurs musulmans, ne
sauraient consister en le simple
fait d’édicter un grand nombre
d’obligations et d’interdits. La ré­

primordial sur la profondeur et l’in­

tensité de la foi, et, d’autre part,

quand il l’avait envoyé au Yémen. Il
lui avait dit : «7h vas te rendre au­

pratique, il ne le fera pas longtemps
ou ne les appréciera pas» (Shar ’h

comprendre les priorités par rapport

près de Gens du Livre. Que la pre­

MuAîm, 12/41). Car il faut com­

à la situation d’un lieu donné, à un

mière chose à laquelle tu les invites
soit l’adoration de Dieu. Lorsqu ’ils

prendre qu’un homme ou un groupe
d’hommes qui étaient jusqu’à pré­

connaîtront Dieu, informe-les que

sent éloignés de la religion ont be­
soin d’une certaine progressivité

moment donné, pour rappeler gra­
duellement obligations (wâjibât) et
interdits (manhiyyât).

vélation a choisi la voie de la for­
mation des cœurs, de l’éducation,
du pragmatisme et de la patience,
et c’est cette voie qu’il nous faut
suivre, aujourd’hui encore, popr
vivre l’islam et faire le rappel de
ses enseignements.

cette progressivité était possible à
l’époque où la révélation, elle-même

e n’est qu’après ce profond

graduelle, se faisait au Prophète (sur
lui la paix), mais qu’aujourd’hui,

C

A) Une objection formulée par
certains frères et sœurs :
On entend parfois objecter à cela que

travail sur les cœurs que la
l’ensemble des préceptes (et donc les
révélation s’est mise à édic­
obligations et les interdictions) ayant
ter obligations et interdits détaillés.
été donné et la révélation ne se fai­
Et même ici, elle a choisi la voie du
sant plus, nul ne peut plus déclarer
pragmatisme. Le texte coranique té­
permis ce que Dieu a déjà interdit.
moigne ainsi, aujourd’hui encore, de
la patiente progression et de la péda­
En fait la réalité est plus nuancée:
gogie qui furent les siennes dans la
mise en place de l’interdiction :

l’exemple bien connu de la législa­
tion relative à l’alcool l’illustre par­
faitement, puisqu’il montre une
progression s’étendant sur une pé­

riode de nombreuses années et com­
portant
plusieurs
étapes
intermédiaires avant l’interdiction
complète, survenue seulement,
d'après un avis, en l’an 8 de l’hégire
(Fat’h
ul-bârî,
8/353),
soit
quelques... 18 années après le début
de la prédication publique du Pro­
phète. Et lorsque cette interdiction

complète fut révélée, les musulmans
étaient prêts à accueillir celle-ci au
point que Anas ibn Mâlik raconte :

«J’étais en train de verser à boire

chez Abu Tal’ha, et à l’époque l’al­
cool que les gens buvaient était un
alcool de datte. Le Prophète dépé­

- déjà il est certaines obligations (et
certaines interdictions) dont le ca­
ractère même dépend du contexte
dans lequel les musulmans vivent,
en correspondance étroite avec les
différentes situations (dawr makkî /
dawr habashî / dawr madanî) que le
Prophète et/ou ses Compagnons ont
connues : pour les musulmans qui se
trouvent dans une situation compa­
rable à celle du Prophète quand il
était à la Mecque, de nouveau l’ac­

tion n’est pas instituée (mashrû ’) ;
- ensuite, s’il est certain qu’il est
d’autres obligations et interdits qui
sont aujourd’hui applicables même
s’ils ont été révélés vers la fin de la
mission du Prophète, ce qu’il faut
comprendre c’est que personne ne

remet en cause leur caractère (obli­
gatoire ou interdit), celui-ci étant

désormais définitivement établi :

cha une personne pour annoncer :
«L alcool a été interdit». (En enten­

nous parlons seulement de la néces­

dant cela,) Abû Tal’ha me dit : «Va
verser l’alcool dehors». Je sortis le

le rappel (da’wq) de ces règles et
dans le fait de les faire appliquer

taire. Il cr da dans les ruelles de Mé­

concrètement à l’échelle de la so­

dine...» (a.i-Bukhârî, 2332, Muslim,

ciété (tanfîdh)...

sité de respecter la progressivité dans

J. 980). Les cœurs ayant été formés,

une législation de ce genre ne pou­
vait en effet qu’être bien accueillie.

A.a) La progressivité dans le rap­

> •' .4 hui encore, il faut donc,

C’est bien là ce que le Prophète (sur
lui la paix) avait enseigné à Mu’âdh

/ part, ne pas oublier le travail

pel des règles :

Dieu a rendu obligatoires cinq
prières dans la journée et la nuit.
Lorsqu’ils feront cela, informe-les

que Dieu a rendu obligatoire sur eux
une aumône qui sera prise de leurs
riches et donnée à leurs pauvres...»
(al-Bukhârî, 1425, Muslim, 19, etc.).
An-Nawawî écrit en commentaire :
«...Le Prophète (sur lui la paix) a en­

pour se mettre à pratiquer tout ce qui
est obligatoire sur eux. Il faut être
patient avec eux, tout en rappelant la
nécessaire constance dans la pra­

tique.
Aujourd’hui encore, il faut donc res­
pecter la progressivité dans le rappel
des règles. Et il faut savoir à ce sujet
qu’en islam les croyances et la spiri­

seigné une progression dans l’invi­
tation, commençant par le plus
important, et ainsi de suite. Ne voistu pas qu’il a parlé d’abord de la
prière puis de l'aumône, alors que
personne n 'a jamais dit qu ’(après
l’acceptation de l’islam) la prière
devenait obligatoire mais non pas
l’aumône ?» (Shar’hu Muslim,
1/198).
Lorsqu’il avait envoyé Mu’âdh ainsi
que Abû Mûssâ au Yémen, le Pro­
phète leur avait également recom­
mandé ceci : «Rendez facile et non
difficile. Donnez la bonne nouvelle
et ne faites pas fuir». An-Nawawî
écrit en commentaire : «Ce hadîth
ordonne de donner la bonne nou­
velle de la grâce de Dieu et de Sa
grande Miséricorde, et interdit de
faire fuir en ne mentionnant que les

A.b) La progressivité dans l’appli­
cation concrète de celles des règles
qui sont applicables dans le milieu
J où l’on vit :

menaces de châtiment sans mention­
ner avec celles-ci les bonnes nouvelles. Ce hadîth enseigne d’être

Par rapport aux pays musulmans, il
faut également respecter la progres­
sivité dans l’application concrète des

doux avec ceux qui se sont récem­

ment convertis, de même qu’avec

règles. C’est ce que met en exergue
le récit suivant, avec Omar ibn Abd

ceux qui sont enfants et adolescents,

il-Azîz, le calife omeyyade célèbre

de même qu ’avec ceux qui se sont
repentis : il faut être doux avec eux

jour, Omar ibn ul-’Azîz fut ainsi

tualité sont fondatrices par rapport
aux actes ; parmi les actes, ce qui est
obligatoire est prioritaire par rapport
à ce qui est facultatif ; se préserver
de ce qui constitue une grande faute

morale (kabîra) est prioritaire par
rapport à arrêter ce qui constitue une
petite faute morale (saghîra) ; obli­
gation ou interdiction, un acte qui
fait l’objet d’un consensus (mujma’
'alayh) doit être considéré prioritai­
rement par rapport à un acte qui fait
depuis les premiers temps de l’Islam
l’objet d’une divergence d’avis entre
les savants (mukhtalaffih).

pour sa justice et sa droiture : Un

et leur communiquer progressive­
ment les actes de dévotion. Les en­
seignements de l’islam ont été

questionné par son fils Abd ul-Malik

révélés progressivement. Si on rend
les choses faciles pour celui qui

cie pas que moi et toi ayons à sup­
porter des difficultés à cause de la

entre dans la dévotion ou qui veut y
entrer, elles seront faciles pour lui,
et le plus souvent il progressera et

augmentera. Mais si on rend ces
choses difficiles pour lui, il ne se
mettra pas à les pratiquer ; et s’il les

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

: «Père, pourquoi n ’appliques-tupas

[toutes] les choses ? Je ne me sou­

vérité». Le calife répondit : «Ne te
presse pas, mon fils. Car Dieu a,
dans le Coran, critiqué deux fois
l’alcool, (puis,) la troisièmefois, Ta
interdit. Je crains que si j’applique
d’un coup aux gens (tout) ce qui est

Culture

CALIFAT EN iSLAM

Distinguer le faux du vrai
La notion du califatembaume chaque jour, chaque heure les médias depuis Tavènement de
Daesh au Moyen- orient. Le califat est connu du grand public grâce à l’organisation de l’Etat
Islamique. Aboubacar Al Bagdadi, le calif donc et ses acolytes se veulent des légitimes succes­
seurs des califes biens guidés de P Islam. Sic. Quel est la vraie compréhension qu’il faut avoir de
cette notion de califat ?
Et lorsque ton Seigneur dit
aux anges : Je vais mettre un
Calife sur Terre, ils dirent :
Vas-Tu y mettre un tel qui y amènera
le désordre, et qui y fera couler le
sang ? Et nous Te glorifions avec Ta
louange et proclamons Ta Sainteté.
Il répondit : Je sais ce que vous ne
savez pas». (Le Coran 2:31)
Pour le plus simplement possible à
la compréhension du musulman et
du citoyen ordinaire désireux de sa­
voir la vérité sur l’Islam vrai et au­
thentique au détriment des faux
prédicateurs vendeurs de l’horreur
et de ta mort. Le terme Calife dé­
signe un lieutenant de Dieu sur la
terre pour faire la promotion de la
volonté de Dieu sur la surface de la
terre. Tous les prophètes avaient
pour mission de régner en bons gou-

vernants afin que la justice et
l’équité triomphent de la corruption
et de l’associationnisme.
Dieu interpela, le roi David à être un
gouvernant de justice et d’équité.
De Salomon, Moïse jusqu’à Jésus,
ce fut le même mot d’ordre, demeu­
rer un bon calife de Dieu pour les
hommes.
L’avènement du prophète Muham­
mad (psi) illustra parfaitement la
notion de califat. Le rapport des mu­
sulmans avec les Juifs et Chrétiens
sous son égide illustre parfaitement
le souci de l'équité, de la justice que
chaque leader religieux doit incar­
ner.
Le prophète (psi) à son arrivée, a
entrepris l’érection d’un nouvel
Etat où la gouvernance était inspi­
rée par la loi islamique.

Il appela tous les musulmans à faire
corpsautour de cet idéal. « Il vous
incombe de suivre ma Sunna et la
Sunna de mes prédécesseurs les
mieux guidés... ». La base fonda­
mentale d’un califat, c’est le respect
du Coran et de la Sunna du prophète
(PSL). C’est aussi le respect de l’au­
tre dans sa différence, c’est le res­
pect de la dignité humaine, de la
vie, de l’honneur, du sang et de
toutes ces valeurs reconnues par la
religion. Ce qui est contraire à ce
que Daesh prône. Le Daech tue des
musulmans, ensanglante et mette
des musulmans dans la psychose
générale. Il tue tout le monde.
BokoHaram tue tout ce qui est sur
son passage. On se rappelle du car­
nage à la grande mosquée de Kano
faisant 120 morts musulmans. On se

vrai, ils rejettent d'un coup (tout ce
qui est vrai) ; et que naisse à cause
de cela une fitna» (Al-Muwâfaqât,
ash-Shâtibî, 1/402). Voyez : l’alcool
a été interdit en l’an 8 de l’hégire, et
cette interdiction est complète et dé­
finitive, applicable pour tout musul­
man et musulmane quel que soit le
lieu qu’il ou elle se trouve ; Omar
ibn Abd il-Azîz parle bien, pourtant,
de progressivité dans le fait de faire
respecter sur la scène publique cette
interdiction, par la société musul­
mane du début du 2ème siècle. Du
début du 2ème siècle de l'hégire !
Aujourd’hui, en ce 15e siècle de l’hé­

{A 'lâm ul-muwaqqi 'in, 4/169).
Il ne s’agit pas de devenir paresseux
et, au nom de la progressivité, se
donner bonne conscience en remet­
tant tout à des lendemains toujours
plus lointains ; il s’agit concrètement
de déterminer ce qui est applicable
dans le contexte où l’on vit, puis de
faire de la situation une fine analyse
qui
nous
permette
de
:
- fixer les objectifs qui sont nôtres
dans ce contexte (tahdîd ul-maqâssid), - penser les moyens devànt en
permettre la réalisation (tahdîd ulwassû’ïl), - enfin, déterminer les
étapes devant rendre possible bi idhnillâh la concrétisation de ces

le travail sur soi-même, sur le ter­
rain, sur ses frères et sœurs. Sinon le
risque est grand de faire des «isla­
misations de •surface, creuses à l’in­
térieur» .
Malheureusement, combien d’entre
nous commencent aujourd’hui par
ce qui devrait normalement être rap­
pelé ou appliqué à la fin ! Pourtant
le seul rappel ou la seule promulga­
tion d’une règle ne change pas les
hommes tant qu’elle n’est pas précé­
dée et accompagnée d’une réforme
des mentalités et des cœurs. L’échec
de la tentative de prohibition de l’al­
cool aux Etats-Unis au début du
XXème siècle grégorien le prouve.
A comparer avec l’interdiction de
l’alcool faite en Arabie au Vllème
siècle grégorien sous la direction du
Dernier des Messagers de Dieu, Mu­
hammad (sur lui la paix) : ici l’inter­
diction fut-non seulement réalisée de
façon graduelle mais fut aussi et sur­

gire, comment ne pas être pragma­
tique et ne pas tenir compte, avec les
normes, de l’état des lieux ? Ibn ulQayyim écrit : «L'idéal (al-wâjib)
est une chose et le réel (al-wûqi ’) est
une chose. Le (bon) juriste est celui
qui fait le lien entre idéal et réel et
applique l'idéal enfonction des pos­
sibilités. Ce n 'est pas celui qui pro­
voque l inimitié entre idéal et réel»

moyens {tahdîd ul-marâhil) en fonc­
tion des priorités (fahm ul-awlawiyya) (lire à ce sujet As-Siyâssa
ash-shar 'iyya fi dhaw 'i nussûs ishsharî’ah wa maqâssidihâ, al-Qar-

dhâwî, pp. 298-307).

B) Récapitulatif :
Il faut comprendre les priorités dans

tout précédée et accompagnée d’une
profonde éducation spirituelle et mo-

rappelle de l’enlèvement des 213
filles. La liste est loin d’être exhaus­
tive vu l’ampleur de la monstruosité.de l’EI, de BokoHaram et de tous
leurs semblables.L’EI a érigé un ca­

lifat du mal, de l’horreur Autre fait
important, le califat ne se décrète
pas comme l’on l’a vu à ravers ces
groupes terroristes. Etant intrinsè­
quement lié à la Charia, le califat
part de l’éducation des masses sur
les valeurs de l’Islam. Il est basé sur
la pédagogie. Etant donné qu’il ne
doit pas y avoir de contrainte en ma­
tière de religion, il ne saurait être
une arme de décapitation de ceux
qui ne partagent pas la foi de l’Is­
lam. De tels actes, on n'en a pas vu
au temps du prophète. C’est pour­
quoi, il semble urgent que les mu­
sulmans, en premier, prennent les
devants de la lutte contre cette
forme de califat. Ce devrait être le
combat de l’Arabie Saoudite,
royaume de l’Islam sunnite, et de
tous ses alliés. Ce devrait être le
combat de tous les musulmans, par­
tisans dçda non-violence, de l’Islam
authentique. Tout silence, s’appa­
rentera à une adhésion tacite à cette
forme barbare de promotion
de l’Islam n
raie.
Il faut donc, d’une part, graduelle­
ment rappeler les normes et les rè­
gles. Et il faut aussi et surtout,
d’autre part, ne pas oublier le travail
sur l’intensité de la foi : renforcer
son lien avec Dieu, intensifier pour
Lui l’amour et la crainte révérentielle dont tout croyant porte une
parcelle dans les profondeurs de son
• cœur. Il faut commencer par le com­
mencement, par là où a commencé
le Coran, parler des rétributions de
l’au-delà, évoquées dans le Coran et
la Sunna...
Alors nous pourrons inshâ Allâh
vivre nous aussi ce que Jundub a ra­

conté : apprendre la foi et apprendre
les normes, la foi préparant le terrain
pour l’acceptation des normes, et la
connaissance et le respect concret
( ‘amalari) des normes faisant aug­
menter la foi.
Wallâhu A lam (Dieu sait mieux).
Auteur Abou Anas

j

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

-0-

Page 5

Entretien*»*

CHOMAGE DES JEUNES MUSULMANS

ale problème, c ’estmoins le cursus de la Médersa
uue le manuue d’initiative », Imam Abdallah Qustlraogo ,
Imam Abdallah Ouédraogo est le directeur de l’école Nouroullah. Avec lu: cette fois-ci, il est question de solidarité dans la com­
munauté musulmane. Comme à son habitude, l’Imam s’est prêté à cœur joie à nos questions.
Que signifie être solidaire en
Islam ?
Toutes les louanges sont à Allah, le
Seigneur des mondes, celui qui par­
fait nos actions. Que sa bénédiction
et ses salutations soient sur le pro­
phète Muhammad. Nous ne pou­
vons répondre à cette question sans
faire une mention spéciale à T AU­
TRE REGARD pour ses énormes
efforts pour l’édification des musul­
mans et du reste de la société.
Votre question me ramène au verset
du Coran où Dieu dit qu’il sait ce
que ses créatures veulent, parce
quTl demeure connaisseur des
choses cachées dans les cœurs.Dans
un autre verset, il nous appelle à
l’entraide en disant des’entraider
dans la bienfaisance et dans la piété
et non dans la transgression et les
péchés. 11 est ensuite dit que les mu­
sulmans sont des frères les uns des
autres. Cela suppose que les musul­
mans sont d’une même souche iden­
titaire qui est l’Islam. Il n’ y a pas
une entité aussi importante que la
famille. Maintenant, l’un des prin­
cipes phares de la fraternité des mu­
sulmans, c’est le soutien, l’écoute,
c’est de rester en veille pour isoler
tout problème susceptible de nuire
aux membres de la famille.

D’une manière concrète, com­
ment l’on peut estimer cette soli­

penses auprès d’Allah. Mais nous
disons que ce n’est pas la seule d'ac­
tion qui contient des bénédictions.

Autre fait marquant, c’est que
dans notre communauté, on a
l’impression que les responsables
ne sont pas à l’écoute de la
masse ? Avez-vous fait le même

lidarité n’existe pas. Dans ce pays,
on est tous musulmans, mais cha­
cun gère scs angoisses et ses pro­
blèmes !
Sincèrement, le soutien et la solida­
rité que recommande la philosophie
musulmane fait défaut dans la
Oumma. Il faut plus d’engagement
et de conviction de la part de tout un
chacun.Nous sommes tous concer­
nés.

constat ?
C’est vrai, je vous le concède. Tout
responsable, qu’il soit un prédica­
teur aguerri, un président d’une
mosquée, un Imam, doit se mettre à
l’écoute des fidèles afin de trouver
des solutions à leurs problèmes. Les
gens ont besoin de l’attention et de
la compassion, c’est naturel.On ne
peut pas tout résoudre. Mais on peut
donner de sa personne, on peut par­
tager sa compassion aux problèmes.
C’est déjà un début de solution.
Nous pensons que l’écoute des
masses est d’une importance pre­
mière. C’est pour cela que le pro­
phète (psi) a dit que le chef d’une
Comment expliquer le fait que les
musulmans soient les plus riches
et les plus pauvres ?

C’est un triste constat. Les riches
musulmans ne se manifestent que
dans la construction des mosquées.
Quand les riches mettent la main à
la pâte, c’est pour construire une
mosquée. Il est vrai que cet acte
d’adoration contient des récom­

communauté est son serviteur. Tout
responsable doit se mettre au service
de ceux de qui il détient sa respon­
sabilité.
Pour finir, quand l’Imam finit la
prière, il se retourne pour faire face
aux fidèles, cela sous-entend, qu'il
doit s’enquérir de leurs nouvelles.
Le manque de solidarité est sou-

darité des musulmans ?

Le prophète (PSL) a dit que les mu­

sulmans doivent se sentir comme un
même corps dans la gestion de leur
problème. Si un musulman dans
ette ville est malade, les musul­
mans devraient lui venir au secours
jusqu'à c,. qu’il recouvre la santé.
Car quand une partie du corps est
malade, c'est l’ensemble du corps
q> i est pris par la fièvre.

• n

,7,

.iu vu de ces explications,

•** d ’/rc que cette forme de so­

Votre Mensuel cTinformation
islamique à ne pas manquer !
L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

4
vviit une cause de désertion de la

Entretien t
graient les commerces de leurs pa­

religion musulmane vers d’autres

rents pour être commerçants. Main­

religious ?
v ce ni\ eau. il faut qu’on sache, que

tenant, les études prennent assez de

'temps dans les pays arabo-musul-

’. leligion de l'Islam, c'est avant

mans. Quand vos enfants partent

tout

pour Dieu. Ces femmes et

faire plus de 15 à 20 an

à

.

jeunes qui quittent l'Islam sur ce

leur retour, ils sont dés<

prétexté, n'ont pas reçu une éduca­

ne peuvent plus apprendr. u.i me­

tion parfaite de l'Islam. Ils n'ont pas

tier. Ce n'est pas au niveau des ara­

s

une connaissance de l'Islam. Ils ap­

bisants uniquement que le problème

pliquaient un Islam de façade. Nous

se pose. Meme chez les franco­

ne pouvons que prier pour ces per­

phones,

sonnes qui méritent des invocations

L'Etat ne peut pas employer (

pour une bonne stabilité dans la
foi.Notons également qu'ils ont tort

monde. Les arabisants éveillés «.».
retour se jettent dans des domaii

mais il y a que nous sommes aussi

comme la technique, l’interprétalion

responsablesde ces égarements.

et autre choses. En réalité, le vérita­

le

den........

problème

e

ble problème, c'cst que les jeunes

font

manquent d’initiative. Ils sont ac-

ce

crochésà leurs diplômes si bien

manque de soutien et de d’atten­
tion des musulmans. Pourtant, ils

sans emplois. Nous avons une jeu­

Les

nouveaux

quelque

part

convertis
les

frais

de

sont concernés par les versets que
vous avez cités ?
C’est encore une triste réalité.11 est

qu’ils finissent par devenir vieux
nement qui devrait pourvoir de
l’emploi à toute cette jeunesse ne

Coran et quelques brochures sur la

nesse qui aime la facilité. Quant à

jurisprudence. Ces élèves allaient

pratiquer le maraboutage comme
emploi, cela est prohibé par l'Islam.

continuer à faire de l’agriculture

nécessaire qu’une forme de solida­
rité soit entretenue à l’égard de ces

sera pas juste comme analyse. Nos
riches ne créent d’emploi. Si cela
était fait, ça pourrait soulager beau­

puisque c’est ce qu’ils apprenaient
avec leurs maîtres. Il y a ceux aussi

Entretien réalisé par

individus. Ils ont droit de façon prio­

coup de jeunes. Il appartient égale­

qui allaient puis à leur retour inté­

Arouna Guigma

ritaire aux visites. Ils doivent de
façon prioritaire bénéficier de l’ar­

ment à la jeunesse de se battre et de

gent de la zakât.
Nous devons toujours comprendre
le propos du prophète (psi) quali­
fiant les musulmans d’un même
corps de l’organisme humain. Dieu
a dit que les gens se surpassent dans
leurs privilègeset cela est natu-

ne pas tout attendre de quelqu’un.
Beaucoup de riches ont été freinés
dans leur élan de soutien et de soli­
darité à cause de la mauvaise foi des
jeunes. Ils empruntent l’argent pour
travailler mais refusent de rem­
bourser. Pire, certains mêmes dispa­

3

raissent sans laisser de trace.

LA SURFACE
SONACOF

LES POINTS DE VENTE /
VILLES

NAWFAL

leurs rôles.
L’employabilité de la jeunesse de­

Dans cette dynamique de l’em­
ployabilité des jeunes, on a l’im­
pression qu’après les études, les
jeunes n’ont de choix que de faire
du maraboutage ?
Avant les gens ne partaient pas dans
les foyers coraniques pour devenir

meure un souci pour le gouverne­
ment qui est impuissant face à la

de grands entrepreneurs ou des
hommes d’affaires. Le but était

situation. Dire que c’est le gouver­

qu’ils aillent apprendre à lire le

ORODARA : ZEBA SOULEYMANE 78573157
OUAHIGOUYA : SAWADOGO
SAYOUBA 76 25 99 14
BOBO DIOULASSO : EL HADJ
MONE OUMAROU 78 13 39 65
KOUDOUGOU : l^ABONE
SADA 70 15 58 47%
HOUNDE:ZOUNDY SEYDOU:
74 77 97 13

rel.Maintenant, les forces devraient

rentrer en action pour équilibrer les
choses. Malheureusement, c’est plu­
tôt le déséquilibre qui pèse davan­
tage dans la société parce que les
uns et les autres ne remplissent pas

NATIFA MARKET/ZOGONA
KIOSQUE FACE AMBSSADE DU
GHANA
KIOSQUE CHEZ ALOIS FACE
ZACA
KIOSQUE SITARAIL
LIBRAIRIE MUJA
KIOSQUE /FACE CITE AN III

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Ensemble pour un Islam décomplexé au Burkina Faso

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

Page 7

I



CENTRE DE TAHFIZ AL FARRUK CE BOBO DIOULASSO

Vingt nouveaux h corans ambulants »

au service des iF^uimàns

C’est la dixième promotion depuis
la création de ce centre de mémo­
risation du saint Coran à Bobo
Dioulasso dans le quartier Pala. Et
chaque promotion met sur le mar­
ché, 20 apprenants par ans depuis
dix ans. Cette année, la cérémonie
de sortie de promotion a été délo­
calisée à la salle des banquets de
Ouaga 2000. C’était le dimanche
3 mai 2015.

d’une délégation de l’Arabie saoudite et du Soudan. Sur le plan local,
on a noté la présence du président
par intérim de la Communauté mu­
sulmane du Burkina Faso (CMBF),

El Hadj SakandéAdama, le prési­
dent du Mouvement Sunnite, AdamaNikiéma et un parterre d’autres
Savants. Elle était placée sous le
parraingae du Cheick Ismail Dcrra.

Les heureux hafiz ont fait des dé­
monstrations, toutes choses qui ont >.
convaincu plus d’un sur leur parfaite |
maîtrise du livre saint. Le directeur
du Centre, M. Sanogo a salué la pré­
sence de ces illustres invités qui té­
moignent de la place du Coran dans
la vie du musulman. Centre de réfé­
rence dans la mémorisation du
Coran au Burkina, le- directeur
compte rééditer l’exploit dans la ca­
pitale par la création d’un centre de
mémorisation. Les heureux Hâfiz
ont pu bénéficier de plusieurs lots en
nature dont un kit complet remis par
la société LIPAO à chaque élève et à
chaque enseignant. Chaque élève a
également reçu la somme de
80000F. Sur cette note de satisfac­
tion, rendez-vous a été pris pour
l’année prochaine avec une autre
promotion de « corans ambulants ».

A.RACHID

l leur a fallu trois années pour
parvenir à mémoriser le Coran
par cœur. L’on devient Hâfiz
quand les 114 surates ou chapitres
du Coran sont correctement mémo­
risés. Cequi a été fait par cette nou­
velle promotion du centre. La
cérémonie de sortie de promotion a
vu la pré.Z".ce des plus hautes auto­
rités de îL dam au Burkina Faso,

I

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

-4)-

"JW,

Société

INSTITUT ISLAMIQUE EL NOUR

Des cadeaux pour susciter la concurrence
C’est une habitude du fondateur de cet Institut 'le surprendre ses élèves, surtout les meilleurs avec des lots de cadcp’
encourager à mieux faire dans leurs études. Cheick El Hadj Souleymane Confé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a
le jeu le 3 avril 2015 suite aux examens blancs du BEPC. 20 sacs de maïs et 10 sacs de riz, y compris quelques cm
des cartonnés de dattes saoudiennes, ont été distribués aux meilleurs élèves.

l s’agit des 10 admis au BEPC
franco-arabe d’être honorés par le
blanc, des 1er, 2e ,3e de la classe
fondateui
' 'bjectif de ces récom­
de sixième jusqu'à la terminale
penses, c’est la promotion de l’ex­
qui ont été les principaux bénéfi­cellence dans l’institut. « A travers
ciaires de ces cadeaux.Au mois de
ces actes de récompenses, nous
février, c’était le tour des élèves
voulons encourager les enfants à

I

faire mieux, à se surpasser pour at­
teindre de bons résultats. Quand
l’enfant est encouragé, il peut faire
mieux. Et chaque fois, les enfants
ont besoin qu'on reconnaisse les ef­
forts qu'ils font. Cet acte vise éga­

lement à susciter la concurrence
entre les élèves. Nous avons déjà vu
les retombées de cette action et nous
allons toujours continuer dans ce
sens », s’est justifié le fondateur.

RACHID JUNIOR

48 HEURES DES REVENDEURS DE L’EDITION

Une première édition è succè
Du 2au 3 mai 2015 a eu lieu à la Maison des jeunes et de la culturede Ouagadougoules 48 heures
de l’Association des professionnelles des distributeurs et revendeurs des journaux et des livres du

« Rôle et importance des
distributeurs et revendeurs des journaux dans la vulgarisation de Rinformation au Burkina Faso ».

Burkina (APDRJL-B). Le thème retenu pour cette première édition est :

’est le patron et doyen de la

constant *dcs revendeurs que les
journaux se retrouvent dans les re­
presse écrite au Burkina,
coins de la ville de Ouagadougou
Edouard Ouédraogo, Di­
et dans
le reste du pays. Au nombre
recteur de Publication de l’Obser
­
des faits de ces quarante-huit
vateur Paalga qui a été choisi
heures, un don de sang de ses mem­
comme parrain.
bres, une exposition vente, un
Pour les responsables de cette asso­
forum et une formation, un match
ciation, c’est grâce à l’apport

C

de football, une prestation d’artistes
et enfin une soirée gala.
Pour l’association, cette activité
sera rééditée chaque année. « Nous
lançons un appel aux professionnels
et aux hommes de médias pour nous
accompagner dans le cadre de nos
activités afin cjue la prochaine édi­

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

tion soit meilleure que celle-ci. m.
dira Dieudonné Détné, président de
RAPDRJL-B

a.ràchid

COMMUNAUTE MUSULMANE DU BURKINA FASO

Des imams formés sur leur responsabilité
Les 10,11 et 12 avril 2015, la Communauté musulmane locale de l’ex-sectcur 28 regroupant actuellement les secteurs 43,44,45,
a outillé ses imams sur la fonction de l’imamat. 44 Imams et prédicateurs vi autres responsables de Ja <nsîien rétine mosqueeont
été concernés par cette formation. Au sortir de ces 72 heures de formation, ies imams se disent satisfaits du choix des modules
déformation.

ls sont venus des quartiers divers

Î

de la ville de Ouagadougou à
l’appel de la CMBF locale de
l’ex-secteur 28 pour se former à la
responsabilité de l’imamat, la charge
la plus importante dans la gestion de
la Mosquée. Comme le soulignent les
traditions prophétiques, dans tous les
mouvements et rassemblements li­
cites, il faut se désigner un responsa­
ble d’où l’idée de chef. Dans une
Mosquée, le premier responsable de­
meure l’Imam.Il est le premier res­
ponsable spirituel et moral de la

la CMBF de l’ex- secteur 28, El Hadj
Paul Abdallah Kéré, cette fonnation
était plus que nécessaire pour la
bonne marche et la gestion des lieux
de culte.
Même lecture de la part d‘El Hadj
Sanoussi Sankara, chargé des affaires
islamiques de la CMBF. « Il était né­
cessaire de revenir à laformation des
Imams car le moment et l’actualité

société.
Peur mener à bien cette mission,
combien gigantesque, il se doit de re­
cevoir une formation à cet effet.Car

ç ' n’est pas toujours évident. C’est
•ur cette raison que la CMBP a pris

face à la gestion publique des
choses de la mosquée. Je vous as­

problème bras-le-corps. La gesi< n du lieu » culte et des personnes,
Pencadrcnk il des discours et des
crèches, le rôle de l’Imam .. .sont des

sure que c 'est un sentiment de sa­
tisfaction
qui
m’anime
personnellement à l’issue de cette



ont été abordés au cours
irs de formation. Selon
général de la section de

formation. Nous avons appris
beaucoup de choses. Tout ce qui
devrait être dit sur la gestion d’une
mossquée, l’a été. Notre souhait,

c ’est que de telles initiatives se ré­

tre en application les enseignements^
reçus. La Communauté musulmane
du Burkina dit avoir tiré les leçons et
s’engage ; rééditer ce genre de formation pour le bien-être de tous les
musulmans et du reste de la société
car les imams sont des éducateurs de
populations. Un Imam bien formé

c’est la société qui gagne.

sommes entièrement satisfaits ».

éditent ».
Imam Housseine Lankoandé,

Imam Derra Youssouf
de la mosquée Derra Omar
« A un moment
donné dans la
vie de l'Imam, il
lui faut des gens
à même de le

motiver et de lui
fourni:'
des
moyens afin qu’il gère
.ux sa

mosquée et les outils qu’il nous
faut d'abord sont la bonne forma­
tion. C 'est vous dire toute l'impor­

tance
que
ces
représentent pour

72
heures
nous. Nous

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

!

exhortent les bonnes volontés à met-,.

Des bénéficiaires de la formation se prononcent
Imam Haroun Kicndrébéogo
du quartier Larlé
« Nous sommes
venus participer
à ce séminaire
en vue de renfor­
cer davantage
notre capacité
surtout à faire

Mosquée. 11 se doit d’incarner des va­
leurs qu’il distille dans la mosquée, à
l’endroit des fidèles et du reste de la

l’imposent. Ilfaut un travail de recy­
clage pour que les Imams et autres
responsables sachent raison garder
afin de rester en équilibre dans la
conduite de la mosquée. Oui dit mos­
quée, parle d’un ensemble de choses.
Le mot d’ordre pour nous, c’est la
gestion dans la dynamique de l’en­
seignement prophétique », dira-t-il.
Les organisateurs et les formateurs

de la mosquée à Saaba
« C'est un mo­
ment de recy­
clage pour nous
autres. A un cer­
tain moment de
la vie, tant qu 'il

n’ y a pas des
rappels de ce genre, on dévie sou­
vent de notre responsabilité \ ans le
savoir. L’initiative est donc loua­
ble. Moi, je remercie'les responsa­

bles locaux de la CMBF. Je suis
entièrement satisfait ».
A.RACH1D JUNIOR


J
;

j
,

1

4.

Lislam et la destinée Humaine (suite]
i le Seigneur Allah a crée des
êtres comme les animaux qui
ont très peu de choix dans leurs
actes et comportements. Il à créé
l'homme et lui a donné un plus grand
degré de liberté assorti d’un plus grand
degre.de responsabilité. En efiet, la li­
berie de choisir ou de décider va en­
semble
avec
le
devoir
de
responsabilité. Liberté et responsabilité
sont comparables aux côtés pile et face
d’une même pièce de monnaie. La li­
berté n’existe pas sans la responsabi­
lité. Cette responsabilité nous conduit
logiquement à supporter les consé­
quences des décisions que nous pre­
nons chaque minute, chaque heure,
chaque jour et durant notre vie.
A la fin de son cycle de vie, l’homme
doit répondre de ses décisions, de ses
actes devant le Seigneur Allah qui l’a
créé et l’a chargé du khalifat de la terre.
C’est en vertu de cette investiture que
l’homme règne sur les minéraux, les
plantes, les animaux et sur lui- même.
« Nous avons rendu noble le fils
d’Adam » a dit le seigneur Allah dans
dans le saint Coran.
L’homme est donc en mission sur la
terre, pour la durée de sa vie. Il n’a pas
de temps à perdre. Il doit pour réussir
sa mission, respecter la lettre de mis­
sion que le seigneur Allah a transmise
au monde, à savoir le saint Coran et les
enseignements du Messager de Dieu,
Mohammad(psl).
Cependant, en vertu de la nature que
Dieu a donnée à l’homme, ce dernier
est libre de choisir entre le programme
de Dieu et son propre programme. S’il
choisit le programme de Dieu avec sin­
cérité, Dieu l’aidera à parvenir au succès(le salut éternel). S’il choisit son
propre programme, Dieu ne l’empê­
chera pas de le réaliser,.mais l’homme
devra assumer les conséquences de son
choix ici- bas et dans l’au- delà. Si
Dieu veut, il le punira ou il le graciera,
s’il le veut. L’homme sage évite de
prendre un risque aussi grand devant le
tribunal du Seigneur Allah.
Quand l’homme, après réflexion ou in­
formation sur le programme de vie de
l’islam, le trouve clair, cohérent et vé­
ridique, il doit s’engager solennelle­
ment devant Dieu et devant les

hommes à vivre en musulman et à
mourir en musulman. Cet engagement
solennel s’appelle la conversion (la
TAOUBA) et se traduit par la pronon­
ciation du plus grand serment de la
vie du musulman : « la CHAHADAH »
oa l’ATTESTATION DE FOI ».C’est le
premier pilier de l’islam. C’est le pilier
des piliers de l’islam. Celui qui ac­
cepte l’islam de tout son cœur doit pro­
noncer la Chahadah devant témoin
musulman et immédiatement, il de­
vient musulman de plein droit. Il est
même purifié et blanchi de tout péché
commis dans le passé. Le compteur de
ses péchés est remis à zéro à partir de
l’instant où il devient musulman. En
revanche toutes, les obligations (prier,
payer, la zakate Jeûner, faire le pèleri­
nage, etc) du musulman lui incombent
désormais.
La formule de la Chahada est la sui­
vante « J’atteste qu’il n’y a pas de di­
vinité sauf Allah. Il est unique, sans
associé etj’atteste que Mohammad est
le serviteur de Dieu et son messager ».

Cette formule signifie :
-Je suis convaincu et j’accepte qu’Al­
lah est le seul Dieu qui existe et il n’y
en a pas d’autre ;
-Allah est Un et il est interdit de quali­
fier Dieu avec les autres chiffres ;
-Allah n’a pas de divinités intermé­
diaires ou auxiliaires et sa relation avec
l’homme est donc directe ;
-Je suis convaincu et j’accepte que
Mohammed est le Messager de Dieu;
je suis prêt pour appliquer le Coran qui
lui a été révélé et ses enseignements. II
sera mon meilleur modèle dans tous les
domaines de la vie ;
- J’atteste que Mohammad est un ser­
viteur de Dieu : il n’est pas venu rem­
placer Dieu, mais faire la volonté de
Dieu ; Je ne dois pas adorer le serviteur
de Dieu, mais adorer Dieu seul.
La chahaha peut se résumé
ainsi « : Dieu est U met Mohamed est
son messager. La partie « Dieu est
Un » s’appelle le Taouhid (mono­
théisme pur). C’est l’essence pure de
la foi musulmane. C’est-à- dire que le
musulman doit vivre pour Dieu et
mourir pour Dieu. Tout acte religieux(prière, zakate ; jeûne, pèleri­
nage. ..) qui n’est pas soutenu par une

I- ■

intention motivée par le TAOUHID est
une perte de temps.’ . f
En d’autres tenues, les intentions mues
par d’autres intérêts que le taouhid
n’ont aucune récompense auprès de
Dieu (dans la vie future).Leurs auteurs
se contenteront de récolter leurs fruits
éphémères dans la vie ici-bas, mais ils
n’auront rien dans l’au- delà. En effet,
le prophète Mohammad (paix et salut
sur lui) a dit : « les œuvres ne valent
que par l’intention ». C’est pour cela
que le Coran nous enseigne les paroles
suivantes : « « Dis : ma prière, mon sa­
crifice, ma mort et ma vie appartien­
nent à Dieu le Seigneur de l’Univers.
C ’est cela qu ’on m’a recommandé et
je suis le premier à me soumettre»
Coran (6/162-163).
La chahada nous recommande de
connaître Dieu d’abord, avant toute
chose et cela est appuyé par un hadith
du Prophète(psl)où le Seigneur Allah
dit ceci : « Connaissez-moi avant de
m’adorer.Si vous ne me connaissez
pas, comment allez- vous d’adorer ? ».
Le Taouhid est la science de la
connaissance de Dieu par excellence.
C’est en fonction de la connaissance de
Dieu, que l’homme lui réservera la
place qu’il faut, une place digne de son
unicité, de sa pureté, de sa grandeur, de
sa miséricorde et de sa toute puissance.
Inversement, celui qui connaît faible­
ment Dieu, risque de s’amuser avec
Lui, de lui manquer de respect et de
confiance. Le résultat sera un éloigne­
ment de Dieu par faiblesse de lafoi et
des actes illicites.
Le contraire du Taouhid c’est le
chirk(le fait d’associer quelque créa­
ture à Dieu, créant une dualité divine,
une trinitc divine ou une multiplicité
divine). Le Chirk est une négation du
droit absolu de Dieu et constitue le plus
grand péché dans l’islam. Le culte des
ancêtres et des saints comme le culte
des idoles relèvent du chirk. Poser un
acte d’adoration comme la prière, la
zakate, le jeûne, le pèlerinage tout en
ayant l’intention secrète de plaire aux
gens ou de se faire voir, relèvent éga­
lement du chirk. Tout acte d’adoration
qui n’est pas posé pour l’amour exclu­
sif de Dieu est entaché de chirk.

' L’Autre Regard- N°026 du05 mai

Dans cet ordre d’idées on citer d’autres
types de chirk ;
- Refuser la parole de Dieu par or­
gueil ;
- sacrifier un animal au non d’une créa? lure ;
-jurer au non d’une créature ;
-préférer le commande*'
des
hommes aux commande monts de
Dieu;
-consulter un charlatan pour découvrir
le secret du destin ;
-porter sur soi une amulette de protec­
tion ou de bonne chance ;
-demander une prière de guérison ou
d’aide à des religions sans TAOUHID ;
-demander l’aide des morts.
Le chirk est le destructeur des œuvres
d’adoration déjà accomplies. II pro­
voque la colère de Dieu et il n’est pas
pardonnable après la mort, si la per­
sonne qui l’a commis n’a pas pu se re­
pentir devant Dieu avant de quitter ce
monde.
Le chirk est une grande injustice, car
c’est attribuer le droit du Créateur
(Dieu) à une créature (serviteur de
Dieu).
Le droit de Dieu est d’être adoré ex­
clusivement sans association divine.
On peut encore rappeler le HADITH
dans lequel Dieu dit :« Connaissez-moi
avant de m’adorer. Si vous ne me
connaissez pas, comment allez- vous
d’adorer ? » La chahada est centrée sur
la connaissance et l’acceptation du
monothéisme pur(Taouhid) qui est le
droit absolu de Dieu sur lequel il n’y a
pas de compromis possible, comme le
Seigneur Allah lui-même le dit dans la
sourate 112 du Coran : « Dis : Dieu est
UN ; Dieu est Absolu ; Il n’a pas en­
fanté et il n’a pas été enfanté et il n’a
aucun équivalent ».
La connaissance de Dieu nous permet
d’être sérieux et concentré sur Dieu,
exclusivement, dans la prière, dans la
zakate ; dans le jeûne, dans le pèleri­
nage, dans tout acte d’adoration.sans
nous laisser distraire par nos intérêts
personnels ou les intérêts de quelques autres créatures de Dieu.Le Taouhid’fkr foi pv're) est le gage de l'élévation vers
Diéu et du salut éternel.

Que la paix et la bénédiction de Dieu
soient sur vous.
Ahmad ZIGRINI

juin 2015

Page 11

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Politique
CONSEIL CONSTITUTIONNEL

le CDP et ses alliés déboutés
Le Conseil constitutionnel a rejeté la demande des partis de l’ex-majorité, re­
lative à l’annulation des articles incriminés du code électoral. Le juge Kambou
et ses membres ne se sont pas cassé la tête pour rejeter ce recours en la forme.
En droit, la forme tient le fond en l’état. Chose que les avocats de l’ex-majo­
rité n'ignirent pas. L’on se demande comment ont-ils pu commettre une telle
bourde. À l’heure actuelle, les partis de l’ex-majorité ne peuvent compter que
sur le recours introduit ou qui est en passe de l’être à la CEDEAO pour inva­
lider ces articles à polémiques. Espérons que le droit sera dit comme il se doit
pour apaiser les tensions qui ne manquent dans les deux camps, les pro et les
anti-code électoral. Car la quiétude nationale en dépend.
Burkina Faso

Conseil constitutionnel

Unité - Progrès — Justice

'

Décision n° 2015 — 016/CC sur la requête en date du 10 avril 2015 signée
par Maître Anna OUATTARA - SORY pour le compte d*un collectif
<rAvocats et introduite au uoni de Monsieur SERE Adania et neuf (09)
autres, tous députés au Conseil National de la Transition, aux fins de voir
déclarer anticonstitutionnelles les dispositions des articles 135, 166 et 242 de
la loi n° 014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant Code électoral

Le Conseil constitutionnel,
Vu

la Constitution du 11 juin 1991 ;

Vu

la Charte de la Transition en date du 16 novembre 2014 ;

Vu

la loi organique n° 01 1-2000/AN du 27 avril 2000 portant composition,
organisation, attributions et fonctionnement du Conseil constitutionnel et
procédure applicable devant lui ;
la loi n°014-2001 /AN du 03 juillet 2001 portant Code électoral, ensemble

Vu

BOUDA Boubacar, OUEDRAOC.O François Dénis, SAWADOGO W. Raoul,
Snïdou, Mesdames KONSEIBO/KABRE Andréa Laurentine,
LOURE Awa et DRABO/KANYOULOU Joséphine, tous députés au Conseil
National de la Transition sont habilités ù saisir le Conseil constitutionnel en
application de l’article 157 ci-dessus cité ;

KABORF

Considérant que l’article 50 du Réglement intérieur du Conseil constitutionnel,
pris en application de Particle 52 de la loi urg,.nique n° 01 1-2000/AN du 27
avril ?000 portant composition, organisât?
•»t«rîbv:.ons et fonctionnement du
Conseil constitutionnel et procédure applicable devant lui. prescrit que " la
saisine du Conseil constitutionnel aux fins de contrôle de constitutionnalité ,
prévue par l’article 155 de la Constitution, est faite pur lettre dûment signée par
les autorités habilitées par l’article 157 de la Constitution.

Cette lettre indique, Je cas échéant qu’il y a urgence »’*

Considérant que la requête est signée pour l’ensemble des Conseils des députés
ci-dessus désignés, par Maître Anna OUA Fl ARA-SORY ; que Maître Anna
OUATTARA-SORY ne figure pas au nombre des autorités habilitées par la
Constitution à saisir le Conseil constitutionnel pour le contrôle a priori de la
constitutionnalité d’une loi ; qu’cti conséquence, la requête, n’étant pas signée
par les députés ci-dessus désignés, doit être déclarée irrecevable ;
Décide

Article 1er: la requête en date du 10 avril 2015 signée par Maître Anna
OUATTARA - SORY pour le compte d’un collectif d’Avocats et
introduite au nom de Monsieur SERE Adama et neuf (09) autres,
tous députés au Conseil National de la Transition, aux fins de voir
déclarer anticonstitutionnelles les dispositions des articles 135, 166
et 242 de la loi n°014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant Code
électoral est irrecevable.
Article 2 : la présente décision sera notifiée au Président duTaso, au Premier
Ministre, au President du Conseil National de la Transition et publiée
au Journal officiel du Burkina Faso.
Ainsi délibéré par le Conseil constitutionnel en sa séance du 05 mai 2015 où
siégeaient :

—7°^
fl-• ?> y

ses modificatifs ;

'Pu
Vu

le règlement intérieur du 06 mai 2008 du Conseil constitutionnel ;

Vu

la décision n° 2010- 005/CC du 24 mars 2010 portant classification des
délibérations du Conseil constitutionnel ;

v
Monsieur Kasso^m KAMRQ1L

-/ 7X- -n
Pli
•' /«TJ //

Président

J*"fl

Meni b res
Vu la requête en date du 10 avril 2015 signée par Maître Anna OUATTARA -

SORY pour le compte de la SCPA SOME et Associés, de la SCPA-SEA, de la
SCPA OUATTARA-SORY et SALAMBERE, de la SCPA YAMBAYAMEOGO et du Cabinet de Maître TOP, Flore Marie Ange, tous Avocats à la
Cour à Ouagadougou et introduite au nom de Messieurs SERE Adama, DABO
Amadou, DIABATE Amadou, BOUDA Boubacar, OUEDRAOGO François
Denis,
SAWADOGO
W. ) Raoul,
KABORE
Snïdou,
Mesdames
KONSEIBO/KABRE
Andrea
Laurenline,
LOURD
Awa
et
DRABO/KANYOULOU Joséphine, tous députés au Conseil National de la
Transition, aux fins de voir, déclarer anticonstitutionnelles les dispositions des
articles 135, 166 et 242 de la loi n°01d-2001/AN du 03 juillet 2001 portant Code

Monsieur Anatole G. T1ENDRHBF.OGO
Monsieur Botïraima CESSE

Madame Haridiata DÂKOURE/SERE

Monsieur Bamitié Michel KARAMA

électoral et enregistrée au greffe du Conseil constitutionnel à la même date à 10
heures 30 minutes ;

Vu les pièces jointes ;
Ouï

Monsieur Georges SANÆU

le Rapporteur ;

Considérant que suivant les dispositions de l’article 157. premier alinéa, de la
Constitution, « le Conseil constitutionnel est saisi par :
-

le Président du Faso ;
le Premier Ministre ;
le Président du Sénat ;
le Président de l’Assemblée nationale ;
tu. dixiéme (1/10) au moins des membres de chaque chambre du
Parlement » ;

Considérant qu’au regard des dispositions de l’article 12 de la Charte de la
Transition, « le Conseil National de la Transition exerce les prérogatives
défînter par la Charte et au Titre V de la Constitution du 02 juin 1991 à
.. ••on de celles incompatibles avec la conduite de la Transition » ;
Z

C. uddérunt que fie Titre V de la Constitution est relatif au Parlement ; qu’en
t vr éqi vnee Messieurs SERE Adnrna, DABO Amadou, DIABATE Amadou,

Monsieur Victor KAFANDO

Mousieur-Sîbîlii Franck COMPAORE
Monsieur G. Jerfff^uaptiste OUEDRAOGO
/ci'i

M.

Madame MttfTa Gore ni SAWADOGO
-Assistés de Monsiefltê

constitutionnel.

T

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

-\DOGO, Secrétaire général du Conseil

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L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

Page 13

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Interuiew

IMAM ISMAEL TIENDREBEOGO
e

n le Hamas, Bobo-baram, les Sbebabs etDaesh ne peuvent
Imam Ismacl Tiendrcbéogo, est l’un de ces jeunes musulmans qui font la fierté de la communauté. Il a su allier foi et connaissance empirique. C’est
un frère qu’on ne présente plus. Nous l’avons rencontré pour évoquer un certain nombre de sujets qui font l’actualité nationale et internationale.
Comme à son habitude, il n’a pas tourné autour du pot. C’est un entretien qu’on lit en un trait tant il y est dit de bonnes choses à savoir.
Qui esti’imam Ismacl Tiendrebeogo ?
Je suis Imam à l’AEEMB (Association des

élèves et étudiants musulmans au Burkina) et
au CERFI (Cercle d’études de fonnations et
de la recherche islamiques).

tache des autres groupes religieux quand les

sant de voir que le Général Charles de Gaule

parce qu’ils ne produisent pas d’effets posi­

acteurs qui promeuvent ces violences sont
issus de leur rang. Exemple, ZosephKoni en

avait dit à l’époque que si Israël se livre dans

tifs. Voilà pourquoi le Hamas a choisi cette
forme de lutte, ils sont en train d’entrer dans

RD Congo qui veut instaurer les dix com­
mandements de la bible a fait cent mille morts

et a enlevé soixante mille en les enrôlant dans
Quelle est votre situation matrimoniale ?
Une chose est sûre c’est que je ne suis pas cé­
libataire, je suis donc marié.
Vous êtes la voie autorisée lorsqu’il s’agit
de parler au nom des musulmans. Com­

ment avez-vous acquis ces connaissances ?
Je crois que je suis toujours en apprentissage.
C’est le prophète qui nous recommande de

transmettre, ne serait-ce qu’un verset, peu im­
porte la quantité, on est tenu de faire un rappel.
Je sais également que l’Imam Ghazzâli a dit
que la connaissance ou la sagesse est un rayon
de lumière que Dieu projette dans le cœur de
son serviteur humble. En restant humble et en
apprenant tout, en posant des questions sur ce
que l’on ne connaît pas, ça nous permet indi­
viduellement de comprendre notre religion et
de pouvoir parler à son nom.
Imam, parlons de certains concepts dont la
compréhension n’est pas donnée a priori
aux musulmans et même aux non-musul­
mans. Qu’est-ce que le terrorisme ?
Le terrorisme est une notion assez confuse
parce qu’il n’y a pas une convention interna­
tionale qui valide une définition consensuelle.
C’est aussi un concept qui est utilisé à tort et

son armée.Mais rarement on fera le lien entre
cette violence et la religion chrétienne. Il y a

aussi ce débat entre deux femmes publiques,
El izabetth Levi et l’autre dont j’oublie le nom,
celle qui contredisait Elizabetth Levi disait

que c’est l’Islam seul qui voit utiliser son nom
pour désigner l’extrémisme à l’instar de isla­
misme pour désigner le musulman qui serait
lecteur politique de l’Islam tandis que chez les
autres, on dira un extrémiste chrétien ou un
extrémiste Juif, il n y a pas un lien direct. Elle
dit de remarquer cet aspect,certainement l’his­
toire des uns et des autres notamment pendant
la colonisation. On sait qu’entre 1850 en
1950, on a écrit 60 000 livres pour dénigrer
l’Islam et les musulmans. Cette histoire colo­
niale a laissé des séquelles qui jusqu’à main­
tenant continuent d’alimenter certains qui
veulent enlaidir l’islam à travers ce que les uns
et les autres font. Il y a aussi qu’il existe des
groupes musulmans qui estiment que leur
droit n’est pas assez respecté et ceux que l’on
appelle la communauté internationale ne s’in­
téressent pas à leur cas, comme les Palesti­
niens qui luttent pour retrouver la terre deleurs ancêtres. Contre la privation et l’apar­
theid qui sont pratiqué sur l’eau par l’Israël au
détriment des Palestiniens et même le parle­

lk, .2 français comme il se

réclame lui-

îut-être en reliant la violence à
vil sait de par l’histoire et actuelp*. y a des cas de violence qu’on dé­

Cette corrélation est-elle faite à dessein ou
' est-elle basée sur des faits tangibles ?
Je crois que dans une certaine mesure c’est fait
à dessin, je vais vous renvoyer également à un
autre spécialiste français Dr. Pierre lia. Il est
spécialiste du mondialisme et de la mondiali­
sation. Il dit que si les gens s’attaquent tant à
l’Islam c’est parce qu’il n’est pas rentré dans
lesrangs et que l’église catholique, depuis Va­
tican 11, a accepté de se soumettre au diktat
du monde extérieur. Il y a un rouleau com­
presseur qui est lancé contre toutes les reli­
gions. La France était la fille aînée de l’église
catholique, actuellement, elle est le quatrième
pays le plus athée au monde. Les gens veulent
supprimer toute visibilité religieuse et réduire
la religion à la sphère strictement privée. Ils
veulent qu’il y ait une certaine laïcité qui n’est
pas une tolérance aux religions mais plutôt
une attaque contre tout ce qui est symbole et
expression de la religion. Chose qui ramène à

d’entrer dans ce schéma.
Maintenant pour ce qui est des groupes

comme les Shebabs, Boko-Haramou l’Etat Is­
lamique, en réalité ce ne sont pas des groupes

constitués d’autorités religieuses en aucun ter­
ritoire, ce sont des bandes de voyous dont on
ne connaît pas les motifs. En exemple, on sait
qu’au Nigeria, BokoHaram tue plus de mu­

sulmans que de non musulmans alors qu’on
sait qu’on ne doit pas tuer injustement quelle
qu’en soit l’appartenance religieuse des ups et
des autres.
Il faut aussi souligner que plus de 90% des
victimes du terrorisme sont musulmanes et au
nom de la lutte contre ce terrorisme, le Pakis­
tan, l’Irak, l’Afghanistan, ont totalisé plus de
1,3 millions de morts.
Pour ce qui est des groupes rebelles qui sont
en Syrie, il y a un rapport de l’ONU qui dit
que ce sont des groupes qui sont soignés en
Israël et cela me permet de paraphraser Odet
Yenon, fonctionnaire du ministère des Affaires
étrangères israéliennes qui avait dit en 1982,
que Israël devra sa survie au maintien de per­
turbation dans les nations arabes environ­
nantes. Lorsque Bernard Henri Levy a poussé
le gouvernement et Nicolas Sarkozyà entrer
en guerre en Lybie, il a dit qu’il a fait cette

Des groupes comme le Hamas, l’Etat isla­

Unis mettant enjeu leur droit de veto, finale­

avec l’Islam ?
D’abord le mot fondamentalisme a com­

ment il faut qu’ils se défendent parce qu’ils

mique, les shebabs, BokoHaram peuventils être mis dans le même sac ?

n’arrivent pas à accéder à leur droit. Ils ne

Pas du tout on ne pas les mettre dans le même

voient cependant pas leur action comme du
terrorisme mais plutôt comme une lutte pour
leur libération.C’est exactement comme Ids
Français qui ont lutté en 1940 contre l’occu­
pation Allemande. Cela a été perçu par les Al­
lemands comme du terrorisme alors que les
Français se perçoivent comme des patriotes

sac. Vous savez que le Hamas a été élu démo­
cratiquement. Il a obtenu 56°/G de* voix dans

ce sont des gens qui souffrent véritablement.
On sait également que Israël a été condamné
plusieurs fois par l’ONU, mais ce sont des ré­

même, qui dit que dans une frange de la
chrét ienté notamment dans une frange des ca­
tholiques il y a une islamophobie que l’on ha­
bille errrme on peut pour attaquer les

a pas une définition consensuelle du mot ter­
rorisme, c’est une menace ou une forme de
menace utilisée pour imposer une conduite à
quelqu’un et c’est un terme fourre-tout qui sert
à désigner négativement ses adversaires.

résolutions ne peuvent pas les aider, les Etats-

lence ou la menace de violence pour
pousserun groupe de personnes ou un Etat à
faire ou à ne pas faire quelque chose.

Ce que j’ai dit tantôt, c’est un concept qui est
utilisé pour servir des intérêts. Un excellent
o ;v age de M ichel Horcene, qui est un catho-

train de se produire. Pour me résumer, il n’y

les mécanismes
internationaux avec
l’OLP.Avec leur participation à la Cour pénale
intemationalerécemment, ils sont en train

guerre pour sa patrie et pour un autre Etat, tout
le monde sait son affiliation à Israël et au Sio^

ment Européen l’avait remarqué. Sur la terre,
l’habitant qui avait moins d’eau c’était un Pa­
lestinien de la bande de Gaza, pour dire que

Pourquoi fait-on systématiquement le lien
entre terrorisme ni islam ?

tions qui vont s’y opposer et qu’Israël taxera
de terroristes. C’est exactement ce qui est en

utiliser descaricatures pour dénigrer ou pour
rabaisser les religions afin que les convictions
religieuses aient la même valeur que n’im­
porte quelles convictions et qu’elles puissentfaire l’objet d’attaque et de sabotage.
Malheureusement certains de nos pays afri­
cains sont en train de les prendre pour modèle.

Mais de façon générale, on dira que le terro­
risme c’est toute les fois qu’on utilise la vio­

à travers quand l’on a ses intérêts compromis.

les territoires occupés à une politique d’occu­
pation, il va trouver en face de lui des popula­

solutions qui sont restées lettres mortes. Ceuxlà en désespoir de cause se disent que si les

luttant pour retrouver leur terre. Il est intéres­

les dernières élections. Us pensent servir les
intérêts de leur pays. On a vu avec l’OLP que
la politique de participation aux différentes né­

gociations ne donne rien depuis les accords
d’OSLO, les accords de CheirmeCheih. Des
accords qui se succèdent et qui se ressemblent

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

nisme, c’est dans l’intérêt de ce petit Etat
comme il a dit sur BFM TV et dans le site du

Figaro.fr.
Que faut-il entendre par extrémisme, fon­
damentalisme, traditionnaliste en rapport

mencé avec des Protestants américains et l’ex­
trémisme avec des Catholiques Espagnoles.
Les fondamentalistes étaient ceux qui refu­
saient qu’on soumette la bible à des critiques
littéraires des œuvres ordinaires et qu’il fallait
la prendre comme une parole divine et inspi­
rée.
L’extrémisme, renvoie à ceux qui vont au-delà
de la moyenne ou en deçà. Mais pour l’Islam

le prophète (psi) dit que nous sommes une re-

....

interview
ne permet pas ; dire tout sur les affaires publiques. On a vu par exemple en France, 1 loilande se plaindre du même

licion du iuste milieu et cela est revenu dans
,
V

Maintenant si extrémisme veut dire mettre en
pratique sa conviction religieuse, ça pose un

fait des caricatures sur l’avion qui s’
contre les montagnes. Le président

problème de définition.

sait que c’était indécent co»*-

■'’’’’attires,

Lui-même reconnaît qu’il ’• <
plus forte raison quand il s’agi'

uwm «édition a listes ?
C’est ceux qui retournent à la tradition cela

es à
.üw jon

est valable dans toutes les religions. Ils restent

et des convictions de quelqu’u.

et demeurent la source.

A cela, il y a deux conceptions qui s’opposent

Qu*est-ce que le radicalisme ?, le fana­

pensent que la religion est une inycntion pu­

dans la liberté d’expression. 11 y a ceux qui

tisme?

rement humaine et en tant que tell- m peut

Le fanatisme, c’est le fait de croire aveugle­

s’en prendre à cette invention et il y.

ment à des choses. Quant au radicalisme c’est

pensent que la religion est une révélation di­

.qui '

encore l’cxirémisme, il n’ y a pas de mar­

vine et qu’il ne faut pas s’amuser avec. Il faut

chandage dans sa foi.

respecter les gens dans leurs convictions reli-

Pour toutes ces définitions, nous, musulmans,
nous ne les acceptons pas. On est musulman
entièrement à l’instar du verset qui nous com­

moment,

une partie du Mali n’était pas

corps fiévreux qu’il est fautifde la fièvre. Non

mande de rentrer dans la foi entièrement. Il n’y

concernée par certaines decisions,la sensation

c’est un agent extérieur qui a provoqué la fiè­

musulmans sur l’affaire Charlie llebdo ?

On ne vous a pas senti ? Pourquoi ?

Votre réaction par rapport à la réaction des

a de musulman à 30%.

du pouvoir central n’existe pas et ces per­

vre. Pour venir à bout, il faut sensibiliser et ex­

pliquer le message de l’Islam et donner des

La même question m’avait cté posée sur Bo- -

Enfin, qu’est-ce qu’un islamiste ?

sonnes oubliées ne bénéficiaient pas de l’ac­
tion du pouvoir public, ça peut être un terreau

solutions aux problèmes réels qui sont posés,

koHaram, quelqu’un m’avait demandé si je

Selon certains, c’est le musulman qui fait une

facile. Secondo, il y a aussi certaines frustra­

comme le cas de la Palestine qui est un pro­

lecture politique de l’Islam. Dans une pers­

tions qui peuvent naître, quand certains

blème réel depuis 1947. Il faut des procédures

me désolidarisais avec BokoIIaram. Ma ré­
ponse était que je n’étais jamais solidaire de

pective laïque, on estime que la religion est

groupes sont violents et que les voies ordi­

inclusives, il ne faut pas que dans un Etat

ce groupe, qui dit que l’instruction à l’occi­

cultuelle et qu’elle doit se confiner aux aspects

naires de recours sont inopérantes, on peut fa­

donné on ait l’impression que telle partie de la

dentale est Haram, pourtant moi j’ai fait mon

personnels et le champ public doit être laissé
à l’autorité publique. L’islamiste refuse cette

cilement avoir recours à la violence.
L’instrumentalisation peut être une voie, cer­

population vit mieux par rapport à une autre.
Alain Chuct, qui est un ancien chef des ser­

cursus ordinaire dans le système occidental

vices de renseignements français dit que Bo-

continue de me former. Cela veut dire déjà

koHaram au début avait des revendications

qu’on ne partage pas la même conviction.

séparation.
Peut-on assimiler salafiste à islamiste ?

taines rumeurs ont couru par rapport à l’Etat
Islamique. 11 est dit que cette organisation a

légué par la colonisation au Burkina et je

été mise en place par des groupes des pays
Occidentaux sous le nom de baptême de nid

sociales,ils n’ont pas été entendus et ils se sont

Techniquement, on ne peut assimiler salafiste

radical isés et on a tué leur chef à Maidiguru et

L’Arabie Saoudite et quelques Etats vien­

et Islamiste parce ce que le premier c’est le

de frelon, pour dire c’est un groupe qu’on a

les Aboubacar Sekau ont pris la chose et on

nent de déclencher une guerre contre les

traditionaliste et c’est celui qui se réfère au

créé pour fatiguer et tuer les musulmans.

voit la violence qu’ils sont en train de semer

chiittesOutis du Yémen ? Cela est-il oppor­

salaf, (les devanciers), on sait que le prophète

Quand vous regardez, ça concerne l’Irak , la

un peu partout.

tun selon vous ?

(PSL) a dit que la meilleure communauté c’est
la mienne puis celle qui va suivre et ainsi de

Syrie et bien d’autres. Sans oublier que le rap­
port de l’ONU indique clairement que des re­

Il y a une certaine opinion qui appelle à af­

qu’on n’a pas tous les éléments en mains. De

suite. Le prophète a dit que ces compagnons

belles syriens sont soignés en Israël et ramenés

franchir l’Islam de ses textes que sont le

prime à bord, un musulman qui attaque un

sont des étoiles, lequel d’entre eux que vous

sur le territoire syrien pour continuer le com-

Coran et les traditions du prophète pour

autre musulman alors qu’on sait ce que le pro­

prendrez, vous serez guidé. On doit se référer

batAvec toute cette lecture, on ne sait pas le

l’adapter aux desideratas du monde actuel.

phète (psi) a dit des yéménites, de la préser­

à ces deyanciers-là. Donc, techniquement tous

vrai du faux. On sait qu’un groupe qui se ré­

Quel est votre opinion sur cela ?

vation de la foi qu’ils ont, ça pose problème.

les musulmans sont des salafistes. Maintenant,

clame de F Islam, qui n’a aucune fonction que

C’est ce que j’ai dit tout à l’heure, c’est le rou­

L’Arabie Saoudite et les autres disent qu’ils

il y a plusieurs types de salafistes à l’instar des

de tuer et combattre sans cesse, alors qu’on
sait que le prophète (psi) interdisait de tuer les

leau compresseur qui est lancé où les musul­

s’en prennent à des rebelles Chiites qui ont

mans, chrétiens sont touchés. En réalité, les

chassé du pouvoir le président qui était là.

civils, les vieillards et ceux qui sont concentrés

musulmans n’ont pas fait leur Vatican II. Par

Dans ce types d’attaques à l’instar de la guerre

C’est ce qu’on aperçoit lorsqu’on écoute

dans leur adoration. On se pose des questions

ce biais, l’on vise l’implosion de l’Islam afin

du golfe, les Etat-Unis ont dit aux Saoudiens

certains médias internationaux ?
Je crois que c’est volontaire, c’est pour déni­

si ces gens sont réellement musulmans.

qu’il y ait plusieurs tendances en son sein.

qu’en fait, il y a des aimes irakiennes pointées

Certains vont appeler à une autre lecture pour

sur l’Arabie Saoudite pour les pousser à hé­

grer l’Islam. II faut aussi noter que certaines

qu’on adapte l’Islam à ceci ou à cela. Si les

berger chez eux des bases militaires. Donc, il

autorités musulmanes prennent pas ce pro­

nous faut toutes les informations né-ev - tires

musulmans. Où il y a une possibilitéreligieuse

Quelles sont les conséquences-du djiha­
disme pour la religion musulmane et les
musulmans ?

blème à bras-le-corps, si bien continuent de

C’est la mauvaise peinture de l’Islam, la perte

rester dans leur coinet qu’ils laissent les autres

pour tirer au clair cette affaire au Yéi n.
bien dommage !

. ' est

d’adopter plusieurs points de vue, eux ils veu­

Bur­

salafistesréformistes, littéralistes etc.

salafistes posent problème au sein même des

On ne peut pas donner un avis éclairé tant

lent en imposer un seul, qui serait celui de leur

en vie humaine et c’est la dislocation des Etats

s’exprimer à leur nom, la division va s’opérer

maître à penser ou de leur école juridique, cela

musulmans. Quand vous prenez les pays mu­

dans leur rang sans qu’il y ait vraiment de so­

Comment vous appréciez l’Islam

pose véritablement un problème chez les mu­

sulmans, il y en a très peu qui ne sont pas en

lutions. Le prophète (psi) a dit qu’il ne restera

kina ?

sulmans.

guerre.
Quand vous prenez, l’Irak, le Yémen actuel

de l’Islam que son nom, c’est une prédiction

Malgré le poids parce que les musulmans font

prophétique qui est en train de s’accomplir si

60,5% de la population,ils ne sont pa> \ bibles,

De votre point de vue, quelles sont les

ou le Soudan, ce ne sont pas les musulmans

on n’y prend garde.

et cela pour trois raisons !

causes de l’Islamisme radical ? Comment

qui ont créé les troubles, ce sont les Etats-Unis

peut-on y venir à bout ?

en 2003 qui ont envahi l’Irak pour une histoire

En tant que juriste, la liberté d’opinion per­

Les causes sont nombreuses.D’ordre local,

d’armes de destruction massive. Les musul­

met-elle de dire tout même sur Dieu et sur

sonnage qui peut parler et rassemble! les mu­
sulmans. C’est la FAI B (fédéra'ion des

Texclusion de la gestion publique, comme

mans étaient là mais il n’y avait pas de pro­

les prophètes de Dieu ?

cela s’est vu au Mali. On sait qu’à un certain

blème. C’est comme quand vous dites à un

D’abord dans un Etat, la liberté d’expression

L’absence d’un leadership, il tf \ a pas un per­

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

Suite page 16

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*

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Suite de la page 15

associations islamiques), qui pouvait le faire,
mais qui ne fonctionne pas en plein régime
parce qu’il y a des commissions techniques
qui n’ont pas éternises en placc^Lc problème

de leadership est posé.
Nous avons des personnalités, des commer­
çants et autres riches. Malheureusement, nous

avons un grand nombre d’eux qui vivent en
deçà de la'pauvreté, pour dire qu’il n’y a pas

nous avons connue. Le
souhait est que la transition

communauté musulmane. Quel peut être le

porte les fruits de la pro­

D’abord, ce n’est pas un contrôle de discours

bien-fondé d’une telle institution ?

messe, les changements

dans les mosquées. C’est un observatoire na-

politiques que les gens ont

tioi ?.! ues lait* religieux. Parce que nous avdhs

voulus que eJa puisse se

estime que lorsquçjc CSC a convoque lu TV

réaliser pour que ce ne soit

Al I louda par rapport à ce qu’Abdoul Madjid

pas un rapport de force dé­

avait dit sur Jésus que le CSC n’a pas forcé­

favorable à la majorité des

ment les compétences pour apprécier ce

Burkinabé. On doit tous

contenu parce que le Savant n’a pas dit autre

s’impliquer pour le meil­

chose que ce que le Coran a dit. Si on doit
convoquer une télé pour lui faire des re­

cette solidarité qui devrait permettre aux mu­
sulmans de mettre en place des structures de

leur au profit de tous.

santé et d’éducations, qui permettent aux gens

Aujourd’hui, il y a des

Coran, ça peut cire dangereux. Nous avons es­

proches sur quelque chose contenu dans le

de se scolariser conformément à leur convic­
tion. Ce qui pousse les musulmans à aller dans
d’autres écoles. C’est cette inquiétude qui

récriminations de la part

timé que le CSC, le MATDS

de certains acteurs et

puisse avoir une structure où les représentants
des différentes religions vont mieux apprécier

avait poussé le mouvement Sunnite en 1950 à

Communauté internatio­

le discours religieux qui est diffuser sur les

Bobo à créer des Medersa.

nale sur certaines déci­

médias, c’est un peu ce but. C’est une struc­

Actuellement le même problème se pose

sions des autorités de la

ture de veille.

parce que certains utilisent les affaires sociales
pour convertir les musulmans à autre chose, il

transition.

même une part de la

et s’organisent.

se renouveler depuis ; elle n’a pas pu. Ensuite,
elle n’a pas pu mettre en place certaines struc­

Dernier élément, c’est ,’abscnce de l’éduca­
tion, les musulmans ne sont pas éduqués.

tures spécialisées, comme je l’ai dit. Le prési­
dium nous réunit pour donner des directives

Dans une famille, on naît musulman, vous

par rapport à telle question d’intérêt national et
telle ou telle sollicitation. Elle ne fonctionne
pas tel qu’on aurait voulu parce qu’il y a des
commissions techniques qui ne marchent pas
encore, mais elle fonctionne déjà.

faut que les musulmans prennent conscience

avez des musulmans culturels, papa et grandpère sont musulmans et nous-mêmes ne sa­

vons rien de l’islam, parce qu’on n’intègre pas
la dimension éducation des valeurs religieuses
de l’éducation. Les parents ont démissionné

Je

à l’époque

prends

pour exemple le Code

Le Burkina est laïc, mais beaucoup de filles

électoral. En tant que ju­

musulmanes reçoivent des brimades par

riste et prédicateur, quel est votre com­

rapport au port du voile dans les lieux d’en­

mentaire sur cela ?
Pour ce qui est du code électoral, je l’ai dit,
c’est le rapport de force du moment qui pose
un certain contenu au code. Il faut vérifier
qu’on n’est pas injuste avec ceux qui sont en
face. Lors de la mise en place d’une structure,
on avait discuté de cette question avec Luc
Ibriga. Nous nous disions que l’exclusion

seignement. Les cas sont légions à Ouaga­
dougou mais surtout en province. Que
faites-vous pour que la loi soit respectée ?
Toute les fois qu’on a l’occasion de revenir
dessus, on en revient, pour dire que quand on
dit que le Burkina est laïc ça ne signifie pas
que le pays est sans religion. La laïcité signi­
fie que l’appareil d’Etat se tient à équidistance
avec les affaires religieuses et que la religion

Que doit-ctrc le rapport du musulman et
les autres composantes de la société ?

n’est pas une bonne chose et que tous n’ac­
cordent pas le même contenu à l’exclusion.

Techniquement il n y a aucun problème entre
musulman et un non- musulman. Si vous re­
gardez la sourate 60, Dieu dit :« Il ne vous est
pas interdit d'être bienveillants envers ceux
qui ne vous ont pas combattus pour votre re­
ligion et qui ne vous ont pas expulsé de vos

Quand on exclut des individus par une loi

sauf si

électorale en disant que c’est des personnes
qui ont soutenu la modification de l’article 37
et en oubliant de préciser que ce sont des in­
dividus qui ont agi avec un mandat politique
de leur structure quelque pari, on les fait un

santé et les bonnes mœurs. Ce sont ces trois
exceptions qui peuvent obliger l’Etat à s’in­

pour s’affirmer davantage dans ce pays ?

demeures. Soyez justes car cela est plus

procès sur leur responsabilité individuelle,

Quand on voit que de plus en plus les

jeunes musulmans ne manquent pas d’af­

proche de la piété ». Ces versets montrent aux
musulmans d’être justes et qu’ils leur est in­

firmer leur ras-le-bol face à certaines si­

terdit d’être injustes envers quelqu’un parce

alors qu’ils ont agi au nom de la structure.
Il est aussi à noter que ce sont des mesures ex­
trajudiciaires. Finalement, on va dire que c’est

tuations ; On l’a vu au moment des

qu’il n’est pas musulman.
En plus, nous avons une certaine tradition de
cohabitation pacifique inter-religieuse des uns

soit par ce qu’ils n’ont pas la science, ou par
manque de volonté, ou par manque de temps.
On laisse les enfants qui se disent musulmans
qui plus tard deviennent autre chose. Notre
problème est lié au leadership, à l’organisa­
tion et à l’éducation.
Qu’est-ce qui manque aux musulmans

nominations par exemple.
Plusieurs personnes ont déversé leur ras-le-

et des autres dans les limites de ce que per­
mettent les différentes religions. En matière de

On dénonce cela, tant que ces cas se signalent.

son église, le journal l’évènement est revenu
sur les nominations en fonction d’apparte­

trui. Cela fait partie des conditions de la foi.

marque, l’UPC, Siaka Coulibaly et bien d’au­
tres en disant qu’il faut qu’on ait l’impression

nance religieuse, etc. Ce n’est pas une bonne
chose parce que le Burkina Faso appartient à
tout le moiv’\ Ce n’est pas juste qu’on ré­
serve des postes à ses coreligionnaires. Si nous
musulmans, on se désintéresse de la politique,
d’aut. es personnes vont le faire à notre place.

qui dort le ventre plein tandis que son voisin

est affamé ». Ce propos ne fait pas cas de mu­

qy’il s’agit d’arrestation ciblée sur un groupe
donné. Il faut fhire attention parce qu’on a tra­

sulman mais plutôt de toute personne.

versé une zone de turbulence il v a eu beau­
coup de dommages et de î •

,t suffisant,

il ne faut pas que ccs’morts le soient pour rien.

de transition. Votre appréciation des évè­

Une transition stable, de bonheur et plus de

nements des 30 et 31 octobre 2014.

croissance pour le peuple.

tuelle ?

Quand on ne prend pas en compte les aspira­
tions d’un groupe, ça peut dégénérer et aboutipsouvent à une situation comme celle que

i. ; .. ur <1 uoi elle a été constituée ?
Dii plomb dans l’aile parce qu’.clle aurait dû

'

Le Burkina Faso se trouve dans une phase

C ; . faut-il pour lui permettre d’assumer

On sait aussi que le Burkina a ratifié la

musulmane d’aller à l’école avec son voile.

des vainqueurs. Des diplomates ont fait la re­

l’impression qu’elle a du plomb dans l’aile. *

que collective de son appartenance religieuse.

scs droits civiques et juridiques peut prendre

a dénoncé le fait que Zida nomme les gens de

Quelle est votre analyse sur la transition ac­

pression privée et publique tant individuelle

convention de l’ONU sur l’interdiction de la

culte, il n’y a pas d’interférence. Pour le so­

L’imi. î, parlez-nous de la FAIB . On a

On sait également que la déclaration univer­
selle des droits de l‘homme en 1948 dit que
les droits de l’homme, c’csde respect de j’ex­

discrimination. C’est normal pour une fille

cial, il est exigé d’apporter son soutien à au­

Le prophète (psi) dit, « n ’estpas croyant celui

terférer dans la religion.

clut, mais on sait qu’un Burkinabé qui jouit de

la gestion de la chose publique. Etienne Traoré

pas d’cthnicismc ou de clivage religieux dans

iécurité publique est menacée, la

la volonté du peuple qui voudrait qu’on les ex­

part au processus démocratique et si une loi
cible des individus sans donner des critères
précis, on a l’impression que c’est une justice

bol, le Cardinal a demandé à ce qu’il n’y ait

n’intcrfcrc pas dans le politique et vice versa,

Il a été mis en place par le Gouvernement
une sorte de contrôle du discours reb’gicux
dans les médias et dans les mosquées, vous
êtes d’ailleurs l’un des représentants de la

L’Autre Regard - N°026 du 05 mai au 05 juin 2015

Avez-vous, pour terminer, des conseils ou
des prières pour les autorités de la Transi­
tion dans cette période de l’histoire de notre
pays?

Bien évidemment, c’est de leur demander

d'etre humbles, d’écouter la masse. C’est déjà
fait, il faut exceller davantage. Quelqu’un di­
sait que la différence entre un 1 >i.,mc poli­

tique et un homme d’Etat, c’est que l 'homme
politique pense à la prochaine élection et
l’homme d’Etat pense à la prochaine généra­

tion. Donc, c’est de faire une projection pour
un Burkina émcigcnt et prospère pourvus fils
et filles.

Entretien réalisé par
ÀrounaGuigma ;

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