La Preuve #9

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Title
La Preuve #9
Creator
La Preuve
Date
July 2008
issue
9
Rights
In Copyright - Rights-Holder(s) Unlocatable or Unidentifiable
Language
Français
Contributor
Louis Audet Gosselin
Wikidata QID
Q114034246
extracted text
Violences Xénophobes
en Afique du Sud

Si
la honte
tuait...

Le viatique
du
musulman

ditorial
éjà un an que
Tertius Zongo
est chef du gou­
vernement ! Un
aura été marqué par une
présence
médiatique
excessive, des déclara­
tions permanentes, une
parole omniprésente ; en
somme, une communica­
tion quelque peu envahis­
sante. Et c'est encore par
la parole que le premier
anniversaire de son arri­
vée à la tête du gouverne­
ment a été célébré. S'il est
vrai qu'aucun
bilan
sérieux ne peut être fait
en un an, on se risque
néanmoins à jeter un
regard critique sur l'ac­
tion de ce premier minis­
tre aux méthodes révolu­
tionnaires, à l'aura remar­
quable, à la parole facile
mais à l'action timide.

D

Tertius Zongo à la
TÊTE DU GOUVERNMENT

Parler,
ce n’est
pas agir !

2

Qu'est ce qui a donc
changé avec Tertius
Zongo ? Très médiatisé et
manipulant avec aisance
et conviction le langage,
le premier ministre
Zongo rassure. Et il ne
manque pas l'occasion de
se prêter à ce jeu favori
sachant que c'est son
principal atout et...son
unique arme. Car quand
on cherche plus loin dans
l'horizon des actions qu'il
a posées, il n'y a rien à se
mettre sous la dent, si ce
ne sont encore que des
déclarations de bonnes
intentions en matière de
lutte contre la corruption,
de diminution du train de
vie de l'Etat, d'améliora­

tion
des
conditions
d'étude au supérieur...
même quand on se met à
des étudiants et
anréprimer
qui
à fermer l'université de
Ouagadougou.
En tout état de cause, les
nombreux Burkinabè qui
ont fondé un espoir
immense en Tertius
Zongo continuent d'atten­
dre et commencent même
à douter. C'est trop tôt
mais ils peuvent avoir
raison quand on remar­
que que les populations
sont encore plus confron­
tées à des problèmes pri­
maires comme la santé,
l'éducation, l'alimenta­
tion, le chômage...

Mais pourquoi ça na pas
changé ? Parce qu'on a
placé beaucoup d'espoir
en une personne dont la
marge de manœuvre est
réduite au regard des obs­
tacles qui se dressent
contre lui au niveau
national et international.
D'abord, la crise écono­
mique internationale dont
la forme la plus perverse
est la vie chère, aura gra­
vement entravé l'action
du gouvernement Tertius
qui au lieu de se consa­
crer à ses préoccupations
et ambitions premières
doit juguler une crise
dont il a très peu d'em­
prise.
Ensuite le Burkina Faso
vit depuis quelques
années une crise pro­
fonde de l'Etat. Très peu
de
citoyens
croient

encore à l'Etat qui parait
désormais à leurs yeux
comme un machin, un
système qui sert un
groupe d'individus au
détriment de la majorité.
Et cela est consécutif à
l'injustice, l'impunité, le
népotisme, le favori­
tisme, la mauvaise ges­
tion... entretenus et éri­
gés en principe depuis
des années. Ainsi, le
changement ne sera pas
le seul fait de Tertius et
de son gouvernement,
c'est un changement glo­
bal et profond qu'il faudra
opérer. C'est à tous les
Burkinabè qu'il revient
d'œuvrer pour apporter ce
renouveau tant attendu.
Mais en attendant, c'est le
gouvernement et son chef
en premier qui doivent
tracer la voie et encadrer
l'action des autres mail­
lons de la société.

Cette responsabilité doit
se manifester à travers
une répartition équitable
des richesses nationales
et la création d'espace de
liberté et de démocratie
dans lequel tout le monde
a le droit d'agir, de pen­
sée différemment et libre­
ment. Et ce n'est pas seu­
lement en parlant qu'on
parviendra à de tels résul­
tats mais en accompa­
gnant la parole de l'ac­
tion. C'est en cela que
parler seul n'est pas
agir.®
La rédaction

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

Preuve évidente

Face à l'épreuve...
=====

l’ar l'Imain

" Très certainement, nous vous éprouverons par un peu de
peur, de faim, de diminution de biens, de personnes et de
fruits ; et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent,
quand un malheur les atteint : "certes nous sommes à Allah,
et c'est à Lui que nous retournerons. Ceux-là reçoivent des
bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde et
ceux-là sont les biens guidés" " SU V155, 156,157
es versets introduisent la
(dans ce monde) ou dans le futur
notion d'épreuve en
(l'au-delà) des difficultés. On dis­
Islam. Ces épreuves sont
tingue deux types d'épreuves en
au nombre de cinq (5) dans
ce : les épreuves rudes, diffi­
Islam
verset : la peur, la faim, la dimi­
ciles et les épreuves douces qui
nution de biens, les pertes d'hom­
plaisent à l'âme. Ce verset cite en
mes (ou femmes), la diminution
fait la première catégorie des
des fruits (légumes, récoltes,
épreuves, les épreuves rudes et
plantation,...). Il est évident que
difficiles. La peur, la faim, la
ce verset ne fait pas l'exhaustivité
diminution de biens, les morts
des épreuves qui pourraient tou­
d'hommes ou de femmes, la
cher le croyant dans sa longue
diminution des fruits,... elles
marche vers Allah. Tout d'abord,
sont plus difficiles à supporter,
avant de parler des différentes
plus difficiles à vivre. Et chaque
sortes d'épreuves, définissons
croyant doit être préparé à les
d'abord ce qu'est l'épreuve en
affronter. " Nul malheur n'at­
Islam
teint la terre ni vos personnes,

C

Il s'agit d'une situation de gène,
d'incommodité, de difficulté,...
mais il peut aussi s'agir d'une
situation de plaisir ou d'aisance,
qui engendre immédiatement

La Lreuve
Récépissé de déclaration
N°1862//CA-GI/OUA/PF
. du 27 juillet 2007
ISSN 0796-8426

Tel. 50 37 94 30
Cell. 70 75 54 85
Email : preuve20Q7@yahoo.fr
Directeur de Publication
Mikaïlou Kéré
Secrétaire de rédaction
SiakaGNESSI
Responsable commercial
Moussa BOUGMA
Mise en page et impression
Altesse Burkina 5039.93 10

Nombre de tirage

1000 exemplaires

qui ne soit enregistré dans un
livre avant que Nous l'ayons
créé. Et cela est certes facile à
Allah, afin que vous ne vous
tourmentiez pas au sujet de ce
qui vous a échappé, ni n'exul­
tiez pour ce qu'il vous a donné.
Et Allah n'aime point tout pré­
somptueux plein de gloriole "
S57V22

Ce verset en dit long. Chacun être
humain est confronté aux épreu­
ves difficiles, d'après ce verset
selon l'activité qu'il exerce. On
peut aisément remarquer que la
diminution de biens, de fruits ne
peut toucher directement l'élève
ou l'étudiant. Ceci parce qu'il
n'entretient pas un rapport direct
avec la terre, encore moins avec
les marchandises. Par contre
l'échec scolaire ou académique le
touche directement. C'est là son
épreuve dure. La diminution des
fruits et de récoltes concerne le

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

paysan ou le cultivateur, la dimi­
nution des biens, des marchandi­
ses concerne le commerçant, le
manque de promotion concerne
le fonctionnaire,.. .En fonction de
la situation, en fonction de ce
qu'on est ou exerce dans la vie,
on peut être confronté à telle ou
telle épreuve !
Une autre dimension des épreu­
ves rudes, ce sont les morts
d'hommes ! Personne ne peut res­
ter indifférent tellement la
secousse est durement et double­
ment ressentie. Premièrement
parce qu'on sent très vite le vide
que cela créé moralement et
matériellement et deuxièmement
à travers cette épreuve, on médite
sur son propre sort. Si de telle
situation m'arrivait tout de suite
comme lui, que vais-je répondre
à mon Seigneur ? Est -ce que mes
actions me permettent d'entrer au

Allah précise que ceux qui adop­

teront un tel comportement ont la

foi, sont réellement des croyants
et ils seront récompensés auprès

d'Allah le jour des comptes :

"Ceux-là reçoivent des béné­
dictions et la miséricorde de

leur Seigneur, ceux-là sont les
biens guidés" S2V157.

La deuxième catégorie d'épreu­

ves que nous avons qualifié
d'épreuves douces regroupent par
exemple, la réussite scolaire ou

académique,

l'obtention

de

diplôme ou d'emploi (c'est selon),
la promotion au service, l'obten­

tion de bénéfices, l'abondance de
biens, de récoltes, et surtout pos­

séder beaucoup d'épouses et d'en­

fants,. .. tout cela est perçu par les

gens comme les indicateurs de la

paradis ? Est-ce que j'aurai la
miséricorde de Dieu ?...

réussite sociale. Tout naturelle­

Par ailleurs, en situation de perte
d'hommes ou de femmes, d'amis,
de proche, c'est la recherche des
mobiles de la mort, des circons­
tances de la mort. On se met le
plus souvent à accuser les autres.
Dans la société traditionnelle, il
n'y a jamais de mort naturelle,
tout décès est justifié et est causé
par une tierce personne. D'où les
pratiques dites de "pendaille en
mooré" qui consiste à transporter
le corps et d'aller de personne en
personne pour identifier l'auteur

Tout ceci, plait à l'âme, à l'être

du défunt. C'est pourquoi Allah
nous dit tout simplement dans ce
verset : "Et fais la bonne
annonce aux endurants, qui
disent quand un malheur les
atteint "certes, nous sommes à

Allah et c'est à Lui que nous
retournerons" " SHV156.

ment, on préfère cette situation.
humain, mais Allah nous pré­
vient que ce sont des épreuves et

par conséquent d'exulter dans la
proportion ; sinon, ils peuvent se

retourner contre nous ou causer
notre propre perte. Au sujet des

biens et des enfants (et même des

épouses), Allah nous prévient
qu'ils sont pour nous une tenta­
tion (Coran, S64V 14-15).Nous

comprenons à travers ces versets
que le musulman doit être tou­
jours sur le qui vive. En cas de

bienfaits, savoir remercier et par­
tager avec les autres et en cas
d'épreuves savoir patienter et
endurer...

Qu'Allah

nous

assiste.!

3

religion de vérité
Le viatique du musulman
i

Par Cheick Albayan

n viatique est la lifération de sectes et de
provision dont voies
de spiritualité
un voyageur doit musulmane non ortho­
se doter tout le long de
son ayant des visés
doxes
trajet. La vie du musulman matérialistes ou mysti­
dans le monde ici bas étant ques. Mais en tant que
un voyage vers la vie éter­ croyant, le musulman doit
nelle et la félicité, il doit se être vigilant et s'efforcer
prémunir du nécessaire de se construire un chemin
pour parvenir à bon port. clair dans la recherche de
Et les provisions de ce l'amour et de l'agrément
voyage, ne sont ni les de Dieu. Pour cela, il doit
nombreuses femmes, ni se définir un viatique qui
les nombreux enfants, ni sera sa référence quoti­
la grande fortune, ni le dienne. Il est bien vrai que
pouvoir ici bas. Ce qui les textes religieux ont
compte auprès de Dieu déjà tracé la vie des
pour embarquer dans le croyants, mais il n'est pas
train du paradis est la exclu de le rappeler toutes
piété. Dieu le dit en ces les fois où l'occasion s'y
termes : " ...Et prenez vos prête car Dieu dit " et rap­
provisions; mais vraiment pelles, car le rappel est
la meilleur provision est la profitable aux croyants
piété. Et redoutez-Moi, ô ".C51V56. C'est en cela
doués d'intelligence ! " que nous voudrons ici
apporter notre modeste
C2V197. De même, le
contribution.
prophète Abraham invo­
qua Dieu dans ce sens en
De la définition
ces termes : " et ne me
de la piété
couvre pas d'ignominie, le
jour où l'on sera ressus­ La piété ou la crainte de
cité. Le jour où ni les Dieu traduit l'état des rap­
biens, ni les enfants ne ports qui existent entre un
seront d'aucune utilité, homme et Dieu. Un
sauf celui qui vient à Allah homme pieux est celui qui
avec un coeur sain. On craint Dieu, qui vit pour
rapprochera alors le Para­ Dieu et en Dieu. La piété
dis pour les pieux et l'on est donc la meilleure rela­
exposera aux errants la tion possible que l'on
puisse avoir avec Dieu : "
Fournaise " C26V88-91.
Le plus noble d'entre vous,
Il est vrai que le monde auprès d'Allah, est le plus
actuel nous offre tout sauf pieux. Allah est certes
la piété. Puisse que l'on est Omniscient et Grand
tenté de construire un Connaisseur ".C49V13.
monde sans Dieu! Par ail­ C'est à cet état que Dieu
leurs, on assiste à une pro- nous incite à parvenir à

U

4

maintes reprises à travers
le Coran. Il dit : " ô les
croyants ! Craignez Allah
comme II doit être craint.
Et ne mourez qu'en pleine
soumission
".C3V102.
Ainsi définie, la piété ne
veut pas dire se contenter
de prier encore moins se
dire simplement musul­
man sans pratiquer. Loin
de là, elle est un vécu quo­
tidien marqué par des
efforts permanents et
croissants pour acquérir le
self-contrôle (la maîtrise
de soi) dans sa vie jusqu'à
réaliser la présence de
Dieu dans ses gestes, ses
propos et dans ses pen­
sées. En d’autres termes, la

spiritualité musulmane
donne un sens à tous les
actes du film de la vie de
l'individu croyant et cela
suivant les directives divi­
nes. Elle aboutit inévita­
blement à l'assainissement
du cœur, à l'élévation au
grade de fidèle (almounine), à la paix intérieure
et à l'amour de Dieu. Le
problème est de savoir
comment parvenir à cet
état ?
Du cheminement
vers la piété

C'est un combat hardi
contre nos propres pen­
chants et un refus d'être
embarqué par la vague du

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La Preuve n° 009 - Juillet 2008



religion de vérité

conformisme el du maté­ quand on veut goutter à la temps mais il faut le faire nous résume tout cela de
rialisme à laquelle nous piété. Pour y parvenir, progressivement les unes façon éloquente dans le
mène le monde dit de glo­ chacun doit se doter d'un après s'être approprié des verset suivant : " La bonté
balisation et de mondiali­ programme minimum pré­ autres.
pieuse ne consiste pas à
sation. C'est un exercice cis et évaluable à des
tourner vos visages vers le
d'autodiscipline nécessi­ échéances précises. Ce Le musulman, dans sa Levant ou le Couchant.
tant un engagement ferme programme évoluera en quête de piété doit avoir Mais la bonté pieuse est de
à progresser vers Dieu et à fonction de la maîtrise et une intention pure pour
croire en Allah, au Jour
vivre conformément à ses de l'acquisition dans ses Dieu avant toute action,
dernier, aux Anges, au
directives. Cela exige pratiques quotidiennes des veiller à être en perma­
Livre
et aux prophètes, de
nence
en
ablution
sans
se
qu'on accorde désormais éléments du programme
une grande attention à tous précédant. Il est parfois limiter au moment de priè­ donner de son bien,
les actes de sa vie. On n'y difficile de s’en sortir seul res, dire bismillah avant quelqu'en soit l'amour
parviendra pas sans redou­ ; par conséquent, on peut tout acte, réciter les invo­ qu'on en ait, aux proches,
bler d'effort dans la spiri­ se mettre ensemble avec cations circonstancielles aux orphelins, aux néces­
tualité. En effet, la crainte d'autres personnes qui ont au moment de sommeil, siteux, aux voyageurs
révérencielle de Dieu s'ob­ la même ambition de se du réveil, de l'habillement, indigents et à ceux qui
tient à travers l'observance nourrir de la spiritualité. du repas, avant de boire, demandent l'aide et pour
des obligations divines Mais le choix de celles-ci de faire des besoins, d’en­ délier les jougs, d’accom­
mais aussi en suivant doit être judicieux et fondé trer et de sortir de la mos­ plir la Salat et d'acquitter
l'exemple du prophète sur un contrat solide de quée, de monter sur son la Zakat. Et ceux qui rem­
engin... En outre, il faut
comme Dieu lui-même fidélité, de confiance et de
tacher à faire les prières en plissent leurs engagements
l'atteste dans le hadith sui­ fraternité préférentielle.
commun à la mosquée, lorsqu'ils se sont engagés,
vant : " ... Rien de ce qui L'histoire des débuts de
réciter les zikr après les ceux qui sont endurants
m'est agréable ne rappro­ l'islam nous révèle que le
prières et le zikr du matin dans la misère, la maladie
che autant mon serviteur prophète a constitué des
et du soir, faire des nafils et quand les combats font
de moi que l'accomplisse­ cercles de formation et de
avant et après les prières rage, les voilà les véridi­
ment des obligations que pratique de l'islam comme
obligatoires, lire quoti­ ques et les voilà les vrais
je lui ai imposées. Mon celui de la maison d'Ardiennement le coranique, pieux ! "C2V177.
serviteur ne cessera de se Arquam. Ce sont des
réciter cent fois istigfar
rapprocher davantage de cadres d'encouragement et
par jour. Jeûner le lundi et Alors la piété en islam
moi par des pratiques suré- de soutien mutuel dans la
le jeudi, faire des prières n'est pas un vain mot. Elle
rogatoires jusqu'à ce que je spiritualité.
nocturnes, donner une s'acquiert par un effort
l'aime, et lorsque je l'aime,
aumône.
Observer les quotidien que chacun doit
Du viatique quotidien
je serai l'oreille par laquelle
valeurs morales telle que fournir dans son voyage
du musulman
il entendra, le regard par
la patience, la sincérité, le vers la vie étemelle. Elle
lequel il verra, la main avec
Nous allons proposer ici pardon, l'amour d'autrui, doit être conjuguée avec
laquelle il empoignera, le
quelques éléments de la le respect de l'engage­ nos activités de gagne
pied avec lequel il mar­
spiritualité musulmane ment, la bonté envers les pain, qui, quand elles sont
chera. S'il me sollicite cer­
dont chacun pourra s'ins­ parents et les voisins. Evi­
tes, je lui accorderai ma
menées en observant les
faveur. S'il implore ma pro­ pirer pour faire son pro­ ter l'orgueil, l'ostentation, limites y relatives sont
tection, cestes, je la lui gramme spirituel. Ces élé­ le mensonge, la calomnie, considérées comme des
ments ne sont qu'indicatifs le vol, l'égoïsme, l'associa­
accorderai ".
; le champ de la spiritua­ tion, le péché évident et actes de spiritualité. Nous
Donc la piété s'obtient par lité en islam étant très les choses douteuses. A n'avons qu'à suivre ce
un effort quotidien dans le vague et très vaste. Par ail­ coté de tout ceci, il faut conseil du prophète : " tra­
respect des obligations leurs, il ne s'agit pas de s'engager aussi dans la vaillez comme vous n'al­
religieuses et de la sunna. s'efforcer à appliquer tou­ voie de la daawa et des lez jamais mourir et priez
Ce sont deux éléments tes les pratiques qui sont activités communautaires comme si vous allez mou­
qu'on ne saurait distinguer mentionnées ici en même et citoyennes. Bref, Dieu rir demain

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

5

La

plume du mois

Les Etalons : la priorité nationale ?
Par Aria ——

'il y a un fait qui ton rang dans le concert
honore les Burki­ des grandes nations du
nabè ces temps-ci, ballon rond. C'est cela la
logique du football
c'est bien le triomphe
répétitif de l’équipe moderne et organisé.
nationale de football en D'environ 800 000 F
phases
préliminaires, CFA comme prime de
comptant pour les élimi­ match, les étalons ont
natoires de la CAN et la autour de 2,5 millions de
coupe du monde 2010. francs par match gagné.
Les étalons gagnent litté­ Ça donne plus d'énergie
ralement tous les matchs pour galoper.
depuis le début de la
Tant que notre équipe
compétition. Une presta­
gagnera, le pays tout
tion qui rompt avec le
entier sera derrière ses
traditionnel
ballet
étalons sans oser se sou­
d'échecs que ces derniers
cier du coût que le jeu
servaient amèrement aux
représente. C'est là effec­
nombreux amoureux du
tivement le petit péché de
ballon rond. La première
certains pays à économie
étape de la qualification
faible préférant se sai­
est même franchie avant
gner de façon dispropor­
même qu'ils n'aient joué
tionnelle pour contenter
le reste des matchs pré­
des fantasmes éphémères
vus pour septembre pro­
du peuple et porter par
chain. Vraisemblable­
conséquent des coups
ment, c'est une révolu­
durs aux besoins vitaux.
tion footballistique qui
Nous pensons qu'il faut
voit le jour après l'excep­
que quelqu'un ait le cou­
tion de la Coupe d'Afri­
rage de le dire : le foot­
que jouée chez nous au
ball fait l'objet d'une trop
Burkina en 1998.
grande attention dans ce
C'est connu, il n'y a plus pays, au regard de la
de place pour le tâtonne­ sévérité de la vie que res­
ment dans le football sentent les populations.
d'aujourd'hui. Il faut du Les matchs connaissent
professionnalisme,
et la participation de délé­
cela a un coût. Dis moi gation de ministres ; ils
combien tu investis dans retiennent
l'attention
le football et je te dirai constante du premier

S

6

burkinabè ; creusent sans
doute nos caisses déjà
pas
pleines.
Pour
emprunter la tournure du
premier des ministres, "
on regarde le ballon et on
meurt ou quoi " ?

C'est vrai que nos propos
vont peut être choquer
certaines
sensibilités
inconditionnelles du bal­
lon rond, au regard de
toutes les passions et les
enjeux que le football
suscite de nos jours.
Mais il faut bien que
nous dépassions les pas­
sions pour voir les réali­
tés en face. Et encore une
fois, il faut aussi que
quelqu'un le dise, il n'y a
pas que du football au
Burkina Faso, fusse t-il
le sport roi. Il y a bien
d'autres priorités qui
méritent plus d'attention
de la part de nos autori­
tés. Personne ne conteste
tout le bien que le sport
confère à notre cher
pays, il est même louable
comme c'est le cas en ce
moment que notre pays
gagne en image et peut
être un jour en devise.
Mais en entendant, le
grand arbre du football
ne devrait pas cacher la
foret dense des problè­
mes que vivent les labo­

rieuses populations ; pro­
blèmes particulièrement
accentués
dans
cet
contexte de vie chère. En
ces débuts de saisons
pluvieuses, les villages
vivent déjà les calvaires
du sal temps de la sou­
dure. La saison dernière
a été pour le moins, mau­
vaise pour la campagne
agricole. Et le phéno­
mène du tout cher n'est
pas pour arranger la
situation des plus pau­
vres déjà assommés par
la conjoncture locale. Au
regard de toutes ces diffi­
cultés qui s'expriment à
leur plus haut degré et
qui parfois, ont failli
mettre en péril le climat
social, il convient de diri­
ger les intérêts et les
actions vers l'essentiel.
En dehors du sujet évo­
qué, cela est valable pour
tous les domaines de la
vie socio-économique. Il
n'est peut être pas possi­
ble de rendre le dernier
des Burkinabè, riche,
mais ce citoyen aussi
pauvre et démuni de pou­
voir soit-il, a le droit de
manger à sa faim au
même titre que son com­
patriote qui n'a plus de
souci que l'appréciation
des beaux gestes d'une
star de football.■

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

oom
Nos mosquées se portent mal
-------------------------------------------- - ParEA.C---------------------------------------------

'est le lieu où les
fidèles de l'islam
se rassemblent
cinq fois par jour.
un refuge pour le croyant
qui fuit le péché et recher­
che la face de son Sei­
gneur. On l'appelle géné­
ralement la maison de
Dieu. Pourtant nos mai­
sons sont plus conforta­
bles qu'elle. On s'en sou­
cie très peu. Conséquen­
ces elle souffre de plu­
sieurs maux et n'arrive
même pas à jouer pleine­
ment le rôle qui est le
sien.

C

école de dévotion pour les objectifs de la prière de
fidèles. Elle a une fonc­ vendredi est de rassem­
tion sociale importante. bler les adultes dans un
Elle
En est
effet, riches et pauvres même lieu pour prendre
se côtoient, grand et petit connaissances des déci­
se rencontrent, nobles et sions nouvelles et de la
asservis prient à même le situation de la oumma.
sol, gouverneurs et gou­ Enfin, la mosquée est un
vernés sont côte à côte, centre universitaire. On y
hommes et femmes sui­ vient pour acquérir les
aussi
vent le même imam, fidè- connaissances

confère la législation isla­
mique. Encore que la
seule fonction de lieu de
culte s'opère dans des
conditions
difficiles.
D'abord au niveau des
activités, nos moquées ne
servent aujourd'hui que
pour la prière collective et
sa participation aux évé­
nements
sociaux

Votre journal vous par­
tage ce mois une analyse
de la gestion de nos mos­
quées. Oui, la mosquée
puisque c'est d'elle qu'il
s'agit. C'est le lieu que
certains fréquentent juste
les minutes que dure la
prière et d'autres même
pour la grande prière de
vendredi uniquement.
Les fonctions
de la mosquée
La mosquée est le symbole le plus visible de l’islam

Symbole le plus visible
de l'islam, la mosquée est les de races, d'ethnies et
bien plus qu'un édifice de d'origines
différentes
culte. C'est le lieu sacré s'orient vers la même
où le musulman se qibla.
recueille, à l'adoration et
au rappel de Dieu, frater­ En tant que lieu de ren­
nise avec ses coreligion­ contre, elle a une fonction
naires. La mosquée a politique. C'est un centre
donc, au delà de la salât, de concertation et de
de multiples fonctions. consultations des musul­
En tant qu'espace sacré, mans autour de leurs
C'est
c'est un lieu de culte, une préoccupations.
dans se sens que l'un des

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

diverses les unes que les
autres sur les sciences
islamiques et autres. Cela
aux moyens des prêches
et des enseignements dis­
pensés par les savants qui
y sont.

Sous nos tropiques, la
mosquée a encore du che­
min à parcourir avant de
pouvoir remplir l'ensem­
ble des fonctions que lui

(mariage, baptême et
décès). Les fidèles n'ont
pas d'espaces pour se
consacrer à d'autres actes
d'adorations d'autant plus
que les mosquées ferment
leurs portes immédiate­
ment après les prières.
Aussi, il y a que la mos­
quée ne mène des activi­
tés que la célébration de
mariages, de baptêmes et

7

Zoom
l'organisation des activi­
tés liées aux décès. Cer­
tes, ce sont des activités
normales des mosquées ;
mais elles ne doivent pas
en constituer les seules.
Elles ont beaucoup d'au­
tres choses à faire pour la
promotion de l'islam. On
sait par exemple que rares
sont les mosquées qui ont
des programmes de prê­
ches régulières, des séan­
ces de formation pour les
fidèles. Par moment
même les prêches faits le
vendredi avant le sermon
de l'imam ne répondent
pas à un programme de
formation précis. Dans
ces conditions inutile de
parler d'une éducation ou
d'une
sensibilisation
méthodique des fidèles.
Dans certaines mosquées,
il existe des cours d'ap­
prentissage du coran pour
les femmes. Ces cours,
s'ils apportent quelque
chose à ces femmes
gagnerait à être améliorés
par la prise en compte
d'autres aspects du dogme
et aussi devra impérative­
ment s'étendre aux hom­
mes.

Une équipe de gestion
sans vision

On note l'absence de
comité de gestion dans
une grande majorité d'en­
tre elles. La gestion de la
mosquée relève de quel­
ques individus le plus
souvent inamovibles. Il
s'agit de manière générale
de l'imam, du muezzin et
de quelques vieux de la

8

mosquée. Dans le cas où
il existe un comité de ges­
tion, il est dirigé pour la
plupart du temps par des
personnes du 3e âges. Les
jeunes cadres surtout de la
mosquée ne s y intéres­
sent guère. Ainsi donc la
majorité des fidèles n'y
viennent que pour accom­
plir leur prières.
Sans contester le rôle
important de ces person­
nes du trois âge, il
convient d'avoir une
équipe de gestion capable
de présider efficacement
aux destinés de la mos­
quée. Dans cette équipe,
chaque acteur de la mos­
quée devra avoir la place
qui lui revient. L'équipe
de gestion de la mosquée
doit gérer l'organisation
des activités de la mos­
quée, élaborer les straté­
gies de développement et
d'entretien. Bref, il doit
diriger
l'organisation
complète de la mosquée
et de ses activités.

Une hygiène désas­
treuse

Dans nombre de mos­
quées les toilettes sont
peu fréquentables. Quand
on y rentre, on n'est pas
tranquille car on peut se
souiller davantage. Cela
est dû à plusieurs fac­
teurs. En effet la
construction des toilettes
et l'aménagement d'un
espace pour les ablutions
ne sont pas intégrés dans
les projets de construction
des mosquées. Consé­
quence, on trouve de nou­

velles et belles mosquées
avec des vieilles toilettes.
Ces toilettes dans ce cas
n'ont de capacité de pour
les besoins d'à peine une
famille. Aussi, dans les
mosquées où l'on trouve
des toilettes, elles ne sont
pas toujours en nombre
suffisant en fonction du
flux de personnes et leur
entretien fait défaut. Par
ailleurs les fidèles adop­
tent des comportements
qui ne favorisent pas une
bonne hygiène des lieux.
L'entretien journalier n'est
pas assuré.

ment et d'investissement
ne sont pas prises en
compte. Une mosquée ça
se dégrade, le matériel
utilisé a besoin d'être
renouvelé. On attend que
tout passe à la désuétude
avant de lancer des SOS
pour faire ceci ou cela. La
question des finances des
mosquées doit être au
centre des préoccupations
des responsables afin de
prévoir et de gérer effica­
cement les dépenses liées
au fonctionnement et à
l'investissement de la
mosquée.

Une gestion financière
catastrophique

La gestion des mosquées
doit être une préoccupa­
tion pour l'ensemble des
fidèles. Ce sont les mai­
sons de Dieu, elles ont
des fonctions multiples
aussi importantes les unes
que les autres dans la vie
de la oumma. De ce fait,
on doit leur accorder toute
l'attention qui leur sied. Il
est important que chacun
puisse s'intéresser à la
gestion de sa mosquée de
quartier et apporter son
concours afin d'améliorer
les prestations offertes
aux fidèles. Car la mos­
quée n'est pas qu'un lieu
de culte. Elle est tout pour
le musulman, parce
qu'elle est au cœur de ses
activités. C'est sans nul
doute pour cette raison que
lorsque le messager arriva
à Médine l'une de ses pre­
mières actions fut l'érec­
tion d'une mosquée, "
d'une maison de Dieu "■

La gestion financière des
mosquées n'est pas encore
réglée. De nombreuses
mosquées continuent de
souffrir pour honorer les
factures d'eau et d’électri­
cité. Il n'existe pas de
moyens de prise en
charge des dépenses de
fonctionnement,
on
compte toujours sur des
bonnes volontés qui met­
tent lors des quêtes quel­
ques pièces dans les cais­
ses. De ce fait beaucoup
de mosquées se retrou­
vent à l’échéance de règle­
ment des factures sans
avoir réuni la somme
nécessaire. Il faut toute­
fois encourager certaines
personnes qui ont com­
pris ce problème des mos­
quées et qui se sont enga­
gés à apporter leur contri­
bution pour le règlement
des factures. Aussi les
dépenses de renouvelle­

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

Société et développement
La problématique du logement au Burkina Faso
==========____________==

Par l'Epervier

oanré, village situé au
A cela, il faut ajouter le com­
sud de la capitale bur­
portement peu orthodoxe de
kinabè à environ 20
certains propriétaires (bail­
km du centre ville, a tout l'air
leurs) à l'égard de leurs loca­
d'un bidonville. Maisons
taires. En effet, ils fixent et
augmentent du jour au lende­
construites à la va-vite, ruel­
main et à leur guise le prix
les pas du tout sûres surtout
des loyers sans motif et sou­
la nuit, manque d'eau potable
et de services de base d'assai­
nissement, insécurité de tous
ordres, le village ne cesse
pourtant d'attirer du monde.
La raison principale de cet
exode des populations les
moins nanties vers ce village
tout comme dans les autres
zones d'habitation spontanée
communément
appelées
quartiers non lotis est le
souci de se voir attribuer une
parcelle d'habitation. Au plus
haut de leurs aspirations,
pouvoir s’attribuer un loge­
ment décent.

S

Fuir la cherté
des lovers et bénéficier
d'une parcelle
Les locataires de maisons à
Ouagadougou connaissent
depuis quelques temps un
véritable calvaire dû à la
flambée du prix de la loca­
tion. En effet, il y a quelques
années, avec 10 000 FCFA,
on pouvait trouver une mai­
son à deux pièces assez
confortable. Aujourd'hui, il
faut débourser 2 à 4 fois cette
somme pour la même mai­
son. Les maisons à une pièce
appelées "entrer coucher" qui
se louaient à 5000 atteignent
actuellement 10 000 FCFA.
Dans certains quartiers
comme Zogona, Wemtenga,
la Zone I ou encore au sec­
teur 30, c'est un véritable
casse-tête. La caution qui
était d'un mois est mainte­
nant de 2 à 3 mois souvent
avec la moitié d'un loyer
mensuel pour les intermé­
diaires appelés démarcheurs.

____________________________ _

l'exige la loi. La réalité est
que, quels que soient le prix
et le comportement désagréa­
ble du propriétaire, la maison
trouvera toujours un preneur.
Une résultante de la culture
du silence suicidaire indivi­
duel et collectif face à la

Acquérir une maison est devenu la chose la plus difficile
vent sans un minimum de
dialogue avec les locataires,
rompent unilatéralement le
contrat de location sans res­
pecter les conditions requises
par la loi, refusent d'effectuer
les travaux d'entretien des
maisons.
Un tour dans plusieurs mai­
sons en location nous a
révélé que la plupart des
logements en location ne res­
pectent pas les conditions
d'hygiène : latrines délabrées
devenant le nid de plusieurs
maladies infectieuses, écou­
lements d'eaux usées indis­
posant les locataires. Parfois
les cours sont sans porte,
exposant ainsi les occupants
à l'insécurité. Et gare au loca­
taire qui oserait lever son
petit doigt pour protester, il
sera
automatiquement
expulsé sans le délai mini­
mum de trois mois comme

cupidité de certaines person­
nes qui ne jurent que par l'ar­
gent.
Le problème est que la plu­
part des locataires ne songent
pas à la signature d'un contrat
de bail pour se protéger
contre les caprices des bail­
leurs. En fait, les logements
sont devenus un autre type de
commerce ignorant les textes
qui régissent ce secteur, et
sous le regard des autorités.

Ne pouvant pas supporter le
coût exorbitant du loyer et
n'ayant pas les moyens d'au­
tre part de s'acheter une par­
celle et de la mettre en valeur
dans de meilleurs délais, les
Ouagalais au revenu très
modeste, trouvent refuge
dans les quartiers non lotis
comme à Soanré en enten­
dant les lotissements. Mais là
aussi, l'argent et les querelles

s'invitent à la partie.

Le deal dans les non lotis
A Soanré, une petite portion
de terre juste suffisante pour
construire une maison de 10
tôles est vendue à 35 000
FCFA. Et la maison déjà
construite est vendue entre
125 000 et 150 000 FCFA.
Sur place, on trouve des briquetiers, des maçons, et
autres intervenants qui en ont
fait également un gagnepain. Jusque là, c’est le vieux
Bilgo qui possédait le mono­
pole du terrain et qui en ven­
dait à qui voulait. Un beau
matin du mois de juin der­
nier, les habitants de la loca­
lité recevront une visite mus­
clée d'un groupe de person­
nes venu réclamer la pater­
nité du terrain. Sans crier
gare, le groupe se mit à
endommager les maisons
construites ou en construc­
tion. Au total, une dizaine de
maisons ont été détruites et
l'affaire a été portée devant
les autorités municipales qui
finiront par donner raison au
vieux Bilgo. Pendant ce
temps, toute construction
était suspendue sur le site.
Cet incident n'est rien de tout
ce que les habitants des non
lotis vivent. C'est un lieu fait
de trahison et d'escroquerie.
Ainsi, il est fréquent de voir
plusieurs personnes se dispu­
ter un terrain parce qu'il a été
vendu à la fois à ces person­
nes par un propriétaire
introuvable. Certains esprits
plus cupides ont fait de la vie
dans les non lotis, une straté­
gie commerciale qui consiste
à s'installer dans un quartier
non loti, et une fois la zone
lotie, la parcelle obtenue est
vendue à coût de millions et
on s'installe dans un autre
quartier non loti avec les
Suite page 11...

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

9

Flash back
A la découverte de Sagbtenga, foyer de diffusion
de l'islam au Burkina Faso
Par Bacliar SOW

’histoire de l’islami­
sation des espaces du

L

/ Burkina Faso montre
que les acteurs de cette
œuvre furent les lettrés
musulmans et les familles
maraboutiques installées à la
faveur des échanges entre la
forêt, le sahel et le désert. La
limite supérieure remonte au
XVe siècle. Les tous pre­
miers marabouts ont créé un
peu partout de grandes écoles
qui ont servi de sources à
tous ceux qui désiraient
acquérir la science islami­
que. C'est ainsi que furent
fondées les écoles de Kella
dans le Yatenga, de Kougrsinghin près de Pouytenga,
de Sagbtenga dans le
Bazéga, de Nagraogo dans le
Sanmatenga et bien d'autres.
Nous vous proposons ici
l'historique du foyer de
Sagbtenga.

Qr.iginfi_et. évolution.
du foyer
L'histoire de cette école part
d'un ancêtre des Sanfo du
nom de Ibrahim Sanfo qui,
selon la tradition, a vécu à
Weyllin dans le Passoré. Un
de ses fils Abdourahman
Sanfo dit Bangba serait le
fondateur du foyer. Ce der­
nier se serait établi à Sagb­
tenga dans le Bazèga actuel à
une soixantaine de kilomètre
de Ouagadougou après s'être
installé d'abord dans deux
autres localités. Nos sources
ne donnent pas de précisions
sur ces localités. Après sa
mort, son fils Hadaré Sanfo
pris son héritage spirituel.
C'était sous le règne de
Naaba Wobgo (Boukary

10

Koutou) au trône à Ouaga­
dougou. Ce dernier envoya
même son fils étudier à
Sagbtenga auprès du grand
maître, imam Hadaré. A la
mort de Hadaré, la gestion de
l'école échoit à Ousmane
Sanfo son frère aîné, ce der­
nier du fait de son opposition
aux colons fut arrêté et
déporté à Ouagadougou où il
mourut plus tard. Sa tombe
se trouve à Bilbalogo. De ce
fait, le vrai hériter de Hadaré
fut l'imam Idris son fils. A la
mort d'Idris, c'est son frère
cadet Souleymane qui hérita
de l'école. C'est le père de El
hadj Monre Youré domicilié
au quartier actuel Gounghin
de Ouagadougou et anima­
teur des séances de tafsir à la
grande mosquée de nos
jours. El hadj Ahmad un de
ses fils lui succéda dans la
gestion du foyer. Après lui,
ce fut le tour d'Ahmad Sanfo
dit Marang Biiga fils de
l'imam Idris qui hérita du
foyer ancestral. A sa mort, il
laissa la place à El hadj Ibra­
him actuel imam de Sagb­
tenga. Selon la tradition, un
descendant de Ibrahim Sanfo
installé à Siitenga dans le
Passoré serait le maître du
grand père de l'actuel Cheik
Aboubakar Maiga II de
Ramatoulaye.

De nos jours, le foyer est
reparti en trois dans la même
localité de sagbtenga :

- Le foyer originel de Abdou­
rahman Sanfo animé par un
fils de l'imam Idris du nom
de Rachid ;

- Au quartier Morbiiyiri, les
fils de l'imam Souleymane

continuent de perpétuer le
foyer ;
- Le 3e foyer est animé par El
hadj Hamidou de la famille
Sanfo à Bandmyiri (quartier)

L'école de Sagbtenga a
constitué un véritable pôle
d'attraction, un centre de dif­
fusion islamique dans les
espaces du Burkina et même
au-delà. Les élèves y
venaient de partout. Cette
école a formé d'éminents
savants comme Alpha Sayid
Sawadogo fondateur de
l'école de Nagraogo, Imam
Ibrahim Koanda ancien
grand imam de Ouagadou­
gou. Le foyer réunissait des
promotions de près de 200
élèves pendant près d'un siè­
cle et demi. Sa notoriété tient
à la piété et au charisme des
hommes qui l'ont animé.
Les grands maîtres de
l'école de Sagbtenga

L'Imam Hadaré SANFO
C'est un homme de grande
piété. Il a mené une vie aus­
tère du fait de sa grande
dévotion et de son ascétisme.
Son humilité, rapporte t-on,
se lisait dans sa tenue vesti­
mentaire car il portait des
cotonnades. Alors qu'il était
à mesure de se faire des for­
tunes même avec les dons
qu'on lui faisait. Il fuyait le
haram au point qu'il refusait
de porter les sandales en cuir
et il avançait la raison selon
laquelle on ignorait dans
quelles conditions les bêtes
dont on se sert de la peau
sont mortes. Il confectionnait
lui-même ses sandales à par­

tir de plantes. De retour des
femmes du marché, il cher­
chait à débarrasser de leurs
provisions ce que des mar­
chands leur ont donné
comme petits cadeaux à la
suite des achats. Toutes ces
précautions pour éviter tout
risque de consommer du
haram.
Quand on lui envoyait un
esclave, il le libérait aussitôt
après le départ des émissaires
du souverain. Il faisait appe­
ler l'esclave, lui demandait
son pays d'origine et com­
ment il s'était laissé prendre
puis il lui disait " Tu es libre
! Cherches vite à rejoindre
ton pays et surtout évites de
te faire prendre à nouveau ".
L'imam Hadaré, selon El
hadj Mohammad Lamine
Sanfo (un de ses descen­
dants, domicilié au Quartier
Carpalla de Ouagadougou),
était toujours sur son tapis de
prière soit en prière, en invo­
cation de Dieu ou en lecture
du coran. Très souvent, il
était très difficile de commu­
niquer avec lui tant il était
occupé à égrener son chape­
let.

Après l'éviction de Naaba
Wobgo du trône de Ouaga­
dougou à la suite de l'arrivé
de la colonne Voulet et Cha­
noine, les conquérants ayant
appris la présence d'un grand
chef religieux à Sagbtenga
envoyèrent une délégation
pour le rencontrer. Il fut très
réticent à les rencontrer parce
que disait t-il " les blancs
sont des incrédules ". Il fini
par les rencontrer mais de
façon très brève. On rapporte

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

Flash back
que pendant que la déléga­
tion attendait sa sortie de la
cour pour la rencontre, un
soldat s'était hasardé à occu­
per sa place habituelle. A sa
sortie, il exigea que ce der­
nier se lève. Tout cela pour
ne pas manifester une fai­
blesse ou la peur devant ceux
qu'ils considèrent comme des
incrédules. Il dit à cette occa­
sion après que le blanc lui ait
proposé l'amitié " si vous
voulez de mon amitié j'ac­
cepte " et il retourna à l'inté­
rieur de sa cour. Par la suite,
on lui proposa d'occuper le
trône de Ouagadougou dont
le souverain Wobgo était en
fuite et dont on cherchait en
vain un successeur avec qui
le traité devait être passé au
plus vite. Imam Hadaré
opposa un nom catégorique
et soutint que lui était musul­
man et Yarga et qu'il n'avait
rien à voir avec le trône des
moosé. Mais ironie de l'his­
toire, certains de ces proches
lui suggérèrent de proposer
le fils de Boukary Koutou, le
roi en fuite, qui était élève
dans son école pour occuper

...suite de la page 9
mêmes objectifs.
L'Etat doit
aller plus loin
" La politique du gouverne­
ment est de faire en sorte que
chaque Burkinabè puisse
avoir un logement décent ",
disait le ministre de l'Habitat
et de l'Urbanisme, Vincent T.
Dabilgou en référence au
programme 10 000 loge­
ments sociaux. L'engoue­
ment suscité par ce pro­
gramme auprès des popula­
tions témoigne l'ampleur et
l'urgence du problème de
logement. En effet, selon le
ministre Dabilgou, à Ouaga­
dougou et à Bobo-Dioulasso
la demande en logement est

le trône. Ce qui fut fait. C'est
ainsi que ce dernier fut
intronisé sous le titre de
Naaba Siguiri.

L'imam Idris SANFO
C'est le fils aîné de l'imam
Hadaré. Il fut envoyé par son
père à l'école fondée par
Jaber à Kougrsinghin. Après
ses études, le grand maître
satisfait, lui donna une fdle
en mariage. De retour à
Sagbtenga il hérite du foyer
de son père après la mort de
ce dernier. La tradition
donne à Idris les attributs
d'un homme mystérieux. On
rapporte en effet qu'il chan­
geait de teint de sorte qu'on
ne pouvait pas dire avec cer­
titude quel était son teint. En
rappel, il fut le maître d'Al­
pha Sayid Sawadogo, fonda­
teur de la grande école de
Nagraogo à une soixantaine
de kilomètre de Kaya dans le
Sanmatenga. L'école a été
très célèbre sous la direction
d'imam Idris. L'imam Ahmad
Sanfo dit Marang Biiga fut
son deuxième successeur

dans l'animation du foyer.
El hadj Ahmad SANFO

Son surnom Marang biiga
semble tirer son origine dans
l'appartenance de sa mère à
la famille des maransé. En
effet, il est fils de la femme
que le grand maître Jabir de
Kougrsinghin a donné à Idris
son père à la fin de ses étu­
des. El hadj Jabir est descen­
dant d'une famille maraboutique issue des maransé et il
existe une vieille amitié entre
lui et les Sanfo. Une amitié
fondée sur la fraternité isla­
mique qui date d'avant son
installation à Kougrsinghin.
A la naissance de la commu­
nauté musulmane de Haute
Volta, elle eu besoin d'un
animateur du tafsir à la
grande mosquée de Ouaga­
dougou. Imam Ahmad et El
hadj Sanoussi de Pouytenga
furent à la fois proposés.
Mais après des petites
mésententes qui ont occa­
sionné le départ du second,
Ahmad est consacré grand
maître du tafsir. Il assuma

respectivement de 8 000 et 6
000 unités par an. Nul doute
que ce programme va appor­
ter un ouf de soulagement à
ces nombreux fonctionnaires
qui totalisent 10 à 15 ans de
service sans pouvoir se
construire un logement.

peut être détourné au grand
dam des pauvres bénéficiai­
res. Gageons que l'envolée
verbale des autorités rassu­
rant les populations de la
transparence dans la gestion
de ce programme sera une
réalité sur le terrain.

Cependant, au regard de la
demande, ce programme est
comme une goutte d'eau dans
la mer. D'autre part, il exclu
bon nombre de Burkinabè
qui ne remplissent pas les
conditions.

Les logements sociaux sont
une priorité. Le vieux Bilgo
de Soanré, dans un ton quel­
que peu teinté de marketing,
le fait remarquer en ces ter­
mes : " Si tu n'as pas de mai­
son, aujourd'hui tu es à
Gounghin, demain on te
retrouve à Larlé après
demain à Tampouy et tu n'es
pas tranquille pour travailler.
Mais si tu as ton propre loge­
ment, tous les autres aspects
de la vie peuvent être gérés

Par ailleurs, l'administration
publique burkinabè est de
plus en plus gangrenée par la
corruption et le favoritisme
de telle sorte qu'un pro­
gramme aussi bénéfique que
les 10 000 logements sociaux

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

cette mission pendant près de
40 ans. Mais il refusa de
s’installer à Ouagadougou.
On allait le déplacer depuis
son fief de Sagbtenga pour
les séances de tafsir à la
Grande mosquée de Ouaga­
dougou. C'est en 1999 que
l'imam mourut au terme
d'une vie entièrement consa­
crée à Dieu.
Nous avons essayé à travers
ces lignes de retracer l'his­
toire d'une grande école et un
ancien foyer de l'enseigne­
ment islamique depuis le
milieu du Xlle siècle. Les
sources écrites sont quasi
inexistantes d'où la difficulté
de faire l'historique fidèle et
rigoureuse de ce foyers. En
plus, la plupart des témoins
sont les descendants de ces
familles maraboutiques pré­
sentes à Ouagadougou ou
installés ailleurs. La recher­
che de l'information fiable
recommandait qu'on allât audelà des ces témoins. Cette
étude pourrait être approfon­
dies et même étendues aux
autres foyers.^

dans la dignité Le proverbe
dit en effet que dormir sur la
natte d'autrui est comme dor­
mir à terre. Le programme de
logements sociaux doit donc
être élargi afin de permettre à
chaque Burkinabè d'avoir sa
maison.
Mais en entendant, il nous
semble urgent que l'Etat
intervienne plus directement
dans le secteur de la location
pour assainir le milieu en
vulgarisant et en faisant res­
pecter les textes en vigueur.
L'Etat pourrait ainsi et
devrait mettre en place des
mécanismes pour contrôler le
prix et la qualité des maisons
à usage de location.®

11

rêves
L'éducation des enfants en Islam

L

'essence de l’éduca­
tion islamique, c'est

• l'éducation morale.
Ainsi, par éducation islami­
que, on vise essentiellement
le fait d'éduquer l'âme et de
former le caractère. Chaque
fois que l'on donne une direc­
tive ou une leçon à un enfant,
il faut garder à l'esprit cette
fin morale essentielle : la
vertu. Par la vertu, l'enfant
sera aimé de Dieu et apprécié
de ses semblables.
En arabe, "j'ai éduqué
quelqu'un" se dit "Rabbaitouhou" qui a comme sens pre­
mier de nourrir quelqu'un, de
pourvoir à ses besoins de
nourriture et d'eau jusqu'à ce
que son corps se soit déve­
loppé. Par extension, ce
terme fut utilisé pour la nour­
riture de la raison, des senti­
ments et de l'âme, dans le but
de parfaire et de perfection­
ner la personnalité.

Sur le plan social, l'éducation
est l'ensemble des principes
moraux et de la production
intellectuelle grâce auxquels
naît une civilisation. C'est
ainsi que l'Islam prône une
éducation homogène de tou­
tes les entités de l'homme:
son corps, sa raison, son
esprit, ses instincts et ses
sentiments, en combinant
harmonieusement les néces­
sités de la vie de l'Au-delà.
Un des noms de Dieu est
"Ar-Rabb", qui signifie " le
Maître, celui qui éduque ".
L'éducation fait donc partie
des qualités divines : c'est par
l'éducation que le serviteur
de Dieu, l'être humain, peut
s'élever, dépasser l'état ani­
mal et devenir le vrai succes­
seur de Dieu sur cette terre,
en assumant pleinement la
responsabilité. C'est par
l'éducation morale et intel­
lectuel^ que l'homme mar­

12

quera sa différence vis-à-vis
du monde animal. Le modèle
d'une telle éducation, c'est le
Prophète (sallallâhou alayhi
wa sallam) à qui Allah a
déclaré : "Tii es certes d'un
très noble caractère" (S. "La
plume").

L'éducation se transmet de
générations en générations.
Les principes de l'éducation
islamique ne varient pas, car
ils ont une base divine puisée
dans le Qour'aane et dans le
comportement du Prophète
(sallallâhou alayhi wa sal­
lam). En ce qui concerne les
moyens et méthodes d'éduca­
tion, ils peuvent évoluer et
s'adapter à chaque époque.
Un problème que ne devrait
pas connaître l'éducation
islamique est ce que l'on
nomme " le conflit des géné­
rations " : en effet, l'époque
change, mais la vérité est
unique et ne change pas, tout
comme le Créateur duquel
elle émane. La vérité que
doit transmettre en priorité
l'éducation islamique, son
thème principal, concerne le
rapport de l'homme avec son
Créateur, le rapport de
l'homme avec l’homme et le
rapport de l'homme avec
l'univers dans lequel il vit et
qu'il a la responsabilité de
gérer.
L'éducation islamique com­
mence par la compassion,
par la bienveillance envers le
petit, le faible, par le respect
vis-à-vis du vieillard. Elle est
concernée par la sauvegarde
du corps et de l'âme de cha­
cun, et interdit dès lors tout
ce qui peut lui nuire :
consommation d'alcool ou de
drogues, adultère, injustices
diverses, violations des
droits, etc. Elle vise autant la
formation de l'âme que l'ac­
quisition du savoir, dans le

but de former un être humain
soumis à Dieu et à Ses lois,
responsable de son devenir
par la mise en application des
directives divines. Toute
l'éducation doit suivre l'évo­
lution de l'enfant et être
adapté à son degré de matu­
ration, suivant en cela le ver­
set coranique où Dieu le Très
Haut dit : "Allah ne charge
nulle âme au-dessus de ses
capacités". Avant l'âge de 7
ans, l'Islam ne recommande
même pas d'enseigner les
modalités de la prière rituelle
à l'enfant, qui n'a pas encore
atteint l'âge de raison. Mais
l'Islam recommande essen­
tiellement aux parents de
jouer avec l'enfant. Jouer,
c'est lui permettre de se déve­
lopper en dehors des
contraintes, et c'est surtout
tisser avec l'enfant des liens
d'affection très serrés, dans
lesquels il se sent en sécurité,
dans lesquels il se sent aimé
inconditionnellement : on ne
lui demande rien, on est prêt
à tout faire avec lui parce
qu'on l'aime.

Aimer les enfants. Voilà la
première règle fondamentale
et vitale de votre mission de
parents responsables. L'af­
fection, l'attention, et la solli­
citude sont des composants
essentiels de toute relation.
Sans cet apport d'amour, les
enfants se dessèchent et meu­
rent intérieurement - parfois
même littéralement. Mah­
moud Ibn Rabi ((radhia Allâhou anhou)) raconte : "Je me
souviens du Prophète (sal­
lallâhou alayhi wa sallam)
lorsque, prenant dans la
bouche de l'eau d'un seau, il
m'en aspergea le visage !
J'avais alors 5 ans”. La
bonté du Prophète (sallallâ­
hou alayhi wa sallam) qui
jouait avec lui lorsqu'il était

un petit enfant, est resté à
jamais gravée dans la
mémoire de Mahmoud. Ceci
prouve que l'affection des
adultes est importante pour
un enfant, et tient bien sou­
vent à de petits gestes sim­
ples, à un instant de jeux
complices, plutôt qu'à de
longs et fastidieux discours !
Mais les parents doivent
aussi
comprendre
que
l'amour n'est pas incompati­
ble avec une ferme disci­
pline. Il existe un moment
opportun pour discipliner les
enfants. Il faut comprendre
aussi que l'amour ne consiste
pas à laisser l'enfant faire
tout ce qu'il a envie de faire
momentanément. Cela ce
n'est pas de l'amour mais de
la permissivité. Il faut donc
offrir toute son affection à
l'enfant et être un modèle
pour lui, c'est à dire un bon
musulman pratiquant.
Donner le bon exemple.
Voilà la 2ème règle fonda­
mentale. L'exemple des
parents est un facteur primor­
dial de la bonne éducation
des enfants. On ne saurait
exiger des enfants qu'ils
adoptent des normes que
leurs parents refusent de pra­
tiquer. Les enfants appren­
nent par l'exemple, plus que
par la parole. Ce sont des
imitateurs-nés. Ils suivront
les exemples des parents plu­
tôt que les paroles de ces der­
niers. Le fait d'apprendre
qu'il n'est pas le seul à être
soumis aux règles, mais que
ses parents et toute la com­
munauté y sont eux-mêmes
soumis, parce que ces règles
viennent d'une autorité
immuable et Très Sage,
Allah, aidera l'enfant à s'y
conformer. De 7 ans à l'ado­
lescence, s'étant la période
d'éducation par excellence. "

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

Extrait
Ordonnez à vos enfants de
faire la prière lorsqu'ils attei­
gnent leur septième année, a
dit le Prophète (sallallâhou
alayhi wa sallam) et contrai­
gnez- les à la faire lorsqu'ils
atteignent l'âge de 10 ans.
Donnez leur aussi des lits
séparés ". Sept ans, c'est
donc l'âge où l'enfant com­
mence à faire la prière, l'âge
de raison. Après l'adoles­
cence, les enfants deviennent
à leur tour des personnes
pleinement responsables :
c'est le temps de s'en faire
des amis ... Et c'est le temps
pour les parents, si Dieu le
veut, de se réjouir des effets
de leur bonne éducation ! Les
parents doivent donc être
d'autant plus vigilants durant
le jeune âge de leurs enfants,
à l'éducation qu'ils leur don­
nent, que cette période passe
toujours plus vite qu'on ne le
croit ... La période durant
laquelle l'enfant est doué de
raison, et en même temps,
aime imiter ses parents est
relativement courte : c'est à
ce moment qu’il faut ferme­
ment implanter dans le cœur
de l'enfant l'amour de la pra­
tique religieuse, et qu'il faut

lui donner de bonnes habitu­
des comportementales. En
résumé, l'éducation islami­
que est très importante, il
faut lui accorder beaucoup de
soin. Elle doit donc être
empreinte d’amour, adapté à
l'enfant et équilibré pour le
développer harmonieuse­
ment.
La troisième règle fonda­
mentale : l'Instruction et
l'enseignement islamique.
La connaissance est un pilier
fondamental dans l’élabora­
tion de la personnalité de l'in­
dividu responsable et réflé­
chi. Par la connaissance,
l'homme acquiert les moyens
de se connaître lui-même et
de différencier le bien et le
mal. C'est là le meilleur
moyen pour gérer sa vie au
mieux et pour participer à
l'élaboration d'une société
meilleure. La plupart des
enfants, surtout les plus jeu­
nes, aiment qu'on leur lise
des histoires intéressantes et
passionnantes. Il existe
actuellement des livres très
intéressants dans lesquels
sont racontés la vie des Pro­
phètes A.S., celle des Sahâ-

bas (Compagnons du Pro­
phète (sallallâhou alayhi wa
sallam)) et les Traditions
Prophétiques. Ils ont été pré­
parés spécialement pour les
enfants. En lisant à haute
voix, ne fut-ce que 10 minu­
tes par jour ces textes saine­
ment éducatifs, vous faites
plus que transmettre des faits
spécifiques. Vous stimulez le
développement mental, intel­
lectuel, linguistique et spiri­
tuel d'un jeune esprit. Mais
toute cette formation prend
du temps - beaucoup de
temps. Efforcez-vous de
consacrer, chaque jour, du
temps à vos enfants. Parlezleur, instruisez- les, apprenez
à les connaître et faites en
sorte qu'ils vous connaissent.

La quatrième règle fonda­
mentale et vitale de votre
mission de parents respon­
sables : disciplinez vos
enfants. L'approche correcte
de l'éducation de l'enfant
englobe à la fois l'amour et la
discipline. L'une ne va pas
sans l'autre. Malheureuse­
ment, trop de parents voient
la discipline sous un jour
négatif. Ils ont vu tant de

La sagesse

5- Comment suivre le droit chemin ? " Fais
Ibn Malik rapporte qu'un
du bien aux autres pour l'amour d'Allah "
bédouin était venu au messager
6- Que devrais-je faire pour que Dieu ne
d’Allah, le prophète Mouhammad
m'abaisse pas ? " Ne sois pas passionner
(que la paix et le salut d'Allah soit sur lui)
des choses de ce bas monde ".
et le salua dans la mosquée. Le messager
7- Comment avoir une longue vie ? 11
d'Allah lui demanda d'où venait-il ? Le

A

j poser quelques questions ". Notre maître
? lui demanda de poser ces questions.
I 1- Je souhaite être un homme intelligent,
que devrais-je faire ? Le prophète répond
j : " craints Allah "

j 2- Je souhaite être un loyal servant d'Allah
; en faisant tout ce qu'il me demande de
| faire, que dois-je faire ? " Lis le coran ".
1 3- Comment être illuminé et avoir la paix

J de l'esprit ? " Souviens-toi de la mort "
4- Comment être protégé contre mes
ennemis ? " Fais confiance en Allah "

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

Mohammed Patel, Extrait
de La Pase de l'islam

du mois

nas

j bédouin répondit : " je viens de très loin te

mauvais traitements infligés
à des enfants, qu'ils rejettent
le principe même d'une juste
discipline. Ils adoptent, au
contraire, une attitude per­
missive destructrice à l'égard
des attitudes et des actions de
leurs enfants. La discipline
inclut non seulement une
punition appropriée à l'écart
de conduite mais aussi des
récompenses pour l'enfant
qui se conduit bien. Il est très
important de récompenser la
bonne conduite. L'approba­
tion positive d'actions justes
constitue un enseignement
non moins efficace que la
correction en cas de mauvais
comportement. Louez donc
vos enfants lorsqu'ils le méri­
tent. Dites leur combien vous
vous réjouissez de leur bonne
conduite. Félicitez-les de
leur dévouement et de leurs
égards. L'éloge fait des
miradesJB

Loues et remercies Dieu "
8- Comment avoir la prospérité ? " Sois en
état de purification en tout temps
9- Comment pourrais-je être épargné des
braises de l'enfer ?11 Protèges tes yeux, ta
langue, tes mains, ainsi que ce qui est
entre des jambes (sexe) contre le mal"
10- Comment pourrais-je purifier mon
corps de péchés ? Coules des larmes
pour tes mauvais actes commis et
repends toi en renonçant aux tors causés
auparavant "
11- Comment pourrais-je être une per­

sonne respectée ? " Ainsi donc ne qué- |

mandes à personne "
12- Comment pourrais-je être un homme
honorable ? " Alors ne divulgues pas le tort |

commis des autres. "

13- Que devrais-je faire pour me protéger
du mal de la tombe ? " Récites la sourate

Moulk (sourate 67)"
14- Que peut-on faire pour être riche ? "
Lis la sourate almouzamil (sourate 56)

15- Comment faire pour calmer ma peur le ;
jour du jugement dernier ? " Souviens toi
d'Allah avant de manger quoi que ce soit
et avant de te coucher".
16- Que devrais-je faire pour sentir la pré­

sence d'Allah dans mes prières ?
" Donne le maximum de concentration en fai- §
sant tes ablutions et sois propre et pur "

13

Brèves
Le Marocain Moussaoui succède à Boubakeur à la tête de l’islam de France
d'administration du CFCM
depuis sa création en 2003.
Il succède au recteur de la
Mosquée de Paris, Dalil
Boubakeur, qui ne se repré­
sentait pas. La France
compte près de 5 millions
de musulmans.®

e Conseil français lice après un accord pour
du culte musulman une liste unique favorable à
(CFCM) a pris un la modernisation de l'insti­
nouveau départ avec l'élec
­
tution.
Ce marocain de 44
tion à sa tête de Moham­ ans, homme de consensus,
med Moussaoui, vice-pré­ est agrégé de mathémati­
sident du RMF (Rassem­ ques et maître de conféren­
blement des musulmans de ces à l'université d'Avi­
France) seul candidat en gnon. Il siégeait au conseil

L

Crise au Zimbabwé : Robert MUGABE termine seul la présidentielle
hef de l'opposition renoncé à participer au
'au Zimbabwe, Mor­ second face à une "orgie de
gan Tsvangirai, a
violences". "Le temps est
imploré le continent africain
venu d'agir maintenant" pour
d'agir "maintenant" pour
une sortie de crise au Zim­
favoriser une solution négo­ babwe, secoué par les vio­
ciée dans son pays, et des
lences depuis la défaite du
dirigeants d'Afrique australe régime aux élections généra­
ont appelé au report du
les du 29 mars, a-t-il lancé
second tour de la présiden­ aux chefs d'Etat africains .
tielle. Morgan Tsvangirai, Robert Mugabe, qui est à 84
réfugié depuis dimanche 22
ans le plus vieux des chefs
juin à l'ambassade des Pays- d'Etat du continent, compte
Bas est arrivé en tête devant toujours des alliés au sein de
le président Robert Mugabe
l'Afrique australe, divisée du
au premier tour mais qui a fait de solidarités restées for­

C

tes au nom de la lutte pour
l'indépendance. Mais il a une
nouvelle fois signifié son
mépris face aux appels des
capitales occidentales, qui
jugent impossible un scrutin
libre dans les conditions
actuelles. "Ils peuvent voci­
férer tant qu'ils veulent
depuis Washington et Lon­
dres, c'est notre peuple qui
prononcera le verdict final",
a dit le président qui a
affirmé haut et fort que seul
Dieu pourra le faire quitter le
pouvoir.K

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Signature

14

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

jeu international
Violences Xénophobes

en

Afique du Sud

Si la honte tuait..
Par H. B
e 11 mai dernier, de
circulation des hommes et
violentes attaques ont
des biens apparaît comme
éclaté au Nord de
une constante bâtie autour de
Johannesburg, en Afriquecourants
du
d'échanges. En effet
Sud, avant de s'étendre à tout
la spécialisation régionale et
le pays, prenant pour cible
l'impossibilité de vivre en
les étrangers venant des pays
autarcie ont favorisé des
voisins, notamment les Zim­
mécanismes d'échanges de
babwéens et les Mozambimarchandises.
cains. Ces violences perpé­
Par ailleurs, les mouvements
trées contre les étrangers,
de population sur le conti­
accusés par beaucoup de
nent africain prennent une
Sud-africains d'être respon­
forme spontanée qui s'ex­
sables des malaises sociaux
prime sous la forme de
et de la criminalité, ont forcé
migrations
saisonnières.
près de 6000 personnes à
C'est le cas des Mossi de l'an­
trouver refuge dans les égli­
cienne
Haute-Volta
qui ont
ses ou les commissariats de
largement contribué à l'ex­
police, expulsés de leur
pansion de la culture de l'ara­
domicile ou tentant d'échap­
chide au Sénégal par un
per aux coups de feu, aux
apport déterminant de mainincendies et aux viols. Cette
d'oeuvre lors des récoltes
réalité met à mal les beaux
(David 1980) où en Côte
discours sur l'unité africaine,
d'ivoire où ils sont les maî­
secoue l'idéal panafricaniste
tres d'œuvre de la puissance
et relativise les critiques sur
agricole de ce pays.
la gestion occidentale de

L

l'immigration.
Africains, étrangers
en Afrique

Les Africains en quête de tra­
vail, ceux qui fuient la
misère ou la guerre, ne
convergent pas tous vers
l'Europe. Tandis que l'Afri.que subsaharienne compte 17
millions de migrants internes
au continent, les trente pays
riches de l'OCDE en accueil­
lent moins de 4 millions. En
Afrique de l'Ouest, 7,5 mil­
lions de personnes vivent
dans un pays différent de
celui où elles sont nées, soit
dix fois plus que le nombre
d'Africains de l'Ouest établis
en Europe.
Aussi loin que l'on remonte
dans l'histoire africaine, la

Ces mouvements de popula­
tions trouvent aussi leur
essence dans l'attachement
de communautés arbitraire­
ment divisées par les frontiè­
res à renouer le cordon ombi­
lical qui constitue leur lien
naturel mais aussi dans la
volonté d'individus pris iso­
lément de réaliser leur des­
sein dans des espaces dont la
jonction est antérieure à
l'État-nation.

Mais plus lourdement qu'aux
portes de l'espace Schengen,
plus discrètement aussi, les
défis de l'immigration se
jouent, souvent dans la vio­
lence, aux frontières internes
de l'Afrique. En effet, l'his­
toire récente de l'Afrique est
parsemée d'épisodes de
chasse aux étrangers. A cha­

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

que fois, la xénophobie exa­
cerbée par des rivalités éco­
nomiques ou foncières est
exploitée et aboutit à des
expulsions massives. Dans
les principaux pays d'accueil
- Cameroun, Gabon, Angola
et surtout Nigeria et Côte
d'ivoire -, le retournement de
la conjoncture économique
s'est traduit par une chasse
aux immigrés.
Les migrations illégales
intracontinentales ont pris
une telle ampleur que
l'Union africaine prône
depuis 2006 "une prise en
charge concertée, organisée
et efficace" du phénomène.
Un voeu pieux pour l'heure.
Un état civil lacunaire, des
trafics de faux papiers à
grande échelle, des frontières
immenses et souvent artifi­
cielles rendent les contrôles
presque impossibles. D'au­
tant que les pays africains
sont regroupés dans des
unions régionales qui, sur le
papier, prônent en leur sein
la libre circulation des hom­
mes et des biens. L'Afrique,
secouée par une croissance
démographique
souvent
supérieure à la croissance
économique, est en pleine
effervescence migratoire.
Déjà, en dépit des obstacles,
de la xénophobie et des
expulsions, les Africains,
toutes formes de migration
confondues, sont les habi­
tants les plus mobiles de la
planète.

Les raisons d'une haine
injustifiée
L'arrivée illégale en Afrique
du Sud, au cours de la der­
nière décennie, de 3 millions

de Zimbabwéens - près d'un
habitant sur quatre de l'exRhodésie du Sud - résulte
d'une logique d'attraction
aussi vieille que les migra­
tions humaines : la dégringo­
lade économique du Zim­
babwe et la violence ont mis
des populations sur la route
du pays voisin, en pleine
expansion. L'Afrique du Sud
multiraciale (48 millions
d'habitants) est un vieux pays
d'immigration.

Mais le spectacle de Noirs
pauvres massacrant leurs
semblables a saisi d'effroi
tout le continent. "Les SudAfricains ont-ils oublié le
soutien de leurs voisins dans
la lutte contre l'apartheid ?",
ont déploré en substance
nombre
d'observateurs.
Exclus du statut de réfugiés,
les migrants font l'objet d'une
vigoureuse politique de
reconduite à la frontière par
Pretoria. Chaque année, 150
000 étrangers sont éloignés
de force, en train, vers le
Zimbabwe. Nombre d'entre
eux repassent la frontière
dans les jours qui suivent.

Par quels mécanismes les
dérives identitaires ou régionalistes postcoloniales ontelles pris le dessus sur la
porosité d'espaces naguère
marqués par la libre circula­
tion des hommes avant et
pendant la période coloniale
? Pourquoi les Africains en
général, qui n'ont connu les
frontières qu'au début du XX
e siècle, ne seraient-ils pas
plus disposés que les autres
régions du monde à accepter
l'idée de suppression des
frontières? L'État post-colo­
nial s'est essentiellement

15

eu international
appuyé sur des raisons sécu­
ritaires pour distiller l'idée de
patrie qu'il faut défendre à
tout prix.
En rapport avec le souci de
plus en plus partagé " de pré­
server le territoire de toute
invasion ", la fortification ou
l'électrification récente des
frontières (Afrique du Sud,
Zimbabwe) constitue un pré­
cieux indicateur des atteintes
portées à la libre circulation
sur le continent africain. Les
réserves des Etats post-colo­
niaux vis-à-vis de la libre cir­
culation trouvent leurs origi­
nes dans l'absence de soubas­
sement historique des entités
politiques et le manque de
culture démocratique qui
exclut toute participation des
migrants au débat politique.

L'approfondissement de la
crise économique et sociale a
largement contribué au ren­
forcement du protection­
nisme migratoire (Bredeloup
1995 ; Afolayan 1998 ; Fall
1999-2000 ; Amaïzo 2002 ;
Coquery-Vidrovich & al.
2003) dont les causes sont
variables d'un pays à un
autre. Elles peuvent relever
d'un seul phénomène ou de la
conjugaison de différents
facteurs dont les plus visibles
sont : la croissance du sec­
teur informel et/ou l'aggrava­
tion de la pauvreté qui fait du
migrant un bouc émissaire
commode (Guinée Équato­
riale) ; la montée de la vio­
lence et de la xénophobie qui

est source d'instabilité politi­
que (Côte-d'Ivoire) ; les
replis ethniques ou identitai­
res qui remettent en cause les
projets régionaux d'intégra­
tion (Afrique du Sud).

individu est citoyen de Côte
d'ivoire ou non"

Par exemple, le lien entre le
problème d'accès à la terne
(et plus généralement aux
ressources) et le rejet de
l'Autre est au coeur de la spi­
rale de la haine qui a entraîné
la Côte d’ivoire dans le

"L'Afrique de l’Ouest, région
de peuplement accéléré, sera,
pendant une longue période,
une région en déséquilibre.
Le doublement de la popula­
tion en trente ans est une
quasi-certitude. C'est même,
de toutes les données dont on
dispose sur l'avenir de la
région, la donnée la moins
incertaine. [...] L'une des
sources majeures de tension
sera probablement les migra­
tions des régions pauvres
vers les régions mieux dotées
en ressources et vers les vil­
les. [...] Si ce fait est reconnu
et accepté, la question cru­
ciale que l'on doit poser est
celle des dispositions à pren­
dre pour que le peuplement
puisse se faire dans des
conditions
acceptables."
Ainsi, l'avènement de la
mobilité accrue des person­
nes passe nécessairement par
une refonte des cadres terri­
toriaux et des législations
nationales.

Violences xénophobes
en Afrique du Sud
chaos. Qui est ivoirien ? Qui
peut posséder et exploiter la
terre ? Telles ont été les deux
grandes questions au coeur
de la crise. En 1996, la "Cel­
lule universitaire de recher­
che et de diffusion des idées
du président Henri Konan
Bédié" (CURDIPHE) publie
un manifeste intitulé "L'ivoirité, ou l'esprit du nouveau
contrat social du président
Henri K. Bédié". Le concept
d'ivoirité y est présenté
comme "l'ensemble des don­
nées socio-historiques, géo­
graphiques et linguistiques
qui permettent de dire qu’un

La circulation
des populations africaines
ne peut être freinée

L'enjeu, dès aujourd'hui, est
de comprendre ce qui se
passe, d'anticiper et d'accom­
pagner les processus tels
qu'ils sont décidés par les
Africains eux-mêmes. "11
apparaît clairement que les
opérateurs économiques afri­
cains, urbains comme ruraux,

ont la capacité de tirer parti
des opportunités qui se pré­
sentent à eux. Pour saisir ces
opportunités, ils sont prêts à
se déplacer, à migrer, à chan­
ger d'activité, à prendre des
risques et à accepter des
situations inconfortables. Il
ne sert à rien de leur recom­
mander des changements qui
ne s'imposent pas ou de pré­
tendre freiner des évolutions
inéluctables. Pour en juger
correctement, il est indispen­
sable de se donner une vision
approximative mais claire
des perspectives à moyen et
long terme ; pour préparer les
uns et les autres aux transfor­
mations, susciter les initiati­
ves et accélérer le change­
ment. La prévision est tou­
jours risquée mais le refus de
prévoir est une cause de
déboires encore plus grands
et plus graves." (Arnaud,
2002)
Au cours des prochaines
décennies, les mutations se
poursuivront selon la même
logique centrée autour de la
recherche de meilleures
opportunités économiques.
Elles se traduiront, comme
par le passé, par des migra­
tions vers les zones agricoles
aux potentiels et aux marchés
les plus prometteurs et par
des migrations vers les villes.
N'en déplaisent aux pays
d'accueil comme la Côte
d'ivoire, la Libye ou l'Afri­
que du vSud jB

Pour atteindre ses objectifs, le GAS entend réaliser des projets au
Le Groupe d'Actions Sociales (GAS) est une association regrou­

profit de l'enfance en difficulté à travers des parrainages et l'édifica­

pant des personnes ayant pour souci commun d'œuvrer à donner

tion de centres socio-éducatifs. Les ressources financières du GAS

un sens à la vie des couches marginalisées de la société, Il a pour

proviennent essentiellement des droits d'adhésion, des cotisations

objectifs de contribuer à la prise en charge des enfants en difficulté

des membres, des activités lucratives, des subventions, dons et

; d'œuvrer à la réinsertion socioéconomique des enfants de la rue ;

legs.

d'œuvrer à l'éradication de la mendicité des enfants ; de sensibiliser

L'adhésion au GAS est ouverte à toute personne qui partage l'idéal

leç jeunes sur les comportements à risque ; de sensibiliser sur la

" Agir pour l'autre" Pour vos soutiens et votre adhésion, appelez au

santé mère-enfant.

16

70309544 ou au 76418919

La Preuve n° 009 - Juillet 2008

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La Preuve