La Preuve #35

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Title
La Preuve #35
Creator
La Preuve
Date
November 2010
issue
35
Rights
In Copyright - Rights-Holder(s) Unlocatable or Unidentifiable
Language
Français
Contributor
Louis Audet Gosselin
Wikidata QID
Q114034226
extracted text
Femme et polygamie : une animosité destructrice

"... et voilà la religion de droiture...”

A quoi
sert la
démocratie ?

Pratiques
douteuses
autour du
Pladj !

Vous avez dit indépendants ?

Editorial
’année 2010 a africains. Au bout, on doit
vu plus de 14 avoir le courage de recon­
Etats africains naître qu’une indépendance
commémorer qui est donnée gracieuse­
le cinquante­ ment au lieu de celle qui est
acquise, sonne plus comme
naire de leur indépendance.
A côté de ceux qui ont célé­ une pseudo-indépendance
avec
toutes les caractéris­
bré cette manifestation avec
faste et parfois avec excès, il tiques de la dépendance,
y a ceux qui ont décidé de que la libération de toutes
placer cet anniversaire sous les formes de domination.
le sceau de la réflexion, du
L’évolution tumultueuse
souvenir et de la prospec­
des Etats africains tant sur
tive. Tout compte fait, tous le plan économique, poli­
ont voulu marquer d’une
tique, culturel que social
pierre blanche, cinquante
vient nous rappeler que
ans de ‘’liberté, d’autono­
notre indépendance est
mie, d’indépendance”.
encore à rechercher. Même
Si dans le principe, la com­ si les cas sont différents
mémoration d’un tel évène­ d’un Etat à un autre, dans
ment n’est pas sujet à débat, leur grande majorité, les
il faut avouer que la vérité Africains ne sont jamais
même de notre indépen­ sortis du joug colonial et du
dance reste entièrement néocolonialisme. Il suffit de
problématique. Les Etats voir comment jusqu’à pré­
africains sont-ils vraiment sent les régimes africains
indépendants ? Que célè­ sont faits et défaits par les
bre-t-on au juste : l’indé­ ex puissances coloniales, la
pendance ou l’illusion d’in­ dépendance
financière
totale et la mort progressive
dépendance ?
de nos valeurs culturelles au
Sans vouloir trouver néces­
détriment de celle de nos
sairement des réponses à
anciens maîtres.
ces questions essentielles et
profondes, nous croyons La domination/a simple­
devoir participer au débat, ment changé de visage, pas­
car l’indépendance passe sant des formes les plus
d’abord par une bonne com­ grossières aux formes les
préhension du concept lui- plus subtiles. De nombreux
même. Pour cela, il faut dirigeants africains, saris
remonter le temps, parcou­ ambitions véritables pour
rir les péripéties de la colo­ leurs peuples, ne décryptent
nisation des peuples afri­ pas ses signaux. Ils s’accro­
cains et comprendre le chent à des mirages comme
mouvement qui a conduit à des commémorations pom­
..la décolonisation et à la peuses
et
fastueuses,
constitution des néo Etats dénuées de tout sens. Que

L

Vous
avez dit
indépendants ?

2

célèbre-t-on ?
Pour être moins amer, nous
apprécions le fait que la plu­
part des Etats cinquante­
naires d’Afrique aient
admis la réflexion dans leur
commémoration même si
elle a été menée dans le sens
de plaire aux princes. Au fil
du temps, là prise de
conscience se fait grande et
on peut espérer que dans les
cinquante années à venir les
Etats africains s’affranchi­
ront des nouvelles domina­
tions de la mondialisation,
du joug des puissances
impérialistes, des contin­
gences de la nature et de la
turpitude des Africains euxmêmes. Que ces commé­
morations nous permettent
de prendre conscience de
notre dépendance et d’en
sortir ! Si c’est le cas, bonne
fête !
La Rédaction

\ La (Preuve
Récépissé de déclaration
N°1862//CA-GI/OUA/PF
du 27 juillet 2007
ISSN 0796-8426
Tél. 50 37 9430
Cell. 70 75 54 85
Email : preuve2007@yahoo.fr
Directeur de Publication
MikaïlouKéré
Secrétaire de rédaction
Siaka GNESSI
Responsable commercial
Moussa BOUGMA
Mise en page et impression
Ressources : 50 46 45 19
'7043 33 78
Nombre de tirage
1000 exemplaires

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

Religion de Vérité
Pratiques douteuses autour du Hadj !
-—- Par Cheick Albayan

e mot hajj ou
ijja en langue
arabe, signifie
aller
vers,

L

voyage
ou
pèlerinage. Ce mot est uti­
lisé pour désigner le cin­
quième pilier de l’islam. Le
hajj est le pèlerinage à la
ville sainte de La Mecque,
située en Arabie Saoudite.
C’est une obligation impo­
sée à tout musulman au
moins une fois dans sa vie, à
condition qu'il satisfasse un
certain nombre d'exigences.
Dieu dit : «Et c'est un devoir
envers Dieu pour les gens
qui ont les moyens d'aller
faire le pèlerinage de la
Maison. Et quiconque ne
croit pas... Dieu se passe
largement des mondes.»
C3V97
Cette obligation a été établie
en l'An 9 après l'Hégire,
appelée l'année de la déléga­
tion. Ce dernier verset nous
informe très clairement de la
raison pour laquelle tout
croyant doit faire le pèleri­
nage. C'est en effet pour
l'amour de Dieu. Le croyant
cherche ainsi à plaire à Dieu
car ce pèlerinage peut lui
permettre de se faire pardon­
ner ses péchés, comme l'a
précisé le Prophète (SAW) :
"Quiconque accomplit le
pèlerinage pour l'amour de
Dieu et s'abstient de toutes
relations sexuelles avec son
épouse, et ne fait pas de mal
et ne commet pas de péchés,
alors il retournera chez lui
[après le pèlerinage sans
péchés] comme s'il était à
nouveau né. "
C’est au début du mois de
novembre que les candidats

au pèlerinage ont pris le che­
min de la Mecque pour le
hadj 2010 qui se déroule
dans la deuxième décade du
mois de novembre.
En Afrique, en particulier au
Burkina, aller au pèlerinage
revêt un aspect social impor­
tant. D’une part, vu les
dépenses qu’occasionne le
hajj, il n’est pas donné à tout
le monde d’y aller et d’autre
part le pèlerinage comme
plusieurs autres cultes isla­
miques n’échappe pas à l’in­
fluence de la culture afri­
caine.
Ainsi, pendant les prépara­
tifs du hajj de même qu’au
retour de la Mecque, cer­
taines pratiques et compor­
tement d’origine douteuse sc
font autour des pèlerins. En
effet, pendant les préparatifs
du hajj, les pèlerins sont
astreints à effectuer des
voyages dans les villages
pour des adieux aux parents,
des cérémonies de doua à
n’en pas finir. Ces cérémo­
nies non seulement, n’ont
rien à avoir avec la sunna
mais elles engendrent en
plus des dépenses énormes,
difficilement supportables
par les pèlerins.
Le pèlerinage est un acte
d’adoration comme la prière
qui n’a pas besoin d’autres
cérémonies satellites pour
être accompli surtout si elles
n’ont pas été enseignées par
le Prophète (SAW). L’im­
portant est qu’au final, le
pèlerin sache accomplir cor­
rectement les rites du pèleri­
nage. La préparation spiri­
tuelle du hadj devrait être la
priorité des priorités pour
chaque pèlerin comme Dieu

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

lui-même le dit : «le pèleri­

nage s’effectue en des mois
déterminés. Quiconque s’y
engage, devra s’interdire
tout rapport sexuel, tout
libertinage et toute dispute
durant la période du pèleri­
nage. Quelques bien que
vous fassiez, Dieu en a
connaissance. Prenez vos
provisions, mais la meilleure
des provisions est la piété.
Craignez-moi, O hommes
doués d’intelligence !»
C2V197.

Ainsi, ce qu’il faut comme
provisions de route pour le
voyage du pèlerinage est la
piété, c’est-à-dire une cer­
taine préparation spirituelle,
un bagage spirituel qui per­
mettra de bien pratiquer le
hadj. Alors, au lieu des mul­
tiples cérémonies de doua,
l’apprentissage des rites du
hadj demeure un des préala­
bles incontournables pour
les pèlerins.
En outre, le retour des pèle­
rins est une occasion de
manifestations telles que des
cortèges d’accueil, des uni­
formes,
des
walima...
accueillir les pèlerins en
grande pompe n’est pas en
soi mauvais si on se limitait
à l’acte d’accueillir. Mais on
remarque parfois des acci­
dents dus à des acrobaties
sur la voie publique. En
outre, dans certains villages,
les1 pèlerins sont astreints à
des cérémonies non isla­
miques comme le fait d’en­
jamber le sang d’un animal
égorgé, pénétrer dans son
domicile par derrière et par
une porte spécialement
ouverte. Toutes ces pratiques
animistes n’ont rien à avoir

=
avec l’islam et sont pur asso­
ciationnisme.
Par ailleurs, des hajja (pèle­
rines) à leur retour, dirigent
une prière à la mosquée
devant la foule venue l’ac­
cueillir alors qu’en islam, il
n’est pas permis à la femme
de diriger une prière soitelle une hajja. Il faut noter
que les deux rakats que le
pèlerin doit observer à son
retour à la mosquée avant de
rejoindre son domicile n’in­
combent qu’à lui et les
autres ne sont pas concernés.
Donc si la pèlerine revient,
on doit lui permettre d’effec­
tuer seule les deux rakats ou
à la limite avec des femmes.
Une autre pratique liée au
pèlerinage est l’organisation
des walima (douas) au retour
des pèlerins où certains exi­
gent même de tuer des
bœufs ! Conséquence, des
musulmans refusent le billet
d’avion pour le hajj car ils
n’ont pas les moyens de
faire un walima grandiose au
retour du pèlerinage. Il faut
savoir que le walima du hajj
n’est pas une sunna. C’est
une nouveauté de certains
musulmans africains et du
Burkina. Si ces cérémonies
respectaient l’esprit du
walima au“ sens islamique
qui est le fait de donner à
manger et à boire aux frères
et sœurs pour manifester les
louanges de Dieu suite à une
promotion, on pourrait com­
prendre. Mais ces walima
donnent lieu à des djandjoba
avec de la musique non isla­
mique et une proximité sans
mesure. On n’a pas besoin
de faire, le walima du hajj

3

Preuve Evidente
Le sermon de vendredi en question
-

Par l’Epervier

■ -

.....

endredi 22
œuvres. Cela donne de
les fidèles sont venus prier
octobre
et repartir sans aucune indi­
l’énergie spirituelle aux
2010 dans
fidèles qui les permet de
cation sur la conduite à
une
mos­
traverser la semaine en
observer en tant que musul­
quée de la
ville de Ouagadougou.
Juste après le salam final de
l’imam marquant la fin de
la prière de vendredi de ce
mois
d’octobre,
celui
chargé de passer les infor­
mations interpelle le public
en ces termes : «Le sermon
d’aujourd’hui ne ressemble
pas aux autres, son contenu
est très important», souligne-t-il et de conclure
«Que Dieu nous aide à met­
tre en pratique ce que
l’imam a dit dans son ser­
mon». Pourtant, l’imam a
prononcé son sermon entiè­
rement en arabe. Pas un
seul mot en mooré ou en
dioula, ou en français. On
peut parier que les nom­
breux fidèles qui ont assisté
A quoi sert le sermon de vendredi?
à cette prière n’ont rien
man dans cette situation.
compris. L’imam les a-t-il
attendant de revenir le ven­
exhortés au repentir ? Les
dredi suivant pour renouve­
La religion musulmane est
ler cette énergie ; pour
a-t-il interdits ou décom­
exceptionnelle ! Le pro­
mander une pratique, un
ainsi rester en permanence
phète Mohammed (PSL)
en bonne relation avec le
comportement ? Presque
avant de partir, a tout mis en
personne ne peut répondre.
Seigneur.
place pour la réussite du
Alors qu’est ce qu’il faut
musulman ici bas et à l’aubien mettre en pratique
delà. La mosquée et le
...suite de la page 3
comme le recommande
temps de la prière du ven­
comme on ne le fait pas
l’informateur ? Ce vendredi
dredi sont un lieu et un
pour la prière qu’on accom­
22 octobre, la communauté
moment exceptionnels de
pli quotidiennement. Toutes
des musulmans était en
formation spirituel et d’in­
ces pratiques et d’autres
pleins préparatifs pour le
formation des croyants. Le
qu’on n’a pas été citées ici
Hadj qui, depuis un certain
sermon de vendredi inter­
diminuent la spiritualité, du
temps fait couler beaucoup
pelle les croyants à propos
pèlerin
fraîchement venu
d’encre et de salive ; à
de leurs rapports avec Dieu,
des lieux saints, et ces
Koulpelogo, un affronte­
les invitant à la crainte réfé­
mérites
si on n’y' prend
ment entre deux commu­
rentielle de Dieu, les
garde.
nautés islamiques a coûté la
exhorte au repentir, à l’ac­
! Le.pèlerinage est simple, ne:
vie à un imam, d’un. Ainsi,
complissement de bonnes
lie compliquons pas, n’an­

V

4

-----

Les musulmans vivent
dans une société qui a des
normes et des valeurs qui
ne sont pas toujours en
conformité avec les prin­
cipes de Dieu. Lorsqu’un
fait marquant l’actualité
survient, les musulmans
doivent trouver au cours des
prières de vendredi, la
conduite à tenir. Malheu­
reusement, comme vous
avez pu le remarquer, les
fidèles viennent s’ennuyer,
dormir au cours des prières
de vendredi. Ainsi, les mos­
quées se remplissent sans
que leur état, sans que l’état
de notre communauté de
changent.
En principe,
celui qui vient à la prière de
vendredi ne doit plus être le
même quand il repart.
Certes, le fait de se purifier
et d’aller à la prière de ven­
dredi comporte beaucoup
d’avantages
spirituels
comme nous l’enseignent
de nombreux hadices. Mais
il ne faut surtout pas oublier
que la prière de vendredi
constitue une tribune d’in­
formation et de formation
des croyants.

nulons pas nos bonnes
œuvres par des péchés. Car
"Quiconque accomplit le'
pèlerinage pour l’amour de
Dieu et s’abstient de toutes
relations sexuelles avec son;
épousé, et ne fait pas de mal,
et ne commet pas de
péchés, alors , il retournera
chez lui (après le pèlerinage
sans péchés] comme s’il
était à nouveau né » a dit le
prophète.

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

Plume du mois

A quoi sert la démocratie ?
Par Ahmed

n cette année
d’autant
plus
qu’elle
du cinquan­
accorde la liberté aux
tenaire
de
citoyens et les associe à la
bon nombre gestion de la cité.
d’Etats afri­
Mais comme les dirigeants
cains, il est pertinent de
africains l’ont acceptée
faire le bilan de leur gou­
vernance politique. Et
comme un signe de Dieu,
cette année est marquée
par des faits politiques iné­
dits en Côte d’ivoire et en
Guinée et, dans une moin­
dre mesure dans d’autres
pays africains.

E

Au lendemain du sommet
de la Baule au début des
années 90, coïncidant avec
la chute du mur du Berlin,
les Etats africains dans
leur grande majorité, ont
été contraints d’amorcer
un virage dans le domaine
politique : la démocratie
libérale comme mode de
gouvernance. Si elle a sus­
cité de nombreux espoirs
au début, on se pose
aujourd’hui la question de
sa pertinence, de son
opportunité et de son uti­
lité pour les Etats afri­
cains.

Question osée, me dira-ton. Mais je la pose pour
susciter le débat et la
réflexion. Car les Afri­
cains, me semble-t-il ont
accepté la démocratie sans
en connaitre les tenants et
les aboutissants. Nous
l’avons acceptée, en fait,
du bout des lèvres. Parce
que la démocratie en tant
que système politique est
bon dans son principe,

démocratie à l’africaine
est en fait, la démocratie
animée par des acteurs très
peu sincères, prêts à
contourner, à nier ou à
modifier les textes pour se
maintenir au pouvoir.

Les dirigeants africains réfusent de respecter les
règles du jeu démocratique
sans vraiment y croire, ils
ont fini par créer une
démocratie à l’africaine.
J’avoue que j’en ai honte,
au regard du spectacle dés­
olant que nous offre ce
système hybride. Cette

Ainsi, ils nous offrent en
spectacle au reste du
monde. Une élection en
Afrique est l’objet de
toutes les attentions de la
communauté internatio­
nale tant on craint le pire.

Faites le point des crises
sur le continent et vous
verrez que ce sont les élec­
tions qui en sont la cause
principale ! On veut jouer
sans perdre, on est juge et
partie... Dans ces condi­
tions, on pousse le ridicule
à fond, l’essentiel étant de
gagner.
Ainsi, en cinquante ans de
vie commune, nos popula­
tions n’ont pas réussi à
construire des nations, par
la faute des politiciens qui
attisent le feu en jouant sur
le registre des identités
(religieuse, ethnique...).
Sur ce point au moins,
beaucoup me concéderont
que le bilan est négatif et
l’avenir est tout autant
sombre. Les jeunes sont
parties prenante à ce
déclin
politique
de
l’Afrique. Donc dans cin­
quante ans, je craints
qu’ils nous fabriquent un
autre système fondé tou­
jours sur l’égoïsme, la
cupidité, la vanité et la
malhonnêteté. Que Dieu
sauve l’Afrique !

Sagesse du mois
Un démon se présenta un jour à un
homme sous une forme effrayante et
lui dit: "Tu vas mourir. Cependant, tu
peux survivre si tu remplis l'une des
trois (03) conditions suivantes : tu
tues ton père ou tu frappes ta sœur
ou tu bois du vin.
"Que faire, répond l'homme. Tuer
celui qui m'a donné le jour? Jamais.

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

Frapper ma sœur, que j'aime tendre­
ment? Certainement pas. Je vais
donc boire du vin." Il but donc du vin.
S'étant enivré, il se querella avec sa
sœur et la maltraita. Son père interve­
nant, il le tua.
Moralité : regardez attentivement un
ivrogne pris de boisson, c'est le meil­
leur remède, contre l'alcoolisme.

5

Flash Back
Histoire de la participation des musulmans
à la vie politique nationale
......

. eci est un
I résumé de la
communica­
tion du Pr. Issa
CISSE au col­
loque organisé par le CERFI
courant septembre 2010 que
nous vous proposons en cette
année de commémoration du
cinquantenaire de l’indépen­
dance de notre pays.

C

La participation des musul­
mans à la vie politique a été
analysée par le conférencier
sous quatre grandes périodes
: le lendemain de l’indépen­
dance (l’héritage colonial), le
pouvoir du président SANGOULE, les régimes d’ex­
ception et la quatrième répu­
blique. Cette analyse s’ins­
crit dans la perspective des
rapports entre les musulmans
et l’Etat, l’action politique à
proprement parler des musul­
mans étant difficile à recons­
tituer.

L’islam au début
des indépendances
L’islam s’est implanté beau­
coup plus tardivement au
Burkina Faso, mais sous la
colonisation, des conditions
favorables ont permis sa dif­
fusion. En 1949, on dénom­
brait 3.041.815 soit 9,86 %
de la population. En 1960, ils
atteignaient une proportion
de 20%.

Le nouvel Etat sorti des indé­
pendances était sous l’in­
fluence de l’Eglise catho­
lique, «Les musulmans pour
échapper à la marginalisa­
tion, ont créé une commu­
nauté musulmane unique en
1962». Mais cela n’empêcha
pas le régime de “recruter"

6

.

. =

Par

BacharSOW

ses cadres et militants du
parti parmi l’élite franco­
phone ayant des responsabi­
lités au niveau de l’organisa­
tion musulmane et ce, malgré
son statut apolitique.
L’emprise du pouvoir poli­
tique donc de l’église restait
très grande sur les musul­
mans. Ce fut ainsi sous la
lèré République où l’islam
«était perçu comme une reli­
gion d’arriérés, incompati­
ble avec le monde moderne,
un obstacle au progrès».
Mais la chute du régime et
l’avènement du président
LAMIZANA leur a permis
de relever un peu la tête.

L’islam sous le pouvoir de

LAMIZANA (1966-1980)
A cause des difficultés éco­
nomiques dont il a hérité et à
la faveur d’un contexte inter­
national marqué
par la
guerre du kippour, le choc
pétrolier et la création d’ins­
titutions financières arabes
ouvertes à l’Afrique et au
Burkina, le pays ouvre sa
diplomatie à l’égard des pays
arabo-musulmans.
Cette
ouverture a été désapprouvée
par l’église catholique qui
dénonce une diplomatie en
faveur de l’islam donc
contraire à la laïcité de l’Etat.
«L’islam était devenu un
enjeu politique utilisé par
l’Etat burkinabé contre la
puissance de l’Eglise catho­
lique» explique le Pr CISSE
pour résumer la position de
l’église à l’époque. S’il est
difficile de soutenir cette
thèse de l’église, il n’est pas
moins vrai que les musul­
mans ont tiré profit de ces



rapports avec le
arabo-musulman.

monde

Les consultations électorales
de 1978 ont donné l’occa­
sion aux musulmans de jouer
un rôle important dans l’élec­
tion de LAMIZANA candi­
dat du RDA et soutenu par
Gérard Kango
lui-même
bénéficiant du soutien des
Hamalistes.

C’est dans ce contexte favo­
rable des années 1970 que
d’autres organisations firent
leur apparition. D’abord le
mouvement
sunnite
et
ensuite en 1979 la reconnais­
sance de l’Association Isla­
mique de Tidjania du Bur­
kina dont la création avait été
empêchée par l’aile de la
communauté
musulmane
favorable
au Moogho
Naaba. Le Mouvement sun­
nite profite de la diplomatie
burkinabè pour renforcer ses
relations avec l’Arabie Saou­
dite.
Mais ce qui peut être à juste
titre considéré comme un
printemps de l’islam en
Haute Volta coïncide avec
l’avènement des régimes
d’exception.

La période des régimes
d’exception de 1980 à
1990
Une fois encore les musul­
mans allaient faire l’objet
d’une attention particulière
du pouvoir ; attitude dictée
par une nécessité de politique
extérieure et intérieure. En
effet, à cette période l’islam
se trouvait être valorisé par
les relations avec l’Organi­
sation de la Conférence Isla­
mique, la Lybie (ouverture

d’un bureau de la da’wa au
Burkina). Il faut préciser que
cette ouverture avec le
monde arabo islamique est
liée à «des considérations
idéologiques». L’avènement
de la révolution a occasionné
la réduction de l’aide des
Occidentaux, il fallait com­
bler ce manque en tissant des
relations
avec les pays
musulmans.

Ce fut le contexte d’émer­
gence d’une élite arabisante
au sein de la communauté
qui prête une attention parti­
culière aux questions poli­
tiques à travers «un discours
politique dont les références
se basent sur leur culture
islamique».

Au plan intérieur, l’attention
accordée aux musulmans
s’expliquait par une «néces­
sité de contrôle social». Des
crises au sein des structures
ayant abouti à des conflits, il
fallait intervenir pour le
maintien de l’ordre public.

En tout état de cause, cet
intérêt a créé les conditions
du développement de l’ensei­
gnement
confessionnel
musulman. «Sous la pression
des arabisants l’Etat a été
obligé de créer une direction
de suivi de l’enseignement de
base privé mais l’essentiel
des activités est focalisé sur
les medersa».

Sous la Révolution Démo­
cratique et Populaire, d’au­
tres structures islamiques
virent le jour en l’occurence
«l’AEEMB et le CERFI ani­
més par une élite de jeunes
musulmans francophones
très dynamique».
Suite page 9...

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

role de femme

La participation de la femme musulmane
dans la politique burkinabè
Par

a
faible
représenta­
tion
des
musulmans
au sein du
parlement, du
ment et des collectivités
décentralisées, constitue
une entrave majeure à la
prise en compte de leurs
besoins spécifiques dans
les politiques de déve­
loppement de nos pays.
Celle des femmes musul­
manes l’est encore plus à
cause de la probléma­
tique de la femme musul­
mane telle qu’elle est
vécue aujourd’hui : une
femme musulmane, prise
en otage entre deux
mondes...Un monde inté­
rieur, musulman, dans
lequel on lui a usurpé
beaucoup de ses droits
où elle se plie souvent
non pas par volonté de
plaire à Dieu mais par
soumission à la gente
masculine - l’amalgame
est vite fait- et un monde
extérieur, non musulman
où elle est représentée
comme étant l’archétype
par excellence de la
femme opprimée.

L

Aujourd’hui des change­
ments favorables sont
observés au sein de la
société. Les femmes
musulmanes du Burkina
s’organisent autour des

associations, s’intéres­
sent aux microcrédits
pour exercer des activités
génératrices de revenues,
s’intéressent plus
à
gouverne­

Fati i

la confiance en soi à la
femme ;

pour sa famille et la com­

• Bannir les comporte­
ments féodaux envers les

librement

munauté. Elle peut ainsi
faire

des

choix, prendre des initia­

tives constructives pour

son foyer et répondre
favorablement

par

sa

présence dans toutes les
sphères de la vie socio-

politique et économique

où le besoin se fait sentir.
Les femmes musulmanes
ont demandé plus de par­
ticipation dans la poli­

tique

gouvernementale

lors du lancement du
Réseau

des

femmes

musulmanes d’Afrique à

Bamako en 2008. Ce
réseau avait pour but de
contribuer à la mise en

œuvre de l’Objectif du
Millénaire pour le Déve­

loppement relatif à la
Une militante politique en Iran

promotion de l’égalité et

l’éducation ... Cependant
il leur reste de gros
efforts à faire :

femmes musulmanes, lui
donner sa place recon­
nue par l’Islam ;

de l’autonomisation des

• Les familles musul­
manes à l’instar des
autres familles burkinabè
ont incontestablement
besoin du soutien de la
femme libérée de tous les
stéréotypes,
battante,
cultivée et conseillère ;

• Accorder de la valeur
aux apports de la femme
à la prise de décisions
dans la gestion du foyer
lui donne plus d’estime
de soi.

kina Faso en tant que

Ces différents éléments
réunis permettent à la
femme
musulmane
d’être très entreprenante

sir celui qui présidera à

• Etre économiquement
indépendante, apporte de

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

femmes.
De ce fait, celles du Bur­

citoyennes, doivent s’ap­

proprié le droit élémen­
taire et légitime de vote

pour aller aux urnes par
choix délibéré pour choi­
la destinée leurs pays

pendant les cinq pro­

chaines années.

7

Leçon de Vie
Femme et polygamie : une animosité destructrice
-----

-----

. lier lecteur, je
, suis écœuré face
aux difficultés
que
traverse

C

, * notre commu­
nauté. Pourtant il n’y en a pas
sur cette terre qui dispose d’au­
tant de solutions. Je suis d’au­
tant plus déchiré quand je me
rends compte qu’un frère souf­
fre ou qu’une sœur est meurtrie
dans sa vie à cause tout simple­
ment de l’inobservation de
textes religieux.
Des musulmans avec des pro­
blèmes, c’est naturel ou
humain dirait-on. Mais est-ce
justifiable qu’un musulman ait
la cirrhose de foie pour avoir
trop bu de l’alcool, ou un can­
cer de poumon pour avoir fumé
de la cigarette ; ou encore
qu’un musulman soit appauvri
à cause des prêts à intérêts, ou
qu’un musulman retrouve la
prison pour avoir détourné des
fonds ou escroqué des indivi­
dus. Cela doit nous titiller la
conscience. Ce serait une perte,
une faillite, une destruction, un
cataclysme. Que dire à Allah ?

Alima est ma voisine. Arrivée
de Côte d’ivoire il ya cinq mois
de cela, elle lutte contre la fata­
lité ou la trahison des hommes.
Le rejet primaire

En 2000, elle fut remise à
Mohammed pour que ce der­
nier s’en occupe conformé­
ment au Coran et à la sounna. A
l’occasion, une pluie d’invoca­
tions et de prêches s’abattirent.
sur l’assistance qui témoigna
du dépôt confié. Mohammed
convola en noces avec sa jeune

8

,.

Par Idriss

épouse. Ils émigrèrent à Abid­
jan où ils auront trois enfants.
Le temps, les enfants et les
jeunes filles poussantes du
quartier finirent par convaincre
Mohammed de se prendre une
deuxième épouse ; et ce fut la
cause de tous les dérapages de
leur foyer.
Alima s’opposa d’abord aux
velléités de son mari, ensuite à
sa volonté toute affirmée. Elle
organisa et perpétra tous les
scandales possibles afin que
cette deuxième, sorcière,'
voleuse de mari, usurpatrice du
bonheur des autres ne mette
pied dans sa maison à fortiori y
trouver chambre. Mohammed
négocia en vain. En pareille
situation - c’est-à-dire quand
l’Homme est aux abois- il s’in­
vente une situation de contour­
nement.
Mohammed
se
retrouve dans un autre quartier
d’Abidjan où il court une autre
musulmane (Fanta) qui s’op­
pose aussi catégoriquement à la
polygamie.
L’absence de sincérité
conduit toujours aux abois
Mohammed promit à cette
deuxième musulmane mono­
gamie et fidélité pour toute la
vie. Et en attendant de concré­
tiser leur union, ils (les deux
musulmans) acceptèrent de
vivre en concubinage. De
toutes les façons pour Issaka,
c’était la raison, très simpliste
et mauvaise, je l’admets avec
vous, de contourner les désirs
de la première musulmane
pour assouvir les siens. Alima
était au courant de la deuxième
relation, mais ne s’en émut

point. La raison était toute sim­
ple : tant que cette garce, dont
elle n’avait des nouvelles que
par les rumeurs, se contentait
des miettes, il n’y avait aucune
menace pour elle. Quels
musulmans, je vous l’imagine.
Avec le temps, les habitudes et
les ragots, Fanta est mise au
courant de l’existence d’une
autre femme, la titulaire, dans
la vie d’Issaka. Elle se fâcha,
menaça de partir avant d’exiger
qu’Issaka répudie la première.
Il hésita évidemment : au
moins il lui restait un peu de
dignité. Cette hésitation donna
le temps et le courage aux deux
femmes de se livrer une guerre
maraboutique à distance. Qui
avait le marabout le plus fort, je
ne sais pas. Mais toujours est-til qu’elles récolteront tous pro­
portionnellement à leurs actes
ce qu’elles ont semé.
Un jour, Issaka prit la décision
d’effectuer un voyage. Il ne
précisa ni le motif, ni la desti­
nation, ni la durée. Des jours
passèrent, des semaines, des
mois et même des années. Il
avait tout simplement aban­
donné son foyer, pardon ses
foyers. Trois années plus tard,
l’on apprit qu’il était venu res­
ter à Bobo où il s’était remarié.
Une grosse perte pour les deux
premières musulmanes qui se
sont vues ravir la place par une
troisième. De ce constat se
dégagea une nécessité de coali­
tion pour déloger la troisième
SDF. Peine perdue : elle ne dis­
posait pas assez de moyens
pour le voyage encore moins
pour les investigations. Déjà
avec trois enfants pour la pre­

mière et une pour la deuxième
elles peinaient à trouver de
quoi tenir décemment. S’inves­
tir dans de telles entreprises qui
relèvent dignement des préro­
gatives de la CIA, du FBI ou
d’Interpol, relevaient purement
et simplement d’un luxe
qu’elles ne pouvaient s’offrir.
Fuir la nature/se voiler la
face
Des années de charges et de
misères usèrent toutes les res­
sources d’Alima. Elle entra
dans un cycle d’errance à la
recherche de petits travaux.
C’était sans oublier la perver­
sité de beaucoup d’hommes
poly-monogames à vie, prêts à
sauter et sur les femmes céliba­
taires et sur les femmes
mariées. Dans pareille situa­
tion, chaque homme qui l’em­
bauchait, le faisait surtout dans
l’espoir d’en faire une concu­
bine. De la dignité, Alima en
avait encore un peu. Elle était
prête à certains sacrifices ; mais
quant à celui de la chair, elle y
renonçait énergiquement. Ni le
grand frère de son mari qui
vivait en Côte d’ivoire avec
elle, ni ses familles restées au
Faso n’entreprirent de venir en
aide à cette femme et ses
enfants laissés à eux-mêmes.
C’est ainsi qu’elle prit l’initia­
tive de revenir au Burkina. Le
grand frère de son mari inter­
vint pour, non leur apporter de
l’aide, mais pour lui opposer
son véto contre la volonté de la
femme de partir avec ses
enfants. Contre son gré, ses cris
et supplications, ses enfants lui
firent retirer tout simplement.

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

Leçon de Vie
Au Burkina Faso, elle restera
sous les bienveillances d’un
pasteur qui lui apporta soins,
finances et surtout soutien
moral. Cette situation perdura
quelques années jusqu’au jour
où un Alassane, vivant en Italie
avec sa femme, s’engagea à
épouser Alima en secondes
noces. Celles-ci furent célé­
brées. Une maison fut louée.
Elle intégra cette demeure
constituant ainsi, elle et sa mai­
son, le pied à terre d’Alassane.
C’est à cette occasion que son
chemin croisa le mien; parta­
geant ensemble le même célibatérium.
La polygamie n’a jamais été
en cause, mais bien la per­
sonnalité des femmes

Ce qui vous semble être la
solution n’était en effet que le
début de ses calvaires. Cal­
vaires qui vont être créés et
entretenus par une autre
femme; et tenez vous bien, pas
par sa coépouse mais par une
femme extérieure. Tout de suite
je vous fais tirer cette conclu­
sion qui va se concrétiser par la
suite de cette histoire : ce n’est
pas la polygamie qu’il faut
récriminer mais la personnalité
des femmes.
La tante de la coépouse de
Alima va s’investir à détruire
cette nouvelle relation qui
venait de se tisser. Elle appel­
lera, chaque semaine, celle qui
vit en Italie pour lui enseigner
des tactiques, stratégies qui,
mises en œuvre, étaient de
nature à briser ce deuxième
mariage. En plus elle se pro­
posa d’installer et de gérer une
commission marabout et
*’wak” depuis Ouagadougou.
Au moment où je vous écris, la
tante est au village pour
accomplir une mission mara-

1
boutique.
Rien qu’avant-hier, je
conseillai Alima de se réfugier
dans les prières et invocations.
Quant à vous, je vous laisse ces
réflexions.

Ce n’est pas l’amour qui est
aveugle, mais la femme qui
s’aveugle
«Tous les hommes sont infi­
dèles», disent les femmes.
Mais ce qu’elles ne disent pas
et qu’elles pratiquent, est que
toutes les femmes sont oppo­
sées à la polygamie. Paradoxe
incompréhensible et inexplica­
ble pour quiconque s’oblige,
naturellement, un peu de
logique.
Il est impossible d’aimer deux
personnes à la fois : souvent
vrai, parfois faux ; mais dans
tous les cas, vrai. On ne peut
pas aimer deux personnes à la
fois : c’est Humain, et tout le
monde l’a remarqué : toutes les
relations humaines en sont
caractérisées de quelque
manière que ce soit. Mais, dites
moi : en quoi cela nuit-il à la
L’islam dans le contexte du
, processus
démocratique
depuis les années 1990.

vie communautaire, sociale ?
Nulle part. Bien au contraire
c’est souvent même un facteur
de perfectionnement des êtres
humains qui, à la recherche
d’une certaine notoriété, corri­
gent leurs erreurs et se boni­
fient ainsi. Où est donc le mal ?
On peut aimer deux personnes
à la fois : la preuve se retrouve
dans la piété filiale. Un même
enfant aime son père et sa mère
: est-ce pour autant une raison
qui pousse les parents à s’en­
gueuler, à divorcer ? Non.

Enfin remarquons que les

D’ailleurs il est même utopique
d’aimer une même personne de
façon absolue et étemelle. Les
problèmes de foyer ont la
même couleur qu’ils dérivent
d’un foyer poly ou monogame;
l’amour fluctuant. Le problème
est donc dans la nature même
de l’amour. Comme tel est le
cas, O Femme, douée de rai­
son, pourquoi te laisses-tu balloter par tes passions et tes
désirs ? N’est-ce pas par là que
Satan nous tire vers la perte ?

service et même à l’Assemblée

non musulmans et faire en
sorte que l’islam soit pris au
sérieux par les autorités
politiques, l’opinion non
musulmane et non prati­
quante ên somme des
modernes qui ont vision
péjorative de l’islam» selon
les propos, d’un responsable
de l’AEEMB. ,

Cette période est marquée
par l’éveil de l’élite franco­
phone musulmane, mue par
une réelle volonté de défen­
dre la cause de l’islam, de
réaliser l’unité des -musul­
L’autre aspect est Vin­
mans et de lutter conte le
fluencé de plùs ' en plus
fanatisme religieux. A tra­
grande ' dés arabisants qui
vers l’AEEMB et le CERFI,
ces jeunes intellectuels utili- , débute depuis les années 90.
sent des moyens modernes ■ Qu’ils soient issus des
pour animer la vie de leur .. medersas'au Burkina ou des
structure, en somme «une. universités des pays arabes,
ils se situent dans une ten­
inscription de la modernité
dance réformiste du mouvedans la perspective de l’is­
lam»., «Il s’agit d’éviter de' . merit’ islamique^ Leur affi­
liation aux association's islas’enfoncer dans iin dogma­
tisme-radical aux 'yeux des , iniques se renforce. Mais ils .

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

femmes vivant dans des foyers

polygames n’ont pas de diffi­
cultés à cause du régime matri­

monial vécu, mais à cause de

leurs comportements égoïstes.
Tenez vous bien même quand
elles ne partagent pas le même

mari, elles trouvent toujours
matières à se critiquer, se

médire, s’insulter, se jalouser et
même se battre. Toutes les

occasions sont bonnes : au
champ, au puits, au marché, au

Nationale ; pour ce dernier cas,

ce n’est pas pour des idées mais
pour des futilités.
En attendant n’oubliez pas
qu’Alima espère revivre la cha­

leur d’un foyer grâce à un sys­
tème qu’elle s’était employée à

combattre.

La leçon ultime : il n’y a pas
d’intelligence suffisante pour

se suffire des lois divines.

sont confrontés aux pro-’
blêmes d’insertion socioprô-j
fessionnelle.
En outre dans î ’ère du pro­
cessus démocratique, le
pouvoir politique a besoin
des structures associatives et
des leaders d’opinion dans
sa volonté de se pérenniser.
Le personnage de Kanazoé,
vue sa place à la fois au sein
des musulmans et dans les
sphères politiques en est une
illustration. ,.Mais d’autres
attitudes de la 4e république
vis-à-vis des musulmans
rendent la relation plus com­
plexe. Ces rapports pour­
raient constituer un dont;
de réflexion. ,

9

Brèves
e Cercle d’Etudes de
Recherche et de Fomia-

L

.. ,'tion Islamique (CERFI) a
organisé en fin octobre à Ouahi­
gouya son Assemblée générale
annuelle. Il s’agissait pour le
Cercle de faire avec ses 45 sec­
tions provinciales et ses 7 coordi­
nations régionales un bilan
annuel et dégager les perspec­
tives pour 2011.
’AEEMB, entendez par
là l’Association des

L

___ jElèves et Etudiants
Musulmans au Burkina a orga­
nisé en début novembre à Ouaga­
dougou un colloque national qui
a eu pour thème : «Quelle
reforme des activités de
l’AEEMB pour plus d'efficacité
?». De nombreux responsables et
des personnes ressources ont
contribué à la réflexion. L’asso­
ciation se prépare au renouvelle­
ment de ses instances en décem­
bre 2010.

mac. Après avoir perquisitionné
et fouillé deux de scs bagages
sans succès, la police était deve­
nue suspicieuse devant l'attitude
du passeur

cesseur de Noufou Tiendrebeogo, actuel président du
bureau exécutif de l’AEEMB.

n Australie, un homme
s'est récemment marié
javec sa meilleure amie et
es gens qui pratiquent
sa plus fidèle compagne
régulièrement un exer­
chienne labrador. Les habitants
cice physique ont moins
de
la
ville
de Toowoomba en
de chances de tomber malade,
Australie ont sûrement dû être
affirme une étude américaine.
surpris
de
voir cette étrange
Une récente étude menée aux
union. En effet, un jeune homme
Etats-Unis sur 1000 personnes
a choisi de se marier avec... sa
vient ainsi de confirmer une
chienne de cinq ans, Honey ! La
théorie déjà connue : la pratique
cérémonie s'est déroulée dans le
du sport empêche de tomber
parc Laurel Bank en compagnie
malade.
de trente invités spéciaux, dont la
ux États-Unis, la délin­
famille et les amis proches du
quance n'a pas de
couple. Il explique que cette rela­
tion n'a rien de sexuel, mais qu’il
......... visage, mais a une
s'agit davantage d'un "amour
odeur. Ainsi, un enfant de 11 ans
pur".
a été renvoyé une journée de son

L

E

A

ne étude australienne
menée chez des per­
sonnes de plus de 50 ans
atteints de légers troubles cogni­
tifs (troubles de la mémoire)

U

montre qu'une activité physique

modérée, comme la marche à
: sa
pied, conduit à une amélioration,
légère mais durable.
n a découvert dans
j l'ouest de la Suède un
épicéa minuscule qui
pourrait être le plus vieil arbre
vivant du monde.

O

Haut d'à peine 2 mètres, il se
trouve sur le flanc d'une colline à
environ 1000 m d'altitude.
n connaissait déjà plu­
sieurs spécimens très
anciens - des pins de la
Sierra Nevada notamment - dont
l'âge avait été estimé à 5000 ans,
par dendrochronologie. Mais la
finesse des cernes de l'épicéa
suédois rendait leur comptage
difficile ; son âge a donc été
déterminé par datation au car­
bone 14 :7890 ans !

O

école pour avoir eu des flatu­
imberley Hall en avait
lences dans le bus scolaire qui
assez de l'obsession que
l'emmenait à l'école. Malgré les
____ portait son compagnon
protestations du jeune garçon,
à Facebook. Elle trouvait que
qui a expliqué qu'il s'agissait d'un
celui-ci passait beaucoup trop de
accident, l'administration de
temps sur le réseau social, plutôt
l'établissement
a
fait
appliquer
à
n prévision de la visite du
que de s'occuper d'elle. Énervée,
la lettre les règles de respect et de
es expériences menées
président américain au
politesse. Sur le papier informant elle a- utilisé un balai pour
sur une vingtaine de
endommager l'ordinateur porta­
........ amusée Gandhi, la ville de
les parents de la sanction, les
sujets prouvent que
ble de Bruce Yates, son compa­
explications du chauffeur sont
Bombay a choisi de cueillir l'en­
notre système moteur cérébral
gnon, faisant voler les touches du
d'ailleurs mentionnés: "Il pense
semble des noix des cocotiers
est activé par anticipation,
que c'est drôle d'avoir des gaz
clavier dans toute la pièce. L’af­
autour du musée pour éviter que
lorsqu'on s'attend à ce qu'un
dans le bus. Je lui ai dit d'arrêter faire s’est terminée à la police.
l'une d'entre elles ne le blesse.
mouvement se produise.
car ce n'était pas drôle, et que ce
e 2 novembre à Jerez
Singapour, une tentative
L'expérience est simple : le sujet
n'était pas poli pour les gens
dans le sud de l'Espagne,
de suicide peut amener
visionne 2 films. Au préalable il
autour de lui. Et pendant que les
__ __à la case prison ! C'est
f une jeune femme a donné
està averti que, dans le premier
autres criaient, il riait".
la suite d'une dispute avec le pro­
naissance à un bébé de 2,9 kilos.
film, la main posée à côté d'un
’AEEMB organise en fin
priétaire de son appartement que
Jusque-là rien d'anormal sauf que
objet vert va le saisir. Par contre,
décembre son 12e congre
Zhou Zhi Hui aurait tenté de se
la mère en question n'a que... dix
dans le second film, la main
^ordinaire à Ouagadou­ suicider, ou de s'échapper, depuis
ans. Les autorités locales souhai­
posée près de l'objet rouge ne le
gou. Instance suprême de l’asso
le balcon.
­
Une chute de 12 étages
tent préserver l'anonymat de la
saisira pas.
et de 40 mètres qui s'est arrêtée
ciation, le Congres a lieu tous les
mère. On ne connaît pas non plus
Dans le premier cas, les zones
deux ans et permet aux responsa­
dans une piscine peu profonde,
le sexe du bébé. «La jeune mère
cérébrales motrices du sujet
bles de renouveler les organes
dont la jeune femme est sortie
et son enfant sont en bonne
spectateur entrent en activité, et
dirigeants et de donner les
miraculeusement vivante, ne
santé», assure un porte-parole de
pas dans le second.
souffrant que de blessures super­
grandes orientations pour les
l'hôpital.
ficielles. Mais à Singapour, la
deux prochaines années. Le
Cette capacité de mobilisation
Chennai en Inde, un
congrès de décembre 2010 se
tentative de suicide est passible
par anticipation serait particuliè­
homme a été apprétient sous le thème «la contribu­
d'une peine d'un an de prison.
rement utilisée par les sportifs.
tion de l'AEEMB à l'unité des
Zhou Zhi Hui a donc été arrêtée
_ ____ hendé par la police alors
musulmans
du
Burkina
:
mythe
pour
comparaître
devant
la
jus
­
qu'il tentait de faire passer entre
tice.
ou réalité» et désignera le suc­
l'Inde et le Sri Lanka 2 060 dia­

K

B

D

A

L

L

A

mants et autres pierres pré­
cieuses...
cachés dans son esto­
10

La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

Extrait
Ibn Khaldûn et l’essor des sciences en islam
Par Mohamed. T. BENSAADA

oser la question
inanité a-t-elle eu quelque ori­
des rapports entre
ginalité ou bien se résume-tl’islam
et
la
elle seulement à une œuvre de
science amène le
traduction et de transmission
chercheur à se pla­
cer sur un double plan. Le pre­
mier est celui de la civilisation
historique qu’on a coutume
d’appeler la civilisation araboislantique et qui s’est déployée
dans le temps entre le Vlllè et
le Xlllè siècles. Le second est
celui de la religion musulmane
en tant que telle dont le corpus
fondamental - le Coran- a
encouragé les croyants à la
connaissance ou du moins à
des sciences antiques et parti­
une certaine connaissance pou­
culièrement de la science
vant déboucher sur la contem­
grecque comme cela est sou­
plation des signes de la Créa­
tenu par certains historiens ?
tion divine. Il existe toute une

P

littérature qui cherche à prou­
ver la véracité scientifique de
certaines propositions cora­
niques en essayant de les rap­
procher de certaines décou­
vertes scientifiques modernes
(cf. Maurice Bucaille). Pareille
entreprise ne résiste pas à
l’examen sérieux tant elle
confond gravement vérité
métaphysique et vérité scienti­
fique. Par contre, si on examine
le statut des sciences dans le
cadre historique de la civilisa­
tion arabo-islamique, il y amoyen d’avancer dans notre
recherche. A cet égard, on peut
se poser un certain nombre de
questions pertinentes :
'
1- Y-a-t-il un Ken quelconque
entre l’un ou l’autre aspect de
la civilisation islamique avec îa
rationalité des sciences de
l’époque ?

2- La contribution islamique à
l’aventure scientifique de l’hu-

3- Si on soutient la thèse de la
transmission de la science
grecque par les Arabes, il fau­
drait alors répondre à cette
autre question : Pourquoi les
Arabes ont-ils fait le choix phi­
losophique et épistémologique
de la science grecque qu’ils
semblent avoir privilégiée alors
qu’ils ont été en contact avec
d’autres traditions anciennes ?
La question du rapport qu’on
pourrait établir entre la rationa­
lité scientifique et la civilisa­
tion islamique a été abordée
par plusieurs chercheurs et a
reçu des réponses très diffé­
rentes. Nous en retiendrons
trois. La première est celle du
célèbre historien maghrébin du
XlVè siècle : Ibn Khaldûn. Il
soutenait une position assez
audacieuse pour son époque
qui contraste avec la vulgate de
ceux qui croient trouver dans le
corpus coranique des vérités

scientifiques modernes. Ibn
Khaldûn soutenait quant à lui
que l’excellence dans la
recherche scientifique n’a rien
à voir avec la vérité métaphy­
sique du Coran dans la mesure
où des civilisations antérieures
avaient réussi dans le domaine
scientifique sans pour autant
partager les vérités métaphy­
siques des religions mono­
théistes.

La seconde position est celle
du chercheur iranien Seyyed
Hossein Nasr qui, sans tomber
dans le schématisme d’un
Bucaille, soutient qu’une origi­
nalité intellectuelle propre à
l’islam a favorisé dès le début
l’excellence de la civilisation
islamique dans le domaine
scientifique et particulièrement
les mathématiques. Cette thèse
est rejetée par l’historien des
mathématiques Ahmed Djebbar qui estime qu’il n’y a pas
de lien entre la mentalité isla­
mique et l’ouverture aux
mathématiques. Par contre, A.
Djebbar soutient que les pre. mières sciences islamiques, à
savoir l’exégèse coranique et la
philologie, ont encouragé un
esprit critique qui a sans doute
favorisé l’expérience scienti­
fique durant les premiers siè­
cles de la civilisation araboislamique.
Dans cette étude, nous nous
concentrerons sur la thèse
défendue par Ibn Khaldûn tout
en essayant de la discuter en
nous basant notamment sur les
apports de l’histoire des
sciences et de son éminent
représentant au XXè siècle,
Alexandre Koyré.

Dans sa célèbre Muqaddima,
Ibn Khaldûn n’a pas seulement
jeté les bases d’une philoso­
phie de l’histoire comme on l’a
souvent souligné. Il a aussi
exposé une philosophie de la
connaissance rigoureuse et
subtile. Il commence par dis­
tinguer la pensée (fikr) de la
perception (idrak). La première
distingue l’homme des autres
animaux. La seconde est un
attribut commun aux hommes
et aux animaux. Ibn Khaldûn
écrit : « Les animaux perçoi­
vent les objets extérieurs au
moyen des (cinq) sens exté­
rieurs dont Dieu les a pourvus :
l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût
et le toucher. Mais l’homme a,
en outre, la possibilité de per­
cevoir ce qui est en dehors de
lui, en se servant de sa pensée,
qui est une faculté extra-senso­
rielle (wara’hissihi), dont le
siège est les ventricules du cer­
veau. Grâce à quoi, l’homme
peut saisir les formes des
choses sensibles, les retourner
dans son esprit et en abstraire
de nouvelles. La pensée est la
libre disposition (tassaruf) de
ces formes ultra-sensorielles et
le nomadisme (jawalan) de
l’esprit, qui va de l’une à l’au­
tre en exerçant (successive­
ment) l’analyse (intiza’) et la
synthèse (tarkib). »
Ibn Khaldûn explique que c’est
là l’explication du verset cora­
nique (XVI, 78) : « Il vous a
donné l’ouïe, la vue et des
cœurs. » Selon Ibn Khaldûn, le
• terme « af’ida » (cœurs) est le
pluriel de « fu’ad » et veut dire
ici « pensée »(fikr). Cette
explication rejoint la définition

Suite page 12...
La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

11

Annonces
...suite de la page 11 :
de Al-Ghazzali : « un cœur,
c’est-à-dire un esprit qui est
le siège de la connaissance de
Dieu, et qui n’a rien à voir
avec la chair et le sang. »

Dans un second temps, Ibn
Khaldûn précise les trois ,
degrés de la pensée : le pre­
mier est celui de l’entende­
ment (ta’aqqul) du monde
extérieur, le second est repré­
senté par les manières (adab) '•
qui permettent à l’homme de
se mouvoir en société et enfin.
le troisième constitue la
dimension scientifique pro­
prement dite (‘ilm) puisqu’il
procure une connaissance des
choses qui va-au-delà des.
sens. Ibn Khaldûn la définit
en ces termes : «C’est une
intelligence «spéculative»
(nazari). Elle consiste, à la
fois, en concepts et en affir­
mations, combinés de façon,
particulière, dans des condi■ fions déterminées, pour per­
mettre quelque autre connais­
sance du même ordre -,
. conceptuelle ou non. Combi­
nant alors ces connaissances,
avec d’autres, elle en produit
encore de nouvelles. Finale­
ment, elle ' aboutit à la'
conception de l’existence;
(tasawwur al-wujûd) en tant
que telle, avec ses espèces,
ses différences, ses causes et.
ses prétextes. C’est ainsi que'
la pensée achève sa perfec-;
tion réelle et qu’elle devient
pure intelligence (‘aql mahd).
et l’âme même de la percep. tion (an-nafs al-mudrika). Et
c’est là la réalité humaine (alhaqîqat al-insâniyya),»
A suivre...

REMERCIEMENTS
Al-hamdu-li-lâhi, raabi-l-âla min (Louages à
Allah, Seigneur de l’Univers)
Inna lil-laahi, wa inna ilayhi raajioun (Certes,
nous venons d’Allah et c’est vers lui que se fera
le retour)
Les grandes familles TAPSOBA, ILBOUDO, à
Ouagadougou, Ziniaré, Laongo et aux EtatsUnis,
La famille de feu El Hadj TAPSOBA Issaka
Gouré à Ziniaré,
El Hadj TAPSOBA Oumarou et famille à Ouaga­
dougou,
TAPSOBA Saidou Ahmed à la RTB, son épouse
Adissa à la Commission de l’UEMOA, leurs
enfants Abdel Nasser et Asma, leurs frères et
sœurs à Ouagadougou, Ziniaré, Mankarga,
Clermont-Ferrand et New York,
ZOUNDI Moctar et famille à Ouagadougou,
TIENDREBEOGO Hamidou et famille à Ouaga­
dougou,
SAM Issaka et famille à Ouagadougou,
BELEM Salifou, Président du Conseil d’Administration de la RTB et famille à Ouagadougou,
El Hadj OUEDRAOGO Salif, son épouse Hadja
Mariam au F.E.E.R. et famille,
La famille spirituelle Noura au secteur 16 Oua­
gadougou,
Les familles alliées NANA, OUEDRAOGO,
TRIANDE, SAWADOGO, TOGO, OUATTARA,
KONE, BARA, KONATE et TAPSOBA à Ouaga­
dougou, Ziniaré, Kounda, Zorgho, Gourcy, Kienfangué, Dapaong,
El Hadj NANA Youssouf et famille à Ouagadou­
gou,
TOGO Saidou, professeur au lycée Marien
Gouabi et famille,
OUEDRAOGO Haminou, professeur au lycée
de Komsilga et famille,
Expriment leurs sincères remerciements aux
nombreux parents, amis, collègues et connais­
sances qui, de près ou de loin, leur ont mani­
festé leur soutien moral, spirituel, matériel et
financier lors du décès brutal et de l’inhumation
le lundi 27 septembre 2010 de leur petite-fille,
fille, sœur, nièce et cousine, TAPSOBA Téewendé Farida, précédemment étudiante au
CESAG à Dakar, à l’âge de 20 ans.
Leurs remerciements vont :
A Monsieur le Secrétaire Général du Gouverne­
ment,
A Monsieur le Directeur de la Communication
de la Présidence du Faso,
A, Monsieur le Président et aux membres de la
Commission de l’UEMOA, ainsi qu’à l’ensemble

du personnel des organes de l’UEMOA et leurs
familles,
A Monsieur le Directeur Général de la RTB, aux
Directeurs Techniques et à l’ensemble du per­
sonnel,
A l’ensemble des structures du CERFI et de
leurs militants,
A l’AEEMB et à l’ensemble de ses militants,
Au Premier Vice-président de la Communauté
Musulmane du Burkina Faso,
Au Secrétariat de la Fédération des Associa­
tions Islamiques du Burkina,
A Son Excellence Cheick Aboubacar FOFANA,
Président du COSIM en Côte d’ivoire,
A Monsieur le Directeur Général de la SONABEL,
A Monsieur le PDG de CORIS BANK Internatio­
nal,
Aux fidèles musulmans, aux amis et aux voisins
des secteurs 15,16 et 7 de Ouagadougou,
Aux camarades, amies et promotionnaires de la
regrettée aux lycées Nourène, Bambata et
Technique de Ouagadougou,
A El Hadj MBAYE Diene et famille à Dakar,
A tous les frères er sœurs de Jahma Ibadou
Rahman,
A El Hadj KOMBOEGO et famille aux 1200
logements,
A El Hadj KANAZOE Inoussa et famille à Oua­
gadougou,
Que chacun trouve ici l’expression de leur
reconnaissance, en considérant ces remercie­
ments comme lui étant personnellement adres­
sés !
Puisse Allah, le Grand Architecte de l’Univers,
vous récompenser grandement et vous combler .
de ses grâces infinies !
Amin 1

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La Preuve n° 35 -Nov.Déc. 2010

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La Preuve