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Fait partie de An-Nasr Vendredi #246 (La foi, facteur du développement)

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A

Lorsquevient le secours d'Allah ainsi que la victoire, célèbre les louangesde ton Seigneuret implore son pardon

gj

. ..

ligion, ce qui la distingue de l’acception
a foi, selon le petit Robert est
laïque admise en Occident. Le dévelop­
le fait de croire en Dieu, en un
pement recherché est un développement
dogme par une adhésion pro­
fondé sur des valeurs morales et hum a­
fonde de l’esprit et du cœur
nitaires, répondant aux conditions de
qui emporte la certitude.
sécurité et de bien-être des populations.
En Islam, cette foi a un sens plus large
Pour nous, le développement doit en­
et plus préas : c’est la croyance en un
traîner autant de prospérité et de bienDieu unique, Allah, en Ses messagers, en
être que de justice et de sécurité pour les
Ses Livres, en Ses anges, au jour du juge­
dtoyens d’un pays
ment dernier, en la
ou d ’une nation. II
prédestinée du bien
La foi, facteur du
s’agit d ’un
état
et du mal. Cette défi­
développement
d ’esprit et de pro­
nition s’inspire du
grès résultant d ’un
Coran qui dit : « Le
processus d’évolution progressive des
Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de
conditions sociales, matérielles, intellec­
la part de son Seigneur. Lui et les croyants,
tuelles, politiques et économiques d ’un
tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses L i­
peuple. Cet état d ’espnt suppose qu’il
ons et en Ses Messagers. Nous ne faisons pas
existe une volonté d ’évoluer, de progres­
dedifférence entre Ses messagers. » C2V285
ser, de changer en mieux l’aboutisse­
La foi est cette conviction profonde qui
ment de ce processus doit se caractériser
oriente la pensée et la conduite du
parles éléments suivants :
croyant : « Les vrais croyants sont ceux dont
les cœursfrémissent quand on mentionne Allah.
1° l’accroissement des richesses et leur
Et quand Ses versets leur sont récités, celafait
juste
répartition de manière à enrayer la
augmenter leurfoi. E t ils placent leur confiance
en leur Seigneur» C8V2
pauvreté.
Bien entendu, la richesse en question
La foi peut-elle contribuer au déve­
loppement?
s’acquiert non, par la dom ination des
^otre conception du développement,
peuples et le pillage de leurs ressources,
bien attendu, intègre des données en
mais parle travail et la production.
2° l’existence de relations de confiance,
rapport avec les enseignements de la re­

L

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de solidarité et d’entraide au sein de la
société et entre gouvernants et gouvernés
sur la base des valeurs religieuses.
3° la réalisation des conditions de sécurité
et de bien-être pour toutes les catégories
de la population de manière à garantir à
chaque individu les moyens de se nourrir,
de se loger, de s’éduquer et de se soigner.
4° la mise en place d’un système de
gouvernance où le peuple exerce réelle­
ment le pouvoir par l’intermédiaire de ses
représentants régulièrement élus ; un
système où régnent la justice ainsi que le
respect des droits et des libertés des
citoyens.
Un coup d’œil sur l’Islam et son histoire
permet de constater qu’il est aux
sous-développement.
du
antipodes
Cependant, pour atteindre ces objectifs,
l’Islam doit être enraciné dans les mœurs
et adopté comme modèle de société,
c’est-à-dire pris dans son ensemble en
tant que système complet de vie, régis­
sant les rapports sociaux et les institu­
tions, et non un Islam superficiel, réduit
au culte. Néanmoins, un tel Islam ne peut
fonctionner sans la foi, qui lui sert en
quelque sorte de locomotive.
Impact de la foi sur le comportement :
a)L’accomplissement du devoir :
La foi renforce la propension de
l’individu à s’acquitter régulièrement de
ses devoirs envers lui-même, envers sa
famille, envers Dieu et envers ses
semblables. Il doit prendre soin de sa
personne afin de préserver sa vie et sa
santé. Il ne doit pas les détruire par
l’usage de l’alcool et de la drogue. Il doit
s’instruire pour améliorer

son niveau intellectuel et pouvoir ainsi
participer au progrès. Il doit veiller à
l’éducation de ses enfants, à leur formation
de manière à les rendre utiles à la famille et
à la société. Il doit se com porter de manière
à plaire à Dieu par le travail et l’effort, la
bonté et la bienfaisance, compte tenu delà
parole du Prophète qui dit : « le plus proche
de Dieu est le plus utile à Ses créatures. »
Il doit s’interdire d’agresser, de voler, de
porter atteinte aux droits des autres.
L’entrepreneur, le paysan, le maçon,
l’ouvrier, le commerçant, l’employé de
bureau, chacun accomplit son devoir de
manière sincère et conformément aux
coutumes, à la loi, ou le cas échéant au
contrat.
b) L’accomplissement des bonnes oeuvres
Les doctrines de l’ascèse et du renonce­
ment sont étrangères à la religion musul­
mane qui incite le croyant à travailler et
accomplir des bonnes œuvres de manière à
contribuer au progrès et au développement
pour son bien-être et celui de l’humanité.
Les compagnons du Prophète avaient la
réputation d’être des moines la nuit et des
cavaliers le jour.
S’il est vrai que les personnes âgées et les
handicapés peuvent se consacrer a
l’invocation et à l’ascèse, il en est autrement
pour les jeunes et tous ceux qui ont la force
physique de travailler et de se déplacer. B
n’est pas permis à ces derniers
responsabilités
leurs
d’abandonner
familiales et sociales pour se consacrer à b
dévotion. Toute opération d’invention, de
construction, de production, de transfor­
mation ou de réparation est une bonne
œuvre au sens islamique du terme. Le
Prophète a dit : « la foi est constituée

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d’un peu plus de soixante-dix sentiers. Le
meilleur d’entre eux est de prononcer la
formule : “ Il n’y a pas de divinité en dehors
d’Allah”. Le plus modeste consiste à ôter
d’un chemin ce qui peut nuire ou gêner, et
la pudeur est un des sentiers de la foi. »
hadith rapporté par Abou Hurayra, recensé
par Bukhari et Muslim
La foi pousse à l’effort, à la production et
au travail ; toute activité menée par un
croyant, qu’elle soit manuelle ou intellec­
tuelle, pour lui-même ou pour les autres, est
considérée comme un acte d ’adoration au
regard de la foi islamique.
Conscient de sa mission inventive et
constructive, le croyant s’attache à donner
le meilleur de soi-même en matière de
réflexion ou de travail manuel, sachant que
le travail conditionne le succès ici-bas et
dans l’Au-delà. « E t dis : “Oeuvrez, car
Allah va voir votre œuvre, de même que
Son messager et les croyants, et vous serez
ramenés vers Celui qui connaît bien
l’invisible et le visible. Alors II vous infor­
mera de ce que vous faisiez. » C 9V I05
« Si la fin du m onde a lieu et que l’un de
vous détient une bouture, s’il peut la
planter avant qu’il se lève, qu’il la plante. »
hadith
La foi pousse le croyant à parachever son
travail. Il agit ainsi parce qu’il sait que Dieu
1observe et le récompense selon la bonne
finition de son travail. Le Prophète a dit : «
Celui d’entre vous qui exécute un travail,
Allah aime qu’il le perfectionne. »
Quand le croyant fabrique un produit,
cultive un champ ou exécute une tâche
dans l’usine, il ne le fait pas uniquement
pour satisfaire son patron, il le fait pour
Lien mériter son salaire et pour plaire à

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Dieu. Elle ne connaît pas de repos hebdo­
madaire comme c’est le cas de samedi et
dimanche pour les Juifs et les Chrétiens.
Tous les jours sont ouvrables. Certes, le
vendredi est une fête hebdomadaire pour
les musulmans, mais elle ne comporte
qu’une pause d’une heure au maximum où
l’activité est suspendue pour la prière en
commun. Une fois la prière accomplie, les
gens doivent reprendre leurs activités : « Ô
vous qui croyez ! Quand on appelle à la
Salât du vendredi, accourez à l’invocation
d’Allah et laissez tout négoce. Cela est bien
meilleur pour vous, si vous saviez. Puis
quand la Salât est achevée, dispersez-vous
sur terre, et recherchez la grâce d ’Allah. »
C62V.9, 10
La foi islamique s’oppose vigoureusement
au désordre et à la destruction de la terre.
« Il en est parmi les hommes dont la parole
concernant la vie de ce monde te plaît. Il
prend Dieu à témoin du contenu de son
cœur ; mais c’est un querelleur acharné.
Dès qu’il te tourne le dos, il s’efforce de
corrompre ce qui est sur la terre ; il détruit
les récoltes et le bétail. Dieu n’aime pas la
corruption»
C 2V.204-205
« N e semez pas la corruption sur la terre
après sa réforme, si vous êtes croyants, ce
sera un bien pour vous. » C7V85
L’égoïsme est l’un des maux qui provo­
quent la destruction des valeurs humani­
taires, en particulier l’amour de l’autre,
l’esprit de partage et d ’entraide, l’union et
l’intégration du fait qu’il se traduit par
l’attachement excessif à soi-même et à
l’intérêt personnel. Le défaut de l’égoïste
consiste dans l’absence de toute contribu­
tion de sa part au bien-être de l’autre, rame­
nant à soi et à son propre intérêt toute
activité, toute participation et toute vision

or, la foi est un remède contre le mal de
l’égoïsme : « Le croyant n’atteindra pas la
plénitude de la foi tant qu’il n’aimera pas
pour son frère ce qu’il aime pour lui-même.
» hadifh rapporté par Anas,
La foi façonne le bon citoyen :
La foi façonne le bon citoyen qui met
l’intérêt général au-dessus de l’intérêt
particulier, qui veille au respect de l’ordre, de
la loi et des droits, qui contribue à l’effort du
progrès et du développement de son pays,
qui respecte ses engagements.
Le respect des engagements est l’une des
vertus de la foi. Cela permet d’éviter des
conflits et des litiges dont certains peuvent
avoir des conséquences graves. S’il a des
impôts ou des taxes à payer, il n’attend point
l’avertissement ou la visite du percepteur. Il
paye de son gré, poussé par le sentiment du
devoir.
Impact de la foi sur les relations sociales :
La foi a un impact positif sur les relations
sociales. Elle contribue à faire régner
l’harmonie et la confiance entre les gens.
Ces relations se caractérisent par
l’honnêteté, le respect du dépôt (al-amâna)
et de la parole donnée, la sincérité dans les
échanges financiers et commerciaux,
l’absence de fraude et d’abus dans la
production et la vente de marchandise. Du
producteur jusqu’au détaillant en passant
par le grossiste, les opérations de commerce
se font dans le respect des conditions légales
de prix, de qualité, de poids et de mesure.
La liberté d’inventer et d’entreprendre est
un des principes de la foi islamique. Cette
liberté s’étend au commerce, à la produc­
tion, à la fabrication, à la transformation. La
libre concurrence contribue à développer

compétitivité dans
un
de
esprit
l’imagination et la créativité qui impulse le
développement. La liberté d’initiative
favorise la recherche et la réflexion en
matière d’invention de produits nouveaux,
de performance ou d ’amélioration de la
qualité des produits existants et ce dans le
but de conquérir davantage de clientèle.
Retenons que la foi contribue dans une
large mesure à la création des conditions
objectives et subjectives du développe­
ment. La foi recommande, on l’a vu,
l’instruction et le savoir, l’endurance et la
persévérance dans la lutte, l’effort et le
travail pour le bien-être ici-bas et dans
l’Au-delà.
Elle incite et exhorte les hommes à
l’invention, à la production, à l’exploitation
des moyens naturels mis à leur disposition
sur la terre et dans l’univers.
Elle ne connaît ni retraite, ni repos hebdo­
madaire, faisant de l’activité et de l’effort
quotidiens des actes d ’adoration ayant la
même valeur que la prière et le jeûne.
Il apparaît clairement que les principes et
les recommandations de la foi islamique
sont de nature à impulser le développe­
ment, à créer les conditions favorables à la
prospérité et au bien-être des peuples
musulmans. En conséquence, le retard de
ces peuples est imputable au fossé qui les
sépare de leur religion, seule capable de leur
rendre, grâce à ses enseignements et a ses
valeurs sublimes, leur gloire et leur
puissance d ’antan.

Source : bism illahi-débat.fr