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Fait partie de An-Nasr Vendredi #143 (La rédaction du coran : une histoire fascinante)

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Lortqu* riœt 1« ita n n d'Allah ainsi gue 1» victoire, célébra lei lomngee de ton Seigneur et jjçlore son pardon

e coran est la parole de
prophète Mohammad (SAW) pendant
Dieu révélée au prophète
les 23 années de sa mission ( 609 à
Mohammed (SAW) par l'In­
632 approximativement).On ne sait
termédiaire de l’ange Ga­
pas exactement à partir de quand la
briel. Comme tel, le coran
codification a commencé, cependant,
donne sens aux évènements, à l'his­
le soucis de codifier le coran est appa­
toire. En d'autres termes, les évène­
ru très tôt chez le prophète. Ainsi,
ments doivent être lus et compris à la
longtemps avant l'hégire, des extraits
lumière des données coraniques. A
écrits du coran existaient et étaient
l'inverse, le coran prend sens indé­
en la possession de certains compagnons. Certains auteurs avancent la
pendamment des évènements et des
données de
date de l’an 5
l'histoire car La rédaction du coran : de l’apostolat
le coran est
soit huit ans
la parole de une histoire fascinante avant l'hégire.
En parcourant
l’Absolu qui
le récit de la
transcende
convention de
et connaît
Omar Ibn Khattab on s’aperçoit que
tout (ce qui s’est passé, ce qui se pas­
la sourate 20 (chronologiquement 54)
se et ce qui est à venir). Cette préro­
qui était en possession de sa sœur, a
gative du coran est d’autant plus logi­
joué un rôle important. Le souci de la
que que le coran est le dernier messa­
rédaction du coran, on pouvait le dire
ge adressé aux hommes par Allah qui,
a été guidé très certainement par le
auparavant avait envoyé d’innombra­
thème de la toute première révélation
bles prophètes et messagers.
qui faisait l’éloge de la plume comme
U coran est la première source de la
moyen de connaissance humaine.
législation islamique ; par conséquent
la plus Importante source. C'est donc
Chaque fois que le prophète recevait
un précieux • outil » entre les mains
un fragment du coran il appelait un
des musulmans qui se doivent de le
des compagnons lettrés et lui dictait
connaître aussi bien dans son conte­
en précisant la place exacte du nou­
nu que dans son histoire. C’est pour
veau fragment dans l’ensemble déjà
contribuer à la connaissance du cora n que An-nasr vous propose au­
reçu. En l’absence du papier pendant
cette période, les compagnons du pro­
jourd'hui une étude de son histoire.
phète se servaient d’objets divers dont
des morceaux de parchemin, du cuir
De la codification et de la
tanné, des tablettes de bois, des
compilation du coran
Le coran fut révélé par fragments au

L

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omoplates de chameaux, des espèces
de pierres planchées assez tendres
pour que l’on puisse graver assez faci­
lement, des nervures médianes des
dattiers, des morceaux de poterie bri­
sées etc.
Afin d’éviter les déficiences, chaque
année le prophète s’occupait de la ré­
vision du texte coranique en entier.
Ces séances de révision servaient de
cadre pour la collection des textes
existants c’est à dire les copies. Les
révisions avaient lieu les Ramadan
avec l'assistance de l’ange Gabriel. Le
Ramadan qui a précédé la mort du
prophète, Gabriel lui a ordonné de ré­
citer deux fois le coran entier. Les
séances de révision permettaient de
corriger ce qui méritait de l’être, de
compléter ce qui est incomplet afin
d’uniformiser les copies.
11 convient de souligner que du vivant
du prophète très peu de compagnons
avaient le texte complet. En effet, tout
le monde n’avait pas la vocation de
copistes ou de transcripteurs. Il y a
aussi que les occupations des uns et
des autres, les distances qui sépa­
raient certains compagnons et le pro­
phète ne leur permettaient pas d’être
toujours à ses côtés.
A la mort du prophète, la révélation
était terminée. Tout le texte coranique
existait, mais éparpillé entre les mains
des compagnons.
Dès le califat d’Abou Bakr, la nécessité
de compiler tout le texte coranique
s’est posée. Tout est parti de l’issue de
la bataille de Yamama. A toute fin uti­
le. la bataille de Yamama s’inscrit
dans la politique globale de la gestion
des affaires de la communauté des
m usulmans après la mort du prophè­
te. En effet, dès la mort de Muham­
mad des révoltes ont éclaté ça et là
dans des tributs arabes à Médine.
Pour certaines d’entre elles, leurs al­

liances avec le prophète ne les enga­
geaient pas vis à vis des mouhadjirounes, par conséquent, elles voulaient se
désolidariser de la communauté. D’au­
tres vont refuser de payer la zakat, et
d’autres encore vont organiser leur ré­
volte autour de fausses prophéties.
Face à cette situation, Abou Bakr n’est
pas passé par mille chemins. Il a enga­
gé des guerres dites de l’apostasie en
vu de m aintenir la cohésion sociale
fondée par le prophète. La bataille de
Yamama est celle qui a été dirigée
contre l’im posteur Mosailima. Cette
bataille fut particulièrement sanglante.
Les m usulm ans au nombre de 13000
furent défaits par leurs ennemis nette­
ment plus nombreux (1OO0O0). Dans
un tel contexte, les musulmans de la
première heure, donc connaissant da­
vantage le Coran, décidèrent de se sé­
parer du gros de la troupe. Au nombre
de 3000, cette branche des forces ar­
mées m usulm anes (appelée bataillon
des connaisseurs du Coram) étaient
sous le commandement de Salim Mau­
la Abi Hudhaifah, un des plus grands
connaisseurs du Coram. Ils remportè­
rent une victoire, m ais une victoire
dont le goût a été rendu amer par la
perte de 700 valeureux compagnons et
greinds connaisseurs du Coran dont le
commandant du bataillon. Omar Ibn
Al Khattab se rendu adors auprès du
calife Abou Bakr et lui dit : ‘Les com­
pagnons de l'envoyé de Dieu tombent à
Yamama à la façon des papillons dans
le feu. et Je crains qu'ils se fassent tou­
jours s'ils rencontraient une occasion
(pareille) de se faire tuer, cependant
qu'ils sont les porteurs du Coran. Ainsi
le Coran sera perdu et oublié. Si tu le
réunissait et le faisait écrire... • H
commentaire deTabari, I, 20).
Au début. Abu Bakr s’y opposa, estimamt que le prophète lui-même ne la
pas fait. Omar insista et argua du fait
qu’il n’y avait pas de mal à le fadre. Le

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P’ ^

calife consenti après avoir consulté
Zaîd Ibn Thâbit, le scribe du prophète
sur la question. C'est le même scribe
qui fut le travail de rédaction. Dans
son travail, il n'a pas retenu d'office
tout ce qui lui parvenait comme texte
coranique. Tout ce qu’il a retenu com­
me faisant parti du Coran a été confir­
mé par au moins deux personnes, lui
même constituant la troisième dans la
mesure où il était hâfiz (connaissait
tout le Coran par cœur). Le résultat de
ce minutieux travail a été la production
d'un volume du Coran, précieusem ent
gardé par Abou Bakr. A la mort d'Abou
Bakr, le document fut transm it à
Omar. Plus tard Omar le transm it à sa
fille Hafsa, veuve du prophète.
Au califat de Othman, un autre problè­
me s'est posé. Celui des variantes dans
la lecture. Voilà ce qu'en a dit Hodhaifah Ibn Al Yamân quand il est rentré de
l'expédition contre l'Arménie (l'an 25 ou
30) : s'adressant au calife Othm an il
dit : ■Prends soins des gens ! » Et lui
(le calife) de dire : • Qu’y a t-Ü ? » Hodhaifah dit : ■J ’ai participé à l'expédition
contre l'Arménie où il y avait des Iratiens tout comme des Syriens. Mais les
Syriens suivaient la lecture coranique
selon Obayy Ibn Ka'b et disaient des
choses que les Irakiens n'avaient pas
entendu, ces derniers les ont donc accu­
sé de mécréance. De même les irakiens
qui suivent la lecture d'Ibn Massoud,
lisent des choses que n'ont pas entendu
les Syriens et les Syriens les ont accusé
demécréance ».
Conformément à sa qualité d’homme
dEtat rassembleur et soucieux du de'enir de sa communauté, Othm an (ra)
æagit promptement et efficacement à la
situation en sollicitant Zaïd ibn Thâbit
un des artisans de la première compibtion qu'il fit assister par Abân ibn
^aid ibn Al Aas (qui a été scribe lui
aussi du prophète, et doté d’une intelliSence et d'un goût littéraire rem arqua­

n^rvendredi

ble)).Ces deux vaillants serviteurs de
l'Islam se sont mis à pied d'œuvre pour
sortir un Coran dont la version devait
être adoptée par tous les m usulm ans
de tous les coins de l’empire.
Zaïd et Abân n'ont accepté un texte ve­
nant de qui que ce soit fut-ce-t-il du
calife lui même sans qu'une autre per­
sonne ne confirme qu'effectivement le
texte en question fait partie de l'ensem­
ble révélé au prophète (on remarquera
au passage l’extraordinaire sens de
l'objectivité de ces compagnons. La dis­
cipline historique, grâce à cette métho­
de est désormais classée parmi les
sciences.
Après ce travail minutieux mené par
les deux scribes, le calife em prunta à
Hafsa la première compilation sous le
califat d’Abou Bakr pour une compa­
raison des deux et il se rendit compte
que les deux volumes étaient identi­
ques. Autrement, deux travaux de la
même nature mené par des acteurs
plus ou moins différents, avec les mê­
mes méthodes sans se référer aupara­
vant aux résultats de la première expé­
rience et en l’espace de 15 ans environs
ont donné le même résultat.
Le calife ne pouvait que s’en réjouir. La
nouvelle édition qui avait été écrite
dans le dialecte Quraychite a été repro­
duite en quatre ou sept exemplaires
qui furent envoyé dans toutes les
grands bastions de son empire. Il or­
donna ensuite que toutes les transcrip­
tions soient faites à partir de cette édi­
tion et ordonna ensuite de détruire
toutes les copies antérieures.
Cet épisode de l’histoire du noble Co­
ran est souvent mal Interprété par les
ennemis de l'Islam. Si le travail de la
compilation a connu un succès, un a u ­
tre défit encore plus important (à notre
sens) devait être relevé.
Le défi de la conservation.

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Prix 50 f

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De la conservation du coran

Il serait aberrant de croire que le souci
de la conservation du Coran a commen­
cé après sa compilation. En effet, de­
puis l’époque du prophète, ce soucis
était présent. C’est d’ailleurs ce qui a
motivé sa rédaction par écrit. Il est
donc aisé de dire que l'écriture a été
une des méthodes par lesquelles la pa­
role d'Allah a été conservée en intégrali­
té.
Parallèlement à cette méthode et de fa­
çon simultanée, il y avait une méthode
non moins efficace à savoir celle de
l’apprentissage par cœur. Le prophète
(saw) a incité les compagnons à la mé­
morisation du texte coranique afin de
les réciter lors des prières quotidiennes
et autres. Selon un récit, à la mort du
prophète, quatre à huit Ansars
(médinois) étaient Hafiz (le nombre de
mecquois devait être plus important).
Aussi, les successeurs du prophète tout
comme lui même ont attaché la plus
grande importance à la connaissance
coranique pour tout emploi public et
administratif et prirent les dispositions
nécessaires pour son enseignement. Il y
avait en fin une dernière méthode appe­
lée méthode additionnelle. Avec cette
nouvelle méthode, lire et posséder une
copie du Coran ne suffisait plus. Il fal­
lait au delà de tout cela étudier auprès
d'un maître attitré et obtenir un certifi­
cat de l'authenticité de la copie tout
comme de la connaissance de la part de
1élève. A la fin des études, le maître oc­
troie un diplôme, mentionnant toute la
chaîne de ses maîtres et des maîtres de
ses maîtres jusqu’au prophète et attes­
tant la conformité de la récitation à ce
que lui même a appris de son maître.
De nos jours, il existe des copies ou des
fragments du Coran de la première épo­
que. A Istanbul (Turkie) et à Londres
(Grande Bretagne) par exemple, il existe
des copies du Coran attribuées au cali­
fe Othman. A Istanbul il existait une



feuille du Coran attribuée au calile
Omar. Dans plusieurs autres pays
comme l’Egypte, l’Iran, l'Afghanistan,
etc, il y a des copies très anciennes. On
les a com parées et il est très émouvant
de constater qu’à part les fautes des
copistes, il n’y a aucune variante entre
ces millions d'exemplaires (manuscrits
ou imprimés) du Coran.
De l'ordre des versets et des soura­
tes

Tout le monde s'accorde à dire qu'à l'in­
térieur des sourates, les versets suivent
l'ordre donné par Muhammad lui mê­
me. En effet, chaque fois qu’un frag­
ment descendait, le prophète faisait ve­
nir un de ses scribes et demandait de
noter ce texte à tel passage qui parle de
tel sujet.
Il en a été de même pour ce qui est de
l'ordre des sourates. Rappelons que
chaque année, le prophète révisait, en
compagnie de l’ange Gabriel, le texte du
Coran. L'année de sa mort il récita le
texte entier par deux fois.
Comme on peut le constater, le Coran
utilisé par le prophète est la même cho­
se que ce que nous avons aujourd'hui
Tout cet effort que les musulmans de la
première heure ont consenti pour qui
parvienne jusqu'à nous témoigne de
son importance. On ne le dira Jamais
assez, le Coran est indispensable pour
la bonne compréhension de la religion
m usulmane. Sa lecture est encore plus
bénéfique pendant le mois de Rama
dan, mois au cours duquel il est des
cendu. Bientôt nous abordons ce mois
sacré, plein de pardon et de miséricor­
de. C'est le mois du Coran et chacun
devra fournir ce qu'il peut pour vivre
avec les nobles paroles qui tranquilli­
sent les cœ urs et les esprits.
Adag

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