Le mouvement sunnite suspendu depuis un mois : "Un choc terrible pour les fidèles…" déclare El Hadj Idrissa Siemdé

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Titre
Le mouvement sunnite suspendu depuis un mois : "Un choc terrible pour les fidèles…" déclare El Hadj Idrissa Siemdé
Editeur
Sidwaya
Date
23 mai 1995
Résumé
Le vendredi 21 avril dernier éclatait à la mosquée sunnite du secteur 28 de Ouagadougou, une bagarre entre fidèles de tendances opposées. Bilan un (1) mort à la suite de 6 blessures en la personne de Souleymane Sana et plusieurs blessés à l'arme blanche. Il s'en est suivi quelques jours plus tard des mesures administratives suspendant le mouvement sunnite à Ouagadougou et la fermeture de toutes les mosquées de la confrérie à travers la capitale ainsi que l'arrestation de certaines personnes.
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
Le vendredi 21 avril dernier éclatait à la mosquée sunnite du secteur 28 de Ouagadougou, une bagarre entre fidèles de tendances opposées. Bilan un (1) mort à la suite de 6 blessures en la personne de Souleymane Sana et plusieurs blessés à l'arme blanche. Il s'en est suivi quelques jours plus tard des mesures administratives suspendant le mouvement sunnite à Ouagadougou et la fermeture de toutes les mosquées de la confrérie à travers la capitale ainsi que l'arrestation de certaines personnes.

Un mois après ce “vendredi sanglant", le président national du mouvement sunnite El Hadj Idrissa Siemdé parle de l'ambiance au sein des sunnites.

"La mesure du MAT suspendant le mouvement sunnite et la fermeture des mosquées est ressentie par tous les fidèles comme un choc terrible." car selon El Hadj Siemdé, une mosquée représente tout pour le fidèle musulman et se voir priver de cela est terrible pour lui. Pour El Hadj Siemdé, les sunnites subissent la chose comme s'ils avaient été amputés de leur vie. "Depuis lors, nous vivons durement et à chaque instant un déclic psychologique quand arrive chaque heure de prière, chaque besoin de se retrouver... chaque vendredi."

L'événement du 21 avril est très déplorable, avoue le président du mouvement sunnite qui affirme par ailleurs comprendre les caractères "logique et normal” des mesures administratives qui ont été prises par les autorités. Mieux, le responsable sunnite estime que ces mesures administratives doivent faire réfléchir tous les sunnites qu'il appelle individuellement à un réel examen de conscience dans l'objectif d'une solution durable à la crise. “Nous devons chacun à son niveau se remettre en cause pour contribuer à trouver une solution : pour cela, i nous faut pouvoir apaiser nos passions..."

Pour Idrissa Siemdé, ce qui se passe au sein du mouvement sunnite est un problème de tout l'islam et par conséquent tous les autres fidèles musulmans doivent se sentir concernés.

A la question de savoir d'où pourra venir la solution à la présente crise sunnite, El Hadj Siemde se dit convaincu que "la meilleure solution sera celle qui viendra des musulmans eux-mêmes" étant entendu que c'est un problème religieux, un problème de l'islam. Mais pour cela, le président des sunnites du Burkina pense qu'il convient avant toute chose, de procéder à une juste analyse des causes du mal qu'il situe à deux niveaux. :

- La question du statut, du rôle et de la place d'un imam dans l'organisation religieuse ; là-dessus, El Hadj Siemdé renvoie tout le monde au Saint Coran et à ses Hadith qui selon lui tranchent de manière claire et sans equivoque la question.

- Le problème du renouvellement des structures qui régissent le mouvement sunnite "A ce niveau, les statuts et règlements de l'organisation suffisent pour trancher, pour que chacun s'y plie..."

En somme, le président du mouvement sunnite appelle à une nette définition des rôles qui fera distinguer clairement la gestion religieuse des fidèles qui revient à l'imam de la gestion administrative du mouvement qui relève du président aidé du bureau exécutif. Mais au fond. El Hadj Siemdé voit en l'ignorance la source de tous les problèmes qui arrivent au mouvement sunnite du Burkina : l'ignorance est dangereuse en matière de religion, affirme-t-il, mais pour lui "ceux qui exploitent sciemment cette ignorance sont des criminels."

Mais si l'ignorance est la cause première des pratiques déplorables au sein du mouvement sunnite du Burkina, le président Siemdé nous fait quand même cette confidence : "En réalité, nos problèmes sont des problèmes de sous, davantages matériels, des problèmes de leadership, d'honneur..."

Cela dit, la crise du mouvement sunnite ne date pas d'aujourd'hui, et depuis ses débuts, les responsables du mouvement affirment avoir attiré l'attention des autorités sur les risques de dérapage... Malheureusement l'administration n'a pas réagi en son temps et nous ne savons pas pourquoi...”

Maintenant que le pire est arrivé au sein du mouvement sunnite Hadj Siemdé en appelle dépassement de es passions de même toute la reconnaissance et la gratitude de son mouvement à "toutes les bonnes volontés qui contribuent au règlement de la crise sunnite au Burkina."

Rasmané OUEDRAOGO
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