Mouloud 93 à Ramatoulaye : la grande affluence

Contenu

Classe de ressource
Text
Titre
Mouloud 93 à Ramatoulaye : la grande affluence
Créateur
Sita Tarbagdo
Editeur
Sidwaya
Date
1 septembre 1993
Résumé
Ramatoulaye, dans la province du Yatenga a, cette année encore, commémoré la naissance du prophète Mohamed : le Mouloud. Pour l'occasion, des milliers de fidèles musulmans ont fait le déplacement dans cette cité islamique du Burkina. Avec le Cheick Aboubacar Maïga II, membre fondateur de la Tidjania du Burkina Faso, grand imam de Ramatoulaye, ces fidèles ont passé toute la nuit du 29 au 30 août 1993, à rendre grâce à Allah le tout miséricordieux et au prophète Mohamed.
Couverture spatiale
Ramatoulaye
Togo
Nigéria
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
Ramatoulaye, dans la province du Yatenga a, cette année encore, commémoré la naissance du prophète Mohamed : le Mouloud. Pour l'occasion, des milliers de fidèles musulmans ont fait le déplacement dans cette cité islamique du Burkina. Avec le Cheick Aboubacar Maïga II, membre fondateur de la Tidjania du Burkina Faso, grand imam de Ramatoulaye, ces fidèles ont passé toute la nuit du 29 au 30 août 1993, à rendre grâce à Allah le tout miséricordieux et au prophète Mohamed.

Pour l'essentiel, cette grâce s'est faite à travers la lecture du saint Coran par les fidèles musulmans, la traduction en langues nationales de quelques versets à l'intention de l'auditoire, la lecture de la biographie du prophète Mohamed et la lecture des différents messages dont celui du Cheick Aboubacar Maïga.

Dans son message aux fidèles musulmans, le Cheick de Ramatoulaye a remercié les autorités politiques de notre pays pour leur esprit de tolérance en faveur de l'expression des religions au Burkina Faso, particulièrement "à la Tidjania d'évoluer librement comme un poisson dans l'eau". D'où sa gratitude et sa reconnaissance au chef de l'Etat pour "sa compréhension en faveur de la pratique religieuse". A ce Mouloud 93, l'autorité politique était représentée par M. Salif Diallo, ministre chargé de Missions à la présidence, Séni Macaire Naré ministre de l'Eau et des autorités politiques et administratives de la province du Yatenga.

Le Cheick de Ramatoulaye, après avoir salué à sa juste valeur cette présence, a imploré Dieu dans son infinie miséricorde afin qu'il préserve notre pays des calamités, des guerres, des conflits, des troubles sociaux multiples et multiformes. Il a terminé son message par des bénédictions aux fidèles musulmans commis à vivre dans la grâce de Dieu et selon sa parole.

Dans le sens de la coopération islamique, des délégations venues du Mali, du Niger, de la Côte-d'ivoire , du Nigéria, du Togo, du Bénin... ont tenu à apporter à leurs frères musulmans du Burkina Faso le salut fraternel de paix, de bonheur et de prospérité dans la foi de Dieu. Ils ont souhaité voir les relations fraternelles entre les fidèles musulmans de leurs pays d'origine et du Burkina se renforcer aux fins d'actions communes. L'ambassadeur d'Algérie qui était des invités a salué l'initiative de Ramatoulaye d'organiser chaque année des manifestations commémoratives de la naissance du prophète Mohamed. Il a par ailleurs appelé les fidèles musulmans à davantage de foi pour que triomphe l'islam.

Pour mémoire, l'histoire de Ramatoulaye remonte aux années 1920. Au commencement était l'ancêtre du Cheick Aboubacar Maïga II. Mu par un appel divin, il ne ménagera aucun effort pour créer ce village et y faire rayonner l'islam. Avec une poignée de fidèles, la lecture du Coran y sera annuellement organisée lors de la commémoration de la naissance du prophète Mohamed. Ainsi naquit le fameux Mouloud de Ramatoulaye. Au fil des ans, la célébrité de Ramatoulaye est allée croissante. Ce village est devenu aujourd'hui un lieu de rencontre, d'échanges, de débats, de prêches, de prières et d'amour pour la parole de Dieu. Depuis sa création jusqu'à nos jours, trois cheicks se sont succédés sur le trône. Ils sont tous de la même famille. Il s'agit des cheicks Aboubacar Maïga, Mohamed Maïga I et Aboubacar Maïga II qui lui, est toujours sur le trône.

Par définition le Cheick est "un vieux sage par la somme d'expériences vécues, vieux par la sagesse religieuse. Cela suppose une sérieuse connaissance du Coran, une vie exemplaire et une foi profonde en Dieu". L'actuel Cheick de Ramatoulaye totalise derrière lui 17 ans d'études supérieures sur les lois islamiques. Moulé dans l'esprit de la religion musulmane, Aboubacar Maïga II, a pour préoccupation et occupation essentielles de faire rayonner l'islam partout dans le pays.

Très apprécié de ses disciples, le Cheick Aboubacar Maïga II donne l'allure d'un homme comblé qui essaie, autant que possible, de ne pas décevoir ses semblables par son comportement et son style de vie. C'est peut-être cet aspect du Cheick de Ramatoulaye qui fait du personnage l'homme de tout le monde. Comme l'a dit le cheik lui-même " c'est la parole de Dieu, la foi au Coran, la recherche des grâces divines, l'espérance du bonheur, l'espoir du paradis... qui attirent, chaque année, des milliers de fidèles musulmans dans ce petit village de Ramatoulaye, devenu celébre par la volonté de Dieu".

Dans le Coran il est écrit : "ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, Allah les fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux et ceux qui mécroient jouissent et mangent comme mangent les bestiaux ; et le feu sera leur lieu de séjour. O vous qui croyez ! si vous faites triompher la cause d'Allah, il vous fera triompher et raffermira vos pas". Voici la description du paradis qui a été promis aux pieux : "il y aura là des ruisseaux d'une eau jamais malodorante, et des ruisseaux d'un lait au goût inaltérable, et des ruisseaux d'un vin délicieux à boire, ainsi que des ruisseaux d'un miel purifie. Et il y a là, pour eux, des fruits de toutes sortes, ainsi qu'un pardon de la part de leur seigneur. Ceux-là seront-ils pareils à ceux qui s'éternisent dans le feu et qui sont abreuvés d'une eau bouillante qui leur déchire les entrailles De quoi faire réfléchir plus d'un.

Texte Sita Tarbagdo

Photos Félix Yelkouni
Collections
Sidwaya