Ganzourgou : les coutumiers et les religieux renforcent leur stratégie de lutte contre l'excision

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Titre
Ganzourgou : les coutumiers et les religieux renforcent leur stratégie de lutte contre l'excision
Editeur
Sidwaya
Date
17 septembre 2012
Résumé
Le Réseau des leaders coutumiers et religieux pour l'élimination de la pratique de l'excision (RELECORE) a tenu une rencontre intercommunautaire le lundi 3 septembre 2012, dans la salle de réunion de la Maison de la femme de Zorgho. Objectif : renforcer la position des leaders hésitants pour une meilleure implication dans la lutte contre la pratique de l'excision et les convaincre pour une déclaration officielle de l'abandon de la pratique.
Couverture spatiale
Ziniaré
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
Le Réseau des leaders coutumiers et religieux pour l'élimination de la pratique de l'excision (RELECORE) a tenu une rencontre intercommunautaire le lundi 3 septembre 2012, dans la salle de réunion de la Maison de la femme de Zorgho. Objectif : renforcer la position des leaders hésitants pour une meilleure implication dans la lutte contre la pratique de l'excision et les convaincre pour une déclaration officielle de l'abandon de la pratique.

Placée sous la présidence du haut-commissaire, Sibiri de Issa Ouédraogo la rencontre a regroupé plus d'une soixantaine de membres des communautés musulmane, catholique, protestante et des coutumiers.

Venus de Boudry, Kogho, Méguet, Nédogo, Salogo, Zam et Zorgho, ils se sont partagé les expériences et, pour se convaincre des conséquences néfastes de la pratique de l'excision, ils ont visionné la boîte à images puis suivi un film sur cette pratique, sous le guide de Rasmata Ouédraogo du SP-CNLPE et de sa Majesté le chef coutumier de Ziniaré, secrétaire général national du RELECORE.

Avant cette rencontre, les participants se sont d'abord retrouvés par communauté le 2 septembre pour faire le bilan de leurs activités, examiner les difficultés et envisager des perspectives. Il en ressort que des efforts sont faits ça-et-là dans la lutte contre la pratique de l'excision, mais beaucoup reste à faire.

Des difficultés telles l'attente de prise en charge par les populations à l'issue des rencontres de sensibilisation, la faible implication des hommes dans la lutte, la programmation des activités en saison pluvieuse, l'insuffisance de moyens financiers et matériels freinent la lutte. Les acteurs ont alors demandé plus de moyens et plus de rigueur dans la loi punissant la pratique de l'excision.

Pour eux, il faut que les coupables soient conduits devant le chef coutumier et promené dans le village sous les huées des populations avant l'application de la loi.

Les questions difficiles auxquelles ils font face sont entre autres, la justification du comportement de certaines personnes, instruites, qui conduisent leurs enfants des villes vers les villages pour les faire exciser.

Cette situation affaiblit la conviction des populations. Le haut-commissaire a, en effet, exprimé sa joie de voir les coutumiers et les religieux se mettre ensemble pour débattre d'un problème « sérieux » qui touche à la vie de la femme. Et pour le préfet de Zorgho, cette rencontre est à encourager et à vulgariser, tant elle combat le mal à la source.

Pour lui, les coutumiers et les religieux ont du crédit vis-à-vis des populations. Il suffit alors qu'ils soient convaincus de la dangerosité de l'excision et qu'ils la prêchent pour qu'elle soit bannie à jamais. C'est pourquoi il a, avec le haut-commissaire, salué cette rencontre.

En rappel et selon le secrétaire général national du RELECORE, c'est pour faire face à la majorité de la population qui évoque, sans fondement, le respect de la coutume et des traditions pour justifier la pratique de l'excision que les coutumiers, les musulmans, les catholiques, et les protestants se sont réunis pour créer cette structure en 2009 avec l'appui du SP-CNLPE.

Ainsi, ils vont « se convaincre eux-mêmes et convaincre leurs communautés pour l'élimination de la pratique de l'excision et prôner une santé sexuelle et reproductive ».

Cette activité entre dans le cadre de la mise en œuvre du programme conjoint UNICEF-UNFPA dans les provinces du Sanematenga et du Ganzourgou. Elle bénéficie de ce fait de l'appui technique du Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l'excision et du Ministère de l'Action sociale et de la solidarité nationale.

Pour la suite du combat, le SG du RELECORE a lancé un appel solennel au renforcement de la sensibilisation pour aboutir à des déclarations publiques d'abandon de la pratique. Le RELECORE se propose à cet effet, de passer par les chefs de canton pour toucher les chefs de village qui vont à leur tour toucher leur base. Il en sera fait de même pour les religieux.
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