Mise en place du Sénat : l'onction des chefs coutumiers

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Titre
Mise en place du Sénat : l'onction des chefs coutumiers
Editeur
Sidwaya
Date
16 septembre 2013
Résumé
« Nous avons souhaité, le Sénat étant créé par une loi, qu'il y ait toutes les dispositions nécessaires pour que ce Sénat soit préservé et qu'il soit institutionnalisé ».
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
« Nous avons souhaité, le Sénat étant créé par une loi, qu'il y ait toutes les dispositions nécessaires pour que ce Sénat soit préservé et qu'il soit institutionnalisé ».

C'est en substance ce qu'a dit le porte-parole des chefs coutumiers, sa Majesté Kupiendiéli, roi du Gulmu, à l'issue d'une entrevue avec le président du Faso, le 16 septembre 2013 à Ouagadougou.

Ce 16 septembre, il était 11 heures GMT, quand les chefs coutumiers sont arrivés à la résidence du chef de l'Etat. Le Larlé Naaba Tigré ouvre la voie. Dans le cortège, le Mogho Naaba Baongho, les Dima de Tenkodogo, de Fada, de Ouahigouya et de Boussouma, accompagnés par certains de leurs ministres.

Selon le roi du Gulmu, le chef de l'Etat leur a fait part de ses préoccupations du moment, relatives à la situation nationale. Et le point focal reste, la question du Sénat.

Les responsables coutumiers ont expliqué qu'ils ont donné leur accord pour la mise en place du Sénat, mais tout en se réservant le droit de se retrouver en octobre prochain pour rediscuter des autres problèmes liés, soit à la chefferie, soit à d'autres activités que les uns et les autres veulent mener.

Impliquer l'opposition politique

Les têtes couronnées siégeront-elles au Sénat s'il venait à être mis en place ? « Comment s'il doit être mis en place ? Oui, s'il doit être mis en place, la chefferie (coutumière) va être représentée », a répondu, sans équivoque, le porte-parole des chefs coutumiers.

Pour lui, le processus de mise en œuvre de la deuxième chambre nécessitera l'implication de beaucoup d'acteurs, surtout de l'opposition dont il faut tenir compte pour aller au fond des choses, en toute connaissance de cause.

Car selon lui, il faut qu'il y ait la paix, l'entente avec tous les partis de l'opposition afin qu'on puisse prendre le chemin ensemble et obtenir les objectifs auxquels nous aspirons tous.

Interpellé à commenter la position des représentants de la communauté catholique sur le Sénat, qui du reste n'est pas partante, le roi du Gulmu a laissé entendre que cela « ne regarde que l'Eglise catholique ».

Il a, en outre, ajouté : « Je ne suis ni catholique, ni protestant, ni musulman, je suis coutumier. Et même si j'étais catholique, leurs réponses ne m'engageraient pas en tant que tel ».

Revenant sur l'agenda du mois d'octobre prochain des chefs coutumiers, le chef du Gulmu a précisé qu'il sera mis à profit pour rencontrer le gouvernement à travers ses représentants pour « discuter des problèmes directs liés à la chefferie coutumière ». Il a rappelé que ces discussions n'auront rien à voir avec le Sénat, ni avec les problèmes que le pays vit en ce moment.

Avant les chefs coutumiers, le président du Faso avait reçu, tour à tour, les représentants des communautés catholique, évangélique et musulmane, les 13 et 14 septembre 2013.

Après avoir consulté les chefs religieux et coutumiers, le président du Faso, pourtant approché par la presse ce lundi 16 septembre, n'a pas livré ses sentiments à l'issue de la rencontre avec les coutumiers.

Les journalistes qui ont fait le pied de grue devant la résidence présidentielle parce que, selon un agent de la direction de la communication, « il se pourrait que le chef de l'Etat dise quelque chose », sont finalement repartis bredouilles.
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