Hadj 2008 : c'est le privé qui gagne !

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Titre
Hadj 2008 : c'est le privé qui gagne !
Créateur
Boubakar Sy
Editeur
Sidwaya
Date
18 décembre 2008
Résumé
Que d'appréhensions les uns et les autres n'ont-ils pas eues lorsque le gouvernement décidait de confier l'organisation du hadj aux privés ? Des appréhensions confortées par la pagaille qui a entouré l'organisation du pèlerinage l'an dernier, au point que certains ont souhaité, de vive voix, le retour de l'autorité publique dans l'affaire. Un peu trop précipitamment, oserons-nous dire, au vu de l'expérience de cette année qui, même si elle n'est pas achevée, donne de réels motifs de satisfaction.
Couverture spatiale
Ouagadougou
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
Que d'appréhensions les uns et les autres n'ont-ils pas eues lorsque le gouvernement décidait de confier l'organisation du hadj aux privés ? Des appréhensions confortées par la pagaille qui a entouré l'organisation du pèlerinage l'an dernier, au point que certains ont souhaité, de vive voix, le retour de l'autorité publique dans l'affaire. Un peu trop précipitamment, oserons-nous dire, au vu de l'expérience de cette année qui, même si elle n'est pas achevée, donne de réels motifs de satisfaction.

Nonobstant en effet les couacs inhérents à toute activité de masse, le hadj 2008 aura été une réussite. Fort des leçons tirées de l'expérience de 2007, les privés qui s'y sont investis, notamment STMB Tours, sont arrivés à minimiser les impondérables, en affrétant des avions (ce qui est loin d'être une mince affaire) pour convoyer les pèlerins à La Mecque. C'est la preuve que le privé burkinabè regorge de capitaines d'industrie créatifs et intelligents et qui peuvent relever les défis les plus grands.

Dans le cas du jeune PDG de STMB Tours, Mahamadi Ouédraogo, l'adage qui veut que les fils à papa dilapident souvent la fortune de leur géniteur, est battu en brèche. Manager au fait des techniques modernes de gestion, il est en passe de dépasser le "Vieux", qui se contentait jusque-là du transport routier. Désormais, STMB Tours explore le ciel et, c'est tant mieux pour l'image de marque du privé burkinabè.

Autre "gourou" du privé local, tout aussi discret qu'efficace, Lassiné Diawara, administrateur de moult sociétés et agrobusinessman productif et généreux. La récente initiative du ministère de l'Agriculture de nous présenter ces producteurs des temps modernes, a permis de découvrir cette facette de l'homme qui est en train de résoudre les problèmes existentiels d'un village entier.

Côté féminin aussi, le privé a des têtes de proue telle "maman" Alizèta Ouédraogo, PDG de Tan Aliz et d'autres sociétés, dont la réussite devrait inspirer toutes les femmes et les convaincre que la féminité n'est pas une malédiction sous les tropiques, pour peu que l'on ait confiance en ses capacités. Avec elle, Henriette Kaboré, une autre battante, sorte de "self made woman" au caractère bien trempé et au sens aiguisé des affaires, est un autre exemple.

Cette "galerie" de capitaines, d'industrie serait cependant inachevée, si on n'y ajoutait pas El Hadj Oumarou Kanazoé alias "OK". Voilà un homme dont tout le monde parle certes, mais dont on ne mesure peut-être pas toute la grandeur et la capacité de don de soi qui en ont fait un personnage quasi-incontournable. Milieu économique, religieux, coutumier voire politique, "Ladji" est partout à la fois, dénouant les noeuds les plus gordiens et apportant conseils, réconfort et assistance à ceux qui en ont le plus besoin.

Lorsque nous l'avons vu récemment sur le tarmac de l'aéroport international de Ouagadougou attendant les premiers pèlerins en provenance de La Mecque, dans la nuit glaciale de décembre, nous avons compris que cet homme ne s'appartenait plus, mais était la "chose" de tous les Burkinabè. D'autres hommes tout aussi méritants existent et auraient mérité un arrêt sur image, mais, il en faudrait plus qu'un journal pour les énumérer. Disons simplement qu'avec eux, le rêve est permis, et que les Burkinabè, pour peu qu'ils le veuillent, peuvent aussi.
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Sidwaya