Mouvement sunnite du Burkina : la réconciliation est en marche…

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Titre
Mouvement sunnite du Burkina : la réconciliation est en marche…
Editeur
Sidwaya
Date
16 janvier 1996
Résumé
Il faut oser y croire et le souhaiter vivement afin que la paix des coeurs et des esprits revienne enfin au sein de la grande famille sunnite du Burkina ; que l'intolérance soit bannie à jamais dans la marche vers Allah.
Couverture spatiale
Ouagadougou
Droits
In Copyright - Educational Use Permitted
Langue
Français
Contributeur
Frédérick Madore
contenu
Il faut oser y croire et le souhaiter vivement afin que la paix des coeurs et des esprits revienne enfin au sein de la grande famille sunnite du Burkina ; que l'intolérance soit bannie à jamais dans la marche vers Allah.

La parenthèse de la toute dernière alerte de regain de tension étant en principe vite fermée, il convient maintenant de considérer l'ensemble et l'importance des récents développements positifs intervenus dans le processus de normalisation du climat des rapports humains au sein du Mouvement sunnite.

Après la réconciliation officielle devant les autorités compétentes les pères ennemis se sont retrouvés en une prière commune le vendredi 12 janvier dernier pour enterrer définitivement la hache de guerre devant Dieu et devant les hommes. Cette grande prière du vendredi s'est déroulée à la grande mosquée sunnite à Zangouétin au secteur 5 de Ouagadougou sous le regard intéressé de nombreux journalistes et de caméra.

Cette grande prière de réconciliation consacrait également la réouverture officielle, après huit (8) mois de fermeture sur ordre des autorités, de la mosquée sunnite. A la première rangée de fidèles, des présences très remarquées: le ministre de l'Administration territoriale, Boly Yéro, El Hadj Oumarou Kanazoé, le Cheick Ahmed, représentant les travailleurs islamiques des pays arabes au Burkina ; à leurs côtés, les sieurs El Hadj Issaka Siemdé et Sayouba Ouédraogo, respectivement ancien président national du Mouvement et ancien Imam ; ces deux antagonistes n'avaient plus prié ensemble depuis belle lurette ! L'inimitié entre eux était devenue sans bornes.

La restauration de l'unité du Mouvement sunnite préoccupe aussi les autres confréries religieuses tel la Tidjania dont le secrétaire général a également pris part à la prière du vendredi à la mosquée sunnite.

Prière mémorable, celle du vendredi 12 janvier dernier a été officiée par un nouvel Imam El Hadj Ahmed Maïga, membre d'un groupe de huit (8), nouveaux imams, choisis pour diriger désormais et à tour de rôle les prières des fidèles sunnites.

Oumarou Kanazoé médiateur déterminé

Le processus de règlement de la crise au sein du Mouvement sunnite est de toute évidence le fruit de nombreux efforts de médiation et de réconciliation initiés par des personnalités diverses. Au rang de celles-ci l'opérateur économique de renom, et président de la Chambre de commerce, El Hadj Oumarou Kanazoé. Depuis de longs mois, Oumarou Kanazoé a offert ses bons offices dans cette crise, convaincu qu'il est que “la paix sociale au Burkina nous intéresse tous”.

Outre, l'événement de la prière commune de vendredi dernier à laquelle il avait pris part, Oumarou Kanazoé n'a cessé d'initier à son domicile, une série de rencontres et de concertations avec les protagonistes qu'il ménage avec sagesse et intelligence... et peut-être avec l'argent ! “Ma force, c'est la vérité, la patience et la persuasion” nous dit le richissime médiateur à la question de savoir quel était son secret.

Toujours est-il qu'un calendrier de rencontres périodiques a été établi par El Hadj Kanazoé à l'intention des protagonistes ; par ' ailleurs, une Commission technique de travail et de consultation a été mise sur pied qui exclut tous les tenors... de la crise.

“Grâce à Dieu, tout est possible, tout peut marcher ; nous y croyons", confie monsieur Kanazoé qui reconnaît la nécessité d'user du temps et de la patience dans toute tentative de règlement d'un problème aussi sensible que celui du Mouvement sunnite.

Sensible et délicat, le conflit inter-Sunnites l'est vraiment ; pour preuve, toute la difficulté que le MAT a éprouvée pour gérer la question. Le premier problème auquel nous avons eu à faire face est la difficulté que nous avions à nous immiscer dans la gestion interne d'une association, de surcroît une association à caractère religieux. Toutes les associations étant régies par la même loi il serait mal venu pour l'Etat laïc du Burkina d'interférer dans la vie des mouvements religieux. La seconde difficulté pour nous a été d'effectuer un arbitrage de façon à amener les parties à parler le même langage”.

Ce propos est du ministre Boly Yéro de l'Administration territoriale; là-dessus, le premier responsable du MAT a tenu à redire tous ses remerciements à l'endroit de toutes les bonnes volontés pour leurs positives contributions à la normalisation de la situation au sein des Sunnites du Burkina.

Pourvu que ça dure...!

Rasmané OUEDRAOGO
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